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Furie Grazyna Plebanek

ALIA, savait-elle qu’un jour, elle serait policière? Savait-elle que c’était un milieu machiste et viscéralement raciste? Pouvait-elle seulement imaginer que dans un pays des droits de l’homme comme la Belgique, des êtres humains rêvaient d’exterminer les migrants? Sans doute pas La publication dans la police.

 

Furie est le livre d’une femme. Pas parce qu’il écarte tous les hommes de son univers ou parce que les hommes n’ont pas de rôle de guerrier, mais parce que la protagoniste est une femme qui sait ce qu’elle veut et qui de se battre contre l'injustice blanche et mâle.

 

Alia était une femme, et noire avec ça, mais au moins du même bord — du bord de ceux qui sont moqués

 

L’univers familial

 

Eddy le père. Chauffeur. Conteur, griot. Amoureux de la palabre. Il traîne en Belgique sans vraiment réaliser sa vocation. Il fait avec, mais par un mystère incompréhensible, il oublie de rentrer de ses vacances. Il laisse sa famille toute seule en Belgique, alors qu’il vit désormais en RDC. C’est la famille d’Alia surnommée par son père Mohamed Ali, son idole. Alia devient policière et se rend compte qu’elle va devoir lutter contre beaucoup de réalités…

 

Vivre dans la séparation, dans les marges, sentir que tu ne corresponds à rien, qu’ils n’ont pas besoin de toi… personne ne veut ça.

 

Furie est dominé par des stéréotypes, mais aussi des luttes, de l’affirmation de soi. Peut-être aussi cela tient-il à une certaine agitation interne, du souvenir de l’esclavage ou de la colonisation belge dans son pays d’origine, la mémoire. Enfin parce que découle de ces lignes un absolu désir de libération qui est sans doute, si ce n’est naturellement au moins historiquement, davantage le propre de la femme noire dans un milieu masochiste et raciste.

 

Surnommée Mohamed Ali par son père, Alia veut se battre sur tous les fronts. Boxeuse, elle frappe et cogne sur tout ce qui respire marginalisation.  Frapper pour maîtriser sa colère.

 

Le roman est écrit dans une langue juste, sans dissimulations, rebelle, précise. Elle parle à la fois d’Alia et de la vie des migrants. Le roman est puissant, superbement attachant, même si le thème est ordinaire. C’est ce qui fait la différence.

 

Nathasha Pemba

Grazyna Plebanek, Furie, Paris, Emmanuelle Collas, 2019.

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