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En quête de survie- Mélissa Balthazar

Surprise par la fin

Imaginez une femme qui se retrouve dans un pays étranger avec son bébé et son époux pour une célébration. Imaginez que des individus mal intentionnés décident d’enlever son mari à leur arrivée. Étrangère, seule dans ce pays avec un bébé, Anabella l’héroïne du roman entre bien dans la peau de l’épouse, de la mère, de la lutteuse qui peut tuer tout ce qui touche à la vie de son enfant. Une histoire où l'on rencontre la colère, la compassion et la cruauté, mais surtout la réalité.

 

Il faudrait être Mélissa Balthazar pour construire une telle intrigue. Penser les détails, prendre en compte les détails psychologiques de chaque personnage, créer les suspenses. Pour moi c’est une œuvre de génie, notamment quand je suis arrivée à la fin. Ce qui a fait que je considère ce roman non pas comme un roman policier, mais comme un thriller psychologique d’une rare hauteur.

 

Un soir, alors qu’ils étaient chez eux, Éric annonce à son épouse Mélissa qu’ils doivent se rendre en Afrique du Sud pour une mission où il recevra un prix pour ses travaux universitaires. Elijah, leur bébé a sept mois. Tout chamboule dès le moment où l’avion se pose à Johannesburg. Anabella va devoir puiser dans ses ressources personnelles pour pouvoir s’en sortir et sauver son bébé que les personnes de mauvaise foi, probablement complices de son mari, veulent tuer. La lutte dans un pays étranger sera ce pour quoi elle va désormais se consacrer. Reconstituer tout le parcours depuis leur arrivée, découvrir si Éric est dans le coup depuis le départ, démasquer Monsieur Chapman qui semble être à la base de toute cette histoire.

 

Avant de retourner chez elle au Canada, Anabella veut en finir avec cette bande de criminels. Monsieur Salvetti qu’elle rencontre l’aide à travers les vidéos de surveillance à retracer le parcours. Cette démarche seule lui permettra de comprendre ce qu’il en est et de renouer avec son pays d’origine, son lieu de vie, le Canada. Ainsi, l’amène-t-il peu à peu à prendre conscience que ce qui compte c’est d’abord elle et qu’il faut qu’elle en prenne conscience pour pouvoir se remettre. La première des choses, c’est de rentrer dans son pays sans se préoccuper d’Éric.

 

Dans cette intrigue assez particulière et saisissante, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’elle (intrigue) était un peu comme une métaphore de la psychologie de l’inconscient psychique, dans les décombres où s’entassent des souvenirs, des projections, le déni et même le refus de voir la réalité en face. Salvetti affronte Anabella en l’invitant à partir, à changer de nom, à accepter sa nouvelle vie. Il faut croire qu’Éric n’est pas celui qu’elle croit être. Il mène une autre vie et ne se remettra certainement pas avec elle.

 

En parlant de métaphore, je voudrais inviter les lecteurs à entrer dans cet esprit pour comprendre de quoi il est réellement question dans ce roman. Ne pouvant dévoiler la fin qui me paraît essentielle voire déterminante, je laisse à chaque personne le soin de le découvrir et d’en faire sa propre idée.

 

La suite du roman nous enseigne qu’il faut parfois dans la vie, réellement tourner la page, recréer sa vie même si le souvenir d’une séparation peut être parfois douloureux. Penser que la vie est toujours possible. C’est peut-être finalement le rôle de Salvetti que j’ai trouvé très chaleureux et humain depuis le début. Le plus souvent, penser d’abord à soi peut se révéler salutaire et nous aider à mieux aider autrui. Forcer une relation, c’est s’appauvrir psychologiquement.

 

Personnellement, j’ai beaucoup aimé ce roman et je suggère à Mélissa d’en faire une mini-série. Le décor est déjà installé. Je lui souhaite une bonne chance pour la suite.

 

NATHASHA PEMBA

 

Références :

Mélissa Balthazar, En quête de survie, Caraquet, Les éditions de la francophonie, 2021.

 

 

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