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Larves de vie- Christine Gosselin

Qu’est devenue notre santé mentale ?

Lorsqu’on y pense, si nous nous plaçons de notre propre point de vue et de celui de la société aujourd’hui, on ne dira pas grand-chose, parce que la question mentale pose plus de questions aujourd’hui qu’hier. Sommes-nous bien portants ?

 

La santé mentale est un sujet essentiel, mais délicat. Mais c’est la thématique qu’a choisie Christine Gosselin pour son premier roman.

 

Submergée dans deux pieds d’eau, j’oublie de respirer. Les fourmis s’affolent. Les larves visqueuses se noient.

Je serai la seule naufragée

 

On pourrait aborder ce roman sous plusieurs angles : développement personnel, santé mentale ou récit biographique. La narratrice, partant d’une observation minutieuse de la vie et certainement d’une expérience personnelle, compare la santé mentale à des insectes dont il faut parfois tolérer la cohabitation. Fourmis, vers de terre, punaises et mantes religieuses sont les images qu’elle utilise pour illustrer son roman. Ces quatre types d’insectes forment les quatre parties du roman et représentent chacun un problème : l’anxiété, les troubles alimentaires, être mal dans sa peau (et de la mutilation) et l’infertilité.

 

Empreinte d’une colère douce mêlée à une humanité sensible, la narratrice essaie de traduire une vérité dans sa narration.

 

Je vais mourir. Ils vont m’enfermer : je porte une mante religieuse dans mon utérus et deviendrai un monstre épié par des idiots à l’Insectarium. La chaleur des flashs des kodaks de la foule cuira ma serre et incitera la mante à enfanter de plus en plus de larves. De plus en plus de larmes

 

Dans cette thématique de la santé mentale, Christine Gosselin développe aussi le thème de la stérilité involontaire. Elle rejoint de ce fait l’histoire de plusieurs femmes qui enterrent parfois leurs espoirs de devenir mère à cause d’une maladie très présente.

 

Je vais mourir. La mante a aspiré les infections de tous ces inconnus que j’ai baisés pour créer un syndrome incurable. Une maladie orchestrée par la mante qui me causera des symptômes insupportables qui m’habitent pourtant déjà : la fatigue, les nausées, la peau sur les os.

 

L’univers de la narratrice est rempli de ces débordements psychologiques qui vont de l’enfance jusqu’à l’âge adulte. C’est du moins l'impression que j’ai eue, et si ce récit est autobiographique, il ne manque toutefois ni d’originalité, ni de sensibilité et pose de vraies questions que la société élude souvent. Il y a de la part de la narratrice un effort constant et soutenu à vouloir faire comprendre que les personnes en difficulté avec leurs santés mentales méritent d’être considérées, et c’est le premier devoir des proches. Être à l’écoute, aider et non pas avoir pitié.

 

Nathasha Pemba

 

Réf.

Christine Gosselin, Larves de vie, Montréal, Hamac, 2021.

 

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