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Nathasha Pemba- Le Sanctuaire de la Culture

Articles avec #visions du monde

Rita Amabili : Monde

27 Juin 2020, 06:29am

Publié par Nathasha Pemba

Monde a un regard magnifique

Lorsqu’il le porte vers le haut

Il y voit sans cesse une parcelle d’éternité

 

Il peut être né un matin, qu’importe qu’on ne le sache pas.

Il porte une liberté bien à lui, si lourde qu’il ne la sent guerre et la cherche,

Cherche.

 

Monde a le cœur immense. Parfois il en est inconscient,

Parfois ses vieilles peurs lui reviennent

Le font haïr, envier, s’agresser lui-même et les autres

 

Ses yeux bleus étudient tout et ses bras enlacent

Une vie qu’il ne comprend pas mais qui toujours le cherche,

Cherche.

 

Alors les remords le tiennent, la douleur le tord

Et lui donne un aspect horrible, une action terrible

Un intérieur de combats, de guerre

 

Monde, Monde, tu es fait pour aimer ne l’oublie pas

Garde ton cœur ouvert et ton souffle long, irréel qui cherche

Cherche.

 

La laideur l’oppresse et finit par l’étouffer

Si fort. Si entièrement. Si terriblement.

Puis, son angoisse le déserte ensuite lentement

 

De blonds qu’ils étaient, ses cheveux foncent
Deviennent flamboyants, embroussaillés alors que Monde cherche,
Cherche…

Son identité. Ses yeux sont maintenant obscurs
Il a toutes les génitalités, il est parfaitement universel
Sa complexion gradue de marron-foncé au mat clair

 

Naturellement. Sa beauté naturelle va au-delà
De sa nature physique. Il est Monde mais inlassablement se cherche,

Cherche…

Il ne sait pas que sa valeur est autre.
Que son âme n’a d’avenir que dans le don
Sa puissance est si grande dans l’amour

Sa profondeur n’a de sens que dans l’amour
Dans le miroir de vie où il voit l’autre et le reconnait et puis le cherche
Cherche.

Pourquoi se combat-il, ne se reconnait-il pas
Dans la psyché que lui renvoie sans cesse son évolution?
Pourquoi ne s’aime-t-il pas Monde,

Monde? Tu es pourtant l’ensemble de l’humanité.
Tu es le tout, créé avec ferveur par l’Autre que tu as évacué de ta vie et que tu cherches
Cherche.

 

Rita Amabili

 

 

Qui est Rita Amabili ?

 

Rita Amabili détient une maitrise en théologie avec une pratique en vulgarisation et en féminisme; une expérience de plus de quinze années comme infirmière, accompagnante en fin de vie; son travail d’écrivaine l’a amenée à travailler les droits des enfants, la situation des enfants dans les conflits armés ou vivant  l’oppression; et également sur l’immigration.

 

Rita Amabili, auteure & théologienne
ritaamabili.com
rita.amabili@sympatico.ca

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Lis ça, Claude-Emmanuelle Yance

6 Juin 2020, 09:40am

Publié par Nathasha Pemba

CLAUDE-EMMANUELLE YANCE - L'Ère des enfants tristes - Romans ...heart"La prochaine, ce sera avec un livre. Je ne pourrai pas m'en empêcher, je crois aux livres. "Lis ça", je lui dirai. Elle répondra que l'école lui a pourri la vie. Qu'elle a toujours haï ça. Je lui dirai que les livres, c'est pas l'école. C'est une voix. Que quelqu'un parlera dans ce livre. Elle me regardera d'un oeil incrédule, soupçonneux. Je n'arrêterai pas de tendre le livre jusqu'à ce qu'elle se décide à le prendre. Après, je pourrai parvenir, en me sentant un peu mieux, parce que je l'aurai laissée avec quelqu'un de fiable. Elle ne le saura pas encore, mais une brèche viendra de s'ouvrir dans sa prison.

Il faut que je choisisse le livre avec soin.

Le Journal d'Anne Franck, peut-être ? Un livre qui lui fasse juste assez de mal et juste assez de bien. C'est difficile, il n' y a pas de recette. Il faut le bon livre pour la bonne fille, une espèce de mariage. Sinon, ça peut foutre en l'air son goût de lire pour des années. Je le sais, j'ai raté mon coup avec bien de filles. Je le saurai dès les premières lignes, dès la première page. Elle pourrait se reconnaître dans cette Anne privée de liberté et si vivante en même temps... Mais ça fait propre, trop propre peut-être.

 

Il faudrait quelque chose de plus violent, qui l'attaque dès le début. Mais doit-elle être prise en douceur, presque sournoisement, ou de front ? Elle est si petite dans sa tête. Commencer par un livre qui n'ait rien à voir avec elle ? Du moins en apparence, à l'autre bout complètement de son existence. Juste pour voir comment elle réagira. Oui, mais c'est quoi son existence ? Elle vient d'où ?

(...)

Les livres. Lequel, pour elle ? Tout à fait pour elle.

Margaret Atwood. La servante écarlate ? Peut-être. Non, trop froid. Ou bien Le comte de Monte-Cristo ? Il faudra bien que je me lance, au moins pour tâter le terrain. Ou alors, Les misérables... Oui, mais dans les classiques abrégés. Un enfant de douze ans peut lire ça. Ça pourrait fouetter son sentiment d'injustice. Elles ont toute tendance à crier l'injustice. C'est un bon début. Il faut que ça sorte!

(...)

Oui, un livre. Le bon.

Vendredi ou les limbes du pacifique ? Pourquoi pas. La prison apparente, la liberté apparente. S'en sortir. En créant un nouveau monde. Une si belle écriture. Le salut par l'écriture.

(...)

Un livre peut faire ça, un seul, nous jeter en bas de tout. Puis nous réparer. Comme on répare une vieille dentelle avec lenteur et délicatesse.

Aujourd'hui, on discute de L'héritage des cathares. Qui veut prendre la parole ? "Moi. J'avais jamais lu un livre au complet avant, crie presque une Emma essoufflées par son enthousiasme. Ces quatre cents pages-là, je les ai dévorées. Je lisais même aux toilettes, les autres frappaient à coups de poing dans la porte pour que je sorte. " Tout le monde rit. Et la discussion s'engage. On fonce, on oublie qu'on est en dedans. Les clôtures tombent, le monde s'ouvre."heart

 

Extrait de la nouvelle " L'amour des livres" in "L'ère des enfants tristes" de Claude-Emmanuelle Yance, publié chez Lévesque éditeur (2019).

Claude-Emmanuelle Yance — Questionnaire - La Recrue - Medium

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Confinement : Cinquantième jour par Anthony Mouyoungui

10 Mai 2020, 06:28am

Publié par Anthony Mouyoungui

En ce 50e jour du confinement, tous les regards, pleins d’espoir et d’incertitude, sont tournés vers le 11 mai, date du début du déconfinement. Espoir du retour à la vie normale qui ne sera pas aussi normale, car plusieurs personnes ont été emportées; incertitude quant à la manière où tout cela se déroulera sachant que le virus est encore là.  Le retour à un semblant de vie sociale sera accompagné de nouvelles habitudes. Les écoles et certains commerces vont rouvrir. Les travailleurs vont retrouver le chemin des bureaux. Certains parents n’envisagent même pas laisser leurs enfants repartir à l’école. Ce qui en dit long sur la peur et la psychose que ce virus a mis en nous. Après des semaines de confinement, le retour à la normale ne suscite pas d’enthousiasme. Personne ne veut se lancer dans les rues, malgré les protections, par peur d’être contaminé. Je n’ai rien de particulier à faire à l’extérieur le 11 mai, je vais observer tout cela de ma fenêtre. L’envie de revoir Paris ou de monter à nouveau dans un train peut attendre encore quelques jours. Ce n’est pas de la peur, mais uniquement de la prudence. Ne serait-il pas stupide d’attraper le virus à la sortie alors qu’on a résisté pendant des semaines? J’attendrai alors les bonnes nouvelles de l’extérieur. Je suis dans l’incertitude également.

 

En période difficile, l’incertitude, le doute et la peur révèlent notre propre fragilité. Oui, l’être humain est fragile quand il se retrouve face à une situation qui le dépasse. Depuis le début de la pandémie, beaucoup de théories de toutes sortes ont été élaborées et diffusées, mais une chose est sûre, aucun traitement jusqu’à ce jour n’a été trouvé. Quant au vaccin, il faudra attendre encore plus longtemps. En un claquement de doigts, des êtres humains, même très forts, s’effondrent comme des châteaux de cartes une fois atteints.

 

Alors que plusieurs pays européens procèdent au déconfinement, j’essaie de suivre à travers les médias l’effectivité de ce déconfinement afin de m’enquérir de leur expérience, et de me convaincre que ce sera possible de reprendre un semblant de normalité. Mais, au fond de moi, je suis certain que ce ne sera plus pareil. Un nouveau mode de vie nous attend avec des distanciations physiques, le port du masque, plus d’accolades amicales. La joie de retrouver la liberté, sinon un semblant, se mêlant à l’incertitude de cet avenir, avec la peur de la deuxième vague annoncée. Tous les secteurs d’activités ne reprendront visiblement pas le 11 mai, les terrasses, les théâtres, le cinéma et autres loisirs attendront leur déconfinement semble-t-il. À ce moment-là, nous ressentirons le manque des personnes proches emportées par le Covid-19, et ce n’est qu’à partir de cette période que débutera le deuil, la suite me paraît confuse.

 

Ces dix derniers jours, je suis sorti un plus souvent et j’ai pu observer que la distanciation physique est très difficile à appliquer dans les supermarchés, j’imagine, donc dans les trains et bus surtout aux heures de pointe. Tout le monde veut rentrer et qui voudra rester sur le quai? Personne. Si, je n’ai pas attendu devant le supermarché, ce n’est pas le cas pour d’autres. Des amis n’ont rapporté avoir attendu plus d’une heure devant un supermarché. C’est peut-être un avant-goût du monde après Covid-19.

 

Quand j’étais étudiant à Brazzaville dans les années 90, avec mon ami Hugues nous avions l’habitude de dire, lorsque la situation était difficile, que «ce n’est qu’un mauvais moment à passer». C’était notre façon de nous remonter le moral et de garder espoir. Ceux qui ont connu la vie d’étudiant à Brazzaville à cette époque savent que ces moments difficiles ont été plus que nombreux. Dans mon incertitude, je me remémore cette phrase. Hugues est certes loin, mais il vit également la même situation. Je serai alors tenté de dire, non pas à Hugues, mais à toute la planète que ce n’est qu’un mauvais moment à passer. La preuve c’est que nous allons bientôt en sortir. Seulement, la configuration est différente. Les difficultés de la vie d’étudiant n’ont rien à voir avec cette difficulté qui touche la terre entière. Une chose en revanche n’a pas changé au moment où j’écris ces mots, c’est la même force qui me porte vers l’avenir. Cette force qui permet de garder toujours espoir et de se dire que le lendemain sera toujours meilleur. Cet optimisme m’a aidé à traverser les situations difficiles sans perdre mon humanité, ma foi en l’autre. Cette force est toujours en moi malgré l’incertitude du futur.

 

Anthony Mouyoungui

 

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C'est la quarantaine- Anthony Mouyoungui

26 Avril 2020, 10:34am

Publié par Anthony Mouyoungui

C’est la quarantaine.

Nous avons atteint cette barre symbolique. La quarantaine, terme à la mode depuis l’apparition du virus.

40 qui ramène à la somme de l’addition 20 +20 de cette année. 

Cela fait 40 jours que nous sommes en confinement, repliés sur nous-mêmes.

40 jours que je n’ai pas pris le train, ni le métro ni aller chez le coiffeur, j’ai laissé mon épouse me tondre les cheveux et je me suis occupé de la barbe. Ce n’était plus possible de les garder.

40 jours que je fais tout de chez moi, allant de la chambre à la salle de bain en passant par le salon, la cuisine et les toilettes.

Le quarantième jour tombe un samedi. Il fait beau et le thermomètre affiche 20°. Temps idéal pour aller dehors. Mais, j’ouvre juste ma fenêtre pour profiter du soleil. Quelques oiseaux chantent, des véhicules et des personnes, plus nombreux que d’habitude, circulent. Certaines personnes portent des masques et des gants, d’autres rien du tout.

40 jours que je n’ai pas mis un pantalon ni des chaussures. Je passe mes journées en short et t-shirt et des tongs (la gomme comme on dit chez moi). Quand, je sors je mets un jogging. Sur ce point, je ne suis pas le seul. Les amis avec qui je discute sur les réseaux sociaux sont également dans le même cas. Un m’a d’ailleurs dit qu’il a un jogging pour la maison et un autre pour aller chez le buraliste. Je me rends compte que l’habillement est lié juste à la vie sociale. Puisque nous ne sortons plus, il devient aléatoire. Je me demande comment font les femmes habituées à être bien habillées et bien maquillées. Mais, en observant mon épouse, j’ai eu une partie de la réponse. C’est service minimum [rires] sauf quand elle va travailler (deux fois par semaine depuis le début du confinement).

 

40 jours que je vois circuler sur le Net des informations en tout genre. Certaines plus fausses que vraies. Il ne se passe jamais un jour sans que je reçoive un audio et une vidéo parlant soit des vraies origines du virus soit du traitement. La tendance est plutôt pour le complot. Un complot ourdi par je ne sais qui et visant à réduire la population du monde. Toutes ces informations au lieu de rassurer ne font qu’alimenter la peur et la psychose. J’avais pris la résolution de ne plus faire attention.

Pendant ces 40 jours de confinement, les fake news, la peur et la psychose ne sont pas les seuls dangers auxquels nous sommes confrontés. Il y a un danger, plus sournois, qui nous guette : l’ennui. La monotonie et le désœuvrement peuvent avoir des conséquences graves. Les jours se suivent et se ressemblent. Ils paraissent plus longs que d’habitude; on n’arrive même plus à faire la différence entre un jour ordinaire et le week-end. Le calendrier ne me sert que pour compter les jours du confinement. J’ai aussi le regard tourné vers le 11 mai. Pas uniquement pour célébrer le roi du reggae.

 

J’essaie de me montrer très créatif, mais j’avoue qu’il y a des jours où je n’ai envie de rien faire. Rester là à regarder sans vraiment voir les heures s’écouler lentement. Le réveil est souvent autour de midi et le coucher à 2 h ou 3 h du matin du lendemain. Entre temps, je m’occupe comme je peux (je me suis même remis au sport [rires]). Animer des émissions sur Ziana TV me permet d’agrémenter mon confinement. Rendre hommage à Tchicaya U Tam’Si, le jour des 32 ans de sa disparition, a été sans nul doute le meilleur moment de ces dix derniers jours. Je ne suis jamais aussi heureux que quand je fais ce qui me passionne. M’occuper, peu importe ce que je fais, est mon arme contre l’ennui. Je n’ai pas envie de déprimer et de finir dans l’unité psychiatrique d’un hôpital. J’ai vu un reportage sur le sujet dans le dernier numéro de «Complément d’enquête» sur France 2 et cela m’a laissé un goût amer. Mais, à la différence de certaines personnes interviewées dans le reportage, je ne suis pas seul et angoissé. J’ai une famille et je profite au maximum d’elle. Je passe du temps avec elle, je regarde même les programmes télé que je ne supportais pas habituellement. Juste pour être avec mes proches. Je passe aussi beaucoup de minutes en communication vidéo avec les membres de la famille qui sont loin.

 

Mais, au bout de 40 jours, je sens une certaine lassitude et je remarque autour de moi que je ne suis pas le seul. Les gens sont fatigués et moins vigilants. De ma fenêtre, je vois le nombre des gens qui passent dans la rue augmenter. J’ai l’impression que certains Franciliens ont anticipé leur déconfinement. Beaucoup de parents avec des enfants profitent du beau temps qu’il fait sur l’Île-de-France. Je regarde tout cela avec circonspection, je ne pense pas que cela soit une bonne idée. Cette insouciance face au virus m’étonne. Certains voient cette maladie de loin, pas encore confrontés personnellement comme d’autres. Il y a deux jours, une de mes voisines est décédée après plusieurs jours dans le coma. Emportée par le virus.

 

En ce quarantième jour, qui n’est pas la fin de la quarantaine, je regarde le calendrier et je compte les jours qui nous séparent du 11 mai. Plus les jours passent, plus le déconfinement à cette date se précise à cette date. J’étais pourtant sceptique à l’annonce. L’espoir d’un possible déconfinement est accompagné d’inquiétudes liées à celui-ci. Quelles sont les modalités pratiques? Faut-il sortir le même jour ou attendre? Ce sont autant des questions que je me pose.

 

Si l’avenir immédiat est certain avec son lot de questions sans réponses, le passé paraît, en revanche, très loin. Qu’ils sont loin les bruits d’avions, les cris des enfants dans les écoles voisines, les trains bandés, les longues heures d’attente sur les quais, l’obscurité d’une salle de cinéma ou de tout autre spectacle, les causeries sur les terrasses, les journées de travail à Aulnay-Sous-Bois avec l’équipe de Ziana TV. Tout cela me semble très loin. Pourtant, il ne s’est écoulé que 40 jours. Un mois et dix jours. Il faut remonter en début d’année pour se rappeler des instants de pur bonheur et d’insouciance. L’année de tous les espoirs qui correspondait à la note parfaite 20/20, qui nous présageait de bonnes choses et la réalisation de beaucoup de projets. Mais, c’était avant que le Covid-19 ne rentre en scène et renvoie tout le monde chez lui.

 

Le compte à rebours est lancé, plus que seize jours à tenir. Restons vigilants, cet ennemi invisible qui a emporté des milliers d’êtres humains est encore là. Et sera sûrement encore là après le déconfinement.

 

Anthony Mouyoungui

 

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Trentième jour du confinement

20 Avril 2020, 05:22am

Publié par Anthony Mouyoungui

Et ce n’est pas encore fini. Ce 15 avril aurait pu être le jour de la fin du confinement, mais, deux jours avant, le président en a décidé autrement. Le confinement est prolongé jusqu’au 11 mai. Encore 26 jours à tenir et, là aussi, rien ne garantit qu’il ne sera pas à nouveau prolongé. Attendons voir!

 

Cela fait exactement trente jours que je ne suis pas sorti de ma ville. Je regarde par la fenêtre heureusement que ma profession ne m’exige pas d’être enfermée dans un bureau, il me faut juste un ordinateur et une connexion internet, je peux donc travailler, mais le contact humain me manque. J’aime rencontrer et discuter avec de nouvelles personnes.

 

Je regarde par la fenêtre, je vois le beau soleil et j’entends les chants des oiseaux. Une nouvelle journée printanière qui augure sans doute des lendemains plus joyeux. Mais hélas! Ces derniers jours n’ont pas été du tout joyeux. Le jour de Pâques, mon beau-père a tiré sa révérence, emporté par le Covid-19. Son organisme affaibli par des années de maladie n’a pas résisté à l’attaque foudroyante du virus. Le sort a voulu qu’il parte le jour où l’on commémore la résurrection du Christ. Quelques jours plus tôt, une personne que je côtoyais dans le cadre de mon travail a été emportée par le mal du moment. Ces dix derniers jours, mon confinement joyeux est devenu très triste. La disparition des personnes proches pousse souvent à réfléchir sur le vrai sens de la vie, sur la futilité de certaines de nos actions. L’on prend conscience que tout est vraiment éphémère, que le plus grand bien de l’homme est son souffle de vie. Une fois que celui-ci s’arrête, tout le reste n’est plus important, puisqu’on n’est plus là pour le voir.

 

Que l’on soit un homme ou une femme de valeur, respecté(e) et adulé(e), tout cela n’a plus de sens. Il n’y a égalité que face à la mort.

 

Je réfléchis à tout cela depuis des jours. J’essaie de relativiser comme j’en ai l’habitude et me dis que tout est question de destin. Que l’humain ne peut rien face à des forces qui le dépassent, en l’occurrence le Covid-19. Évidemment, ce n’est pas facile. Peut-être dans les prochains mois après le confinement, mais pas maintenant. Je n’ai pas le recul nécessaire. Nous n’avons plus d’évidence, nous vivons au jour le jour, au gré des nouvelles toujours pas réjouissantes, mais essayons de maintenir un semblant d’équilibre. Dans le fond, nous nous posons des questions existentielles.

 

En parlant des questions, je me souviens d’une qui m’a été posée lors d’un échange sur les réseaux sociaux. Es-tu inquiet du devenir du monde?

 

Même si la situation qui prévaut actuellement incite plus au pessimiste qu’à l’optimiste; même si, chaque jour dans les médias, les infos augmentent notre peur et notre psychose, une chose est sûre : je ne suis pas inquiet sur le devenir du monde. L’histoire nous a montré que l’être humain avait non seulement la capacité incroyable de se mettre dans les situations impossibles, mais aussi et surtout celle de trouver les moyens de s’en sortir. C’est ainsi que l’humanité a évolué. Des conflits en tout genre succédant aux épidémies et aux famines. L’humanité a tout connu. Le Covid-19 est une nouvelle épreuve qu’elle traverse et c’est peut-être la troisième guerre mondiale que tout le monde prédisait depuis la fin de la deuxième.

 

Chaque fois que l’humanité fait face à une crise majeure, on se dit que c’est la fin. Ceux qui ont vécu la peste au Moyen-Âge et la grippe espagnole au XXe siècle ont dû avoir les mêmes pensées et les mêmes peurs. Ils ont pensé que l’humanité allait s’éteindre (ces pandémies ont plus des victimes que le Covid-19). Pourtant, nous sommes encore là. Je sais que cette pandémie sera vaincue, c’est juste une question de temps. En même temps, je comprends le désarroi de certaines personnes. Je ne suis pas inquiet, mais, suis curieux de voir à quoi ressemblera le monde post Covid-19. Quels changements observera-t-on? C’est la question que je me pose.

 

Une chose est sûre, le monde sera diffèrent de celui qui nous avons connu jusque-là. Le monde changera. Cette crise sanitaire est une sorte de révélateur pour l’humanité. Elle a ébranlé les fondements et les certitudes des grandes nations qui croyaient, avec arrogance, pouvoir faire face à tout. Des systèmes de santé admirés de tous ont vite été dépassés. Le monde post Covid-19 devra tenir compte de tout cela et l’humanité devra tirer les leçons de cette situation. La bonne attitude consisterait à se servir de cette pandémie pour entamer une nouvelle révolution dans l’histoire de l’humanité. Pendant longtemps, nous avons craint une troisième mondiale entre les super puissances, nous avons droit à une guerre d’un autre genre. La victoire ne sera pas celle d’un camp sur un autre, mais celle de toute l’humanité. Les pays dits sous-développés devraient également, absents dans le débat sur les recherches, qui font face au même mal doivent réfléchir sur les politiques futures. Le monde traverse une étape importante de son existence qui n’est pas sans rappeler celle d’après la Grande Guerre. La guerre avait permis aux peuples opprimés de se rendre compte que l’oppresseur pouvait aussi être vaincu. On connaît la suite de l’histoire. Seulement, au fond de moi, j’ai quelques doutes. Même s’il y aura des changements dans quelques secteurs (la santé notamment), pour le reste, nous allons retrouver le même monde avec les mêmes habitudes. Le danger pousse l’être humain à s’adapter et une fois celui-ci écarté sa vraie nature revient. Le danger n’étant plus qu’un vieux souvenir. Je sais que l’injustice, la corruption, la haine de l’autre ou autres maux seront toujours là.

Finalement, même pour moi qui suis casanier, l’attente du déconfinement commence à se faire ressentir, je me projette sur l’après-confinement, sans en avoir la conviction.

J’ai une pensée pour ceux et celles qui traversent cette maladie encore, qui luttent pour leur survie, et je me dis 30 jours ou 60 jours sont supportables pour nous sauver et sauver des vies. Je ne sais pas ce que deviendra ce monde, mais je suis certain qu’il ne sera plus pareil, car certains ont été emportés par le Covid-19, le deuil on le fera après, le manque on le ressentira après, car pour l’instant, nous sommes en zone trouble.

 

Anthony Mouyoungui

 

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Anthony Mouyoungui : Aimons-nous...

11 Avril 2020, 20:14pm

Publié par Anthony Mouyoungui

Et de vingt !!!

 

Vingt comme le nombre de jours passés en confinement. Vingt comme le chiffre doublé dans cette année que j’espérais exceptionnelle. Avec l’Euro de football, la Copa America et les Jeux olympiques de Tokyo, 2020 ne devait être qu’une bonne année pour un passionné de sport. Puis, le Covid-19 est arrivé. Ce n’est plus dans les stades que le combat se déroule, mais dans la vie de tous les jours. Les gestes les plus anodins sont devenus à risque. L’humanité fait face à un adversaire coriace. Un adversaire qui pousse au confinement un peu plus de 2 milliards d’humains.

 

Dix jours se sont écoulés depuis ma dernière publication. Que s’est-il passé ? Le monde est toujours au ralenti et le nombre des victimes ne fait qu’augmenter. Le désarroi aussi. Les infos et les vidéos de toutes sortes pullulent sur le net. J'en reçois des quantités et j'ai pris la résolution de ne plus faire attention. J'estime que ces documents ne font que renforcer le sentiment d'incertitude quant au futur. C’est le chacun pour soi entre les nations. Il ne se passe pas un jour sans qu’on apprenne qu’une cargaison de masques destinées à un pays détourné par un autre. Les alliances politiques et économiques sont mises à mal. Le Covid-19 est en train de redessiner la carte géopolitique du monde et il ne sera plus le même après cette pandémie. Le Congo aussi est en confinement avec un couvre-feu pour 20 jours alors que le président avait initialement annoncé 30 jours. Un oubli constitutionnel qui illustre la communication cacophonie de l’administration congolaise. Je pense au pays et je me fais du souci pour mes compatriotes parmi lesquels des personnes que j’aime. Non seulement le pays n’est pas armé pour faire face à cet adversaire (une majorité de citoyens dépendent du secteur informel, délestage d'électricité, coupures d'eau et hôpitaux sous-équipés), ils s’y prennent très mal. Aucune stratégie, tant dans la prise en charge que dans la communication et la sensibilisation. Je regarde tout ça de loin et mon cœur saigne.

 

Je m’habitue au confinent (je suis un peu casanier à vrai dire) et, outre, la lecture, la télé, les films, les séries ou internet, je me suis remis au puzzle. Et oui ! Un petit retour vers les plaisirs simples et ça fait du bien. À vrai dire, je n’ai pas encore fini de reconstituer la photo du voilier ‘’Sea Cloud’’. Ce n’est qu’une affaire de temps. Je suis confiant.

 

Vingt jours que je ne me suis pas rasé ni coiffé. Quand je me regarde dans le miroir, je découvre un visage mangé par la barbe et une touffe de cheveux. Ça me fait tout bizarre, j’ai l’air d’un maquisard (rires). Je m’en suis rendu compte en revoyant la vidéo de mon interview avec Philippe N. Ngala, l’auteur de ‘’La ronde des ombres’’. C’était la seconde interview réalisée via l’application zoom depuis que le confinement a commencé. La première était un hommage à Aurlus Mabélé et Manu Dibango, victimes du coronavirus, avec Ballou Canta, Mav Cacharel et Guy Fabrice Tshiela. Ce dimanche, vingtième jour du confinement, le temps nous a nargués. Il a fait très beau. Un temps très printanier qui, en temps normal, aurait poussé des gens à l’extérieur de leur domicile. Et malgré le confinement, nombreux ont pris le risque surtout à Paris. J’ai vu les images à la télé et j’avoue que, je suis choqué de voir autant d’insouciance et d’irresponsabilité. Courir le risque d’être contaminé juste pour pouvoir profiter du beau temps me dépasse. Je ne comprends rien ! C’est ça l’Occident, paraît-il !!! Je suis sorti faire quelques pas dans la rue. Comme je pouvais m’en douter, il n’y avait pas beaucoup de gens et mes pas m’ont conduit vers l’épicerie de mon quartier. Habituellement, la place est le théâtre des jeux d’enfants ; ils crient et courent partout. Mais, aujourd’hui, la place est déserte, à peine deux ou trois adultes. Une fois ma course effectuée, j’ai passé mon après-midi à discuter avec ma sœur, mes frères et mon oncle. Nous avons parlé de tout et de rien, du présent et du passé. Nous avons ri de ses anecdotes du passé, nous avons évoqué ceux qui ne sont plus là. Cet instant m’a fait penser aux moments passés ensemble quand nous habitions tous la même maison. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous sommes dispersés et la magie de la technologie nous permet de communiquer et de garder le lien. Ce fut un moment intense et je crois que l’un des avantages de cette situation est de nous rappeler ce que nous avons de vraiment essentiel, ce qui compte vraiment dans nos vies. L’absence de stress et de rendez-vous professionnel, nous oblige à regarder différemment notre entourage, les membres de notre famille.

 

Nous nous sentons incapables, incapables d’agir, car l’instinct de survie prime, sur notre humanisme. Finalement, on fait l’effort d’être serein malgré nos fragilités, car nos entourages familiaux et amicaux, ont aussi besoin de nous voir sereins, dans le fond, nous sommes inquiets du devenir du monde, et de l’après…. Éphémère est la vie, on le savait, mais on ne le voyait pas aussi prêt.

 

Aimons-nous…

 

Anthony Mouyoungui 

 

 

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Dix jours déjà ! Par Anthony Mouyoungui

28 Mars 2020, 14:42pm

Publié par Anthony Mouyoungui

Dix jours déjà!!!

Dix jours que je suis confiné dans mon appartement.

Dix jours que je regarde le monde à travers ma fenêtre et les écrans de mon téléphone, de ma tablette et de mon téléviseur.

 

En dix jours, j'ai vu et entendu toutes sortes de choses sur ce virus qui a mis l'arrêt le monde entier. Pourtant la terre, elle, continue à tourner. Les heures à passer et les jours aussi.

 

J'ai remarqué que la majorité de l'humanité a passé avec brio ses diplômes en infectiologie, en épidémiologie ou en virologie. Tout d'un coup, tout le monde est devenu spécialiste et donne son point de vue. Ces différents messages ne font qu'augmenter la peur et la psychose. J'ai décidé de ne plus trop y faire attention.

 

Bizarrement, le Coronavirus est venu avec les beau temps. Ce qui rend encore plus insupportable ce confinement. De ma fenêtre, je vois le soleil luire, le beau ciel bleu et les fleurs magnifiques de printemps. J'entends les chants des oiseaux qui ne doivent pas bien savoir ce qui se passe chez les humains. Quelques-uns circulent comme cette jeune femme qui tire son chariot. Elle doit aller faire ses courses. Je m'imagine marchant dans un parc ou dans les rues de Paris. Il y aurait eu foule et les belles parisiennes allaient rendre poètes tous les hommes.

 

Dix jours que je n'ai pas mis pieds dans la rue. Même pas pour aller vérifier mon courrier. A quoi ça sert tout ça. Je me rends compte que dans une telle situation, certaines choses qui faisaient notre quotidien ne sont que dérisoires. Je vérifiais ma boîte à lettres presque tous les jours, j'attendais des livres. Ce n'est plus le cas. Je n'attends rien. A part la fin du confinement.

 

En dix jours, je me suis réinventé: entre le temps passé en famille pour discuter de tout et de rien, j'ai lu "La Ronde des ombres" de Philippe N. Ngalla et je m'attaque à "Heurs et malheurs de deux africains à Paris" de Noël Kodia-Ramata. Les deux derniers livres reçus. J'espère réaliser des interviews par vidéo.

Je ne me suis pas contenté de lire, j'ai aussi regardé des séries (j'en raffole): "Hunters", "Self Made" "The English Game" ou "Luther" (un ami en a parlé en bien). Pour passer le temps, j'ai même revu des vieux matchs de football (l'épopée du Nigeria aux J.O d'Atlanta et celle des Bleus en Allemagne). C'est vous dire que tout est mis à profit pour ne pas tomber dans l'ennui et surtout céder à la panique. La cloche de l'église est là pour me rappeler que je ne suis pas seul, d’autres humains sont là. L’internet me permet d’interagir avec certains. Ce n'est pas encore l'univers post apocalyptique des films.

 

C’est dans ce contexte particulier que j’ai appris les disparitions de deux dignes fils d’Afrique, le congolais Aurlus Mabélé et le camerounais Manu Dibango, emportés en l’espace de quelques jours par cet impitoyable virus : le 19 mars pour le roi du soukouss à 67 ans et le 24 mars pour le roi du makossa à 86 ans. Deux pertes immenses pour la musique africaine. Du premier, je garde en mémoire ses danses endiablées et ses titres ‘’Femme ivoirienne’’. Je ne sais pas pourquoi mais il m’est revenu tout naturellement. Peut-être parce que je l’ai entendu des milliers de fois sur les antennes de Télé Congo pendant mon adolescence. Du second, je pense tout naturellement à ‘’Un soir au village’’ et ‘’Soul makossa’’ qui rappelle au congolais que je suis la victoire des Diables Rouges lors de la 8e édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football au Cameroun. Mais, Aurlus et Manu ne peuvent être résumés à ces titres tellement ils ont apporté à la musique africaine. Bon voyages les artistes et merci pour tout !!!

Le virus fait des ravages mais il n'a pas encore vaincu l'humanité entière. L'espoir est encore là. Voilà pourquoi la polémique autour du traitement du savant marseillais ne semblait vaine. L'humanité n'était plus à se quereller pour savoir qui la sauver mais comment la sauver. Le fait que le gouvernement français ait revu son attitude montre qu'il a encore son bon sens. Espérons simplement que ce traitement guérisse tous les malades.

 

C'est en tout cas ce que je me dis assis sur ce banc devant ma résidence. C'est la première fois en dix jours que je m'aventure dans la rue. Une rue si inhabituellement calme. En temps normal, un vendredi en fin d'après-midi, la rue est pleine de voitures des parents qui viennent chercher leurs enfants à la sortie des écoles. Dans mon secteur, il y en a deux. Imaginez l'embouteillage.

 

Aujourd'hui, rien de tout ça. La rue semble tout d'un coup immense à ce jeune homme qui fait son jogging et à cette dame qui promène son chien.

 

Derrière mon banc en brique, le parc est silencieux, orphelin des cris de joie des enfants. Je regarde mon téléphone et je me rends compte que ça plusieurs minutes que je suis assis là. Je dois bouger sinon je pourrais me faire contrôler par les gendarmes. Bien sûr que j’aie ma fiche bien remplie, bien sûr que je suis devant ma résidence. Mais, on a plus le droit de traîner dans la rue comme bon nous semble. J'ai la sensation d'être dans une grande prison à ciel ouvert dans lequel j'ai le droit de tout faire tout en respectant les consignes. Ce n'est pas Sona (seuls les initiés comprendront, rires) donc je ne me plains pas. C'est pour mon bien et pour tout le monde.

 

Depuis dix jours que je tiens le coup et j'espère être là également dans dix jours même si les nouvelles ne sont pas très bonnes. Aujourd'hui, à la télé, ils ont dit que "la situation va être difficile dans les prochains jours". Et le confinement est prolongé jusqu'au 15 avril prochain. Notre demande de mise en liberté a donc échouée (rires).

 

Anthony Mouyoungui

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Anthony Mouyoungui : La peur est l’autre virus auquel il faut faire attention.

20 Mars 2020, 04:04am

Publié par Nathasha Pemba

Depuis hier midi, comme des millions d’autres personnes en France, je suis confiné chez moi. Mes déplacements sont restreints. De ma fenêtre, je vois ma rue plus calme que d’habitude, quelques rares véhicules et passants circulent. Même les avions à Roissy se sont tus. Un étrange silence plane sur la ville et l’atmosphère ressemble à celle des récits post-apocalyptiques que j’affectionne.

En effet, depuis mon enfance, je suis fan du genre. Que ce soit au cinéma, à la télé ou en littérature. Tout a commencé lorsque je suis tombé sur Le Fléau de Stephen King. L’histoire des survivants à une pandémie de grippe qui a détruit la plus grande partie de la population des Etats-Unis qui tentent tant bien que mal de survivre dans un monde nouveau. Ce livre m'a bouleversé et a fait de moi un fan non seulement de l'auteur (qui m'avait déjà secoué avec Cujo) mais aussi des récits post apocalyptiques.

Par la suite, j'ai lu de nombreux livres et vu de nombreux films et séries du genre. Les derniers en date sont The Walking Dead et The Rain.

J’aime ces histoires de fin du monde dans lesquelles l’être humain doit se battre pour sa survie dans un monde qui n’a plus rien de ce qu’il a toujours connu. J'aime la manière dont les personnages réagissent face l'épreuve qui détruit leur monde habituel. Si les uns font tout pour garder leur humanité, les autres changent et laissent s'exprimer leur bestialité. C’est l'éternel affrontement entre le Bien et le Mal. Et souvent, le Bien l’emporte grâce aux…américains !!!! Ces récits se ressemblent tous dans leur schéma de construction : une catastrophe approche (ou des savant fous jouent au plus malins dans un laboratoire), un lanceur d’alerte qui n'est pas pris au sérieux, la catastrophe se produit, on compte des victimes, la panique et la psychose gagnent tout le monde. Et puis c’est le chaos général jusqu’à la disparition du monde connu. Une nouvelle ère débute.

Après avoir connu les conflits armés, les déplacements forcés, les camps de réfugiés et le choléra, je pensais avoir tout vu et je ne m’attendais pas à vivre un confinement pour cause de virus mortel. Je pensais qu’être en Occident me mettrait à l’abri de ce genre de situation. Apparemment non !!!

Depuis l’apparition du Coronavirus, en fin d’année dernière en Chine, le monde est en ébullition. Chaque jour apporte son lot d’informations et d’incertitudes face à une menace que l’être humain n’arrive pas à stopper. De la Chine, il s'est répandu à travers le monde à une vitesse extraordinaire. Les pays se referment sur eux-mêmes. A l'image de l'Italie et de la France. La réalité a rejoint la fiction et je me demande comment la situation évoluera. Le pays est à l'arrêt poussant la population à adopter de nouvelles habitudes. Il est vrai que malgré sa gravité, la situation actuelle est loin de ressembler à celle des films Alerte et Contagion. Pourtant, certains comportements sont déjà observés dans le monde. Si en France, les gens se ruent dans les supermarchés pour s’approvisionner en produits de premières nécessités, aux Etats-Unis certains s’arment tout simplement. Ils se préparent dans la perspective d’une situation de chaos qui engendrerait de la violence. Un comportement dicté par la fiction. Mais aussi par la peur.

La peur est l’autre virus auquel il faut faire attention. Elle s’infiltre dans nos têtes, ne poussant à croire à n’importe quoi et à faire n’importe quoi.

La fiction qui est reflet de la réalité arrive bizarrement à influencer celle-ci.

 

Anthony Mouyoungui

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Juvénale Obili et la passion de la Lecture

1 Décembre 2016, 08:05am

Publié par Juvénale Obili

Tant que les livres garderont perpétuellement leur identité d'œuvres de l'esprit, la lecture restera un meilleur outil d'exploration ou de découverte. Aller à la rencontre des esprits, c'est simplement se procurer des livres dans lesquels on salue une partie de l'Âme du monde qui s'y découle à travers l'imagination, surtout de l'évidence ignorée par tant de consciences qui ont toujours eu du mal à accepter la réalité et encore à la voir en face.

Ce qui nous unit ce sont les Lettres. Chacun de nous a sa manière de les utiliser pour peindre ses pensées, sa perception de la vie ou de la nature humaine, sa description du monde, ses convictions etc... Voilà pourquoi, la lecture tient de la curiosité principalement.

Ce qu'on met dans les livres, c'est l'héritage de ce que nous sommes. Analyser son identité ou son être pour comprendre la culture dans laquelle nous avons vécu, vivons et nous nous adaptons à vivre afin de faire attention à ce que nous écrivons est synonyme d'amour à l'endroit de ceux qui nous lisent.

Qu'est-ce que nous écrivons ? Pour qui nous écrivons ? Avec quelles intentions écrivons-nous ? Quel message voulons-nous faire passer à travers nos écrits ? Ce n'est pas tous les livres qui détiennent des richesses capables de devenir des apports positifs après lecture.

Finalement, nous comprenons que la culture crée la société dans la mesure où elle constitue un environnement dans lequel vit l'homme et  aussi parce qu'elle inspire l'homme pour ce qu'il est. Effectivement, elle est productrice de la philosophie étalée dans des livres qui contribue, en l'occurrence, au développement personnel ou à au divertissement de l'esprit.

En somme, l'intellect n'est pas négligé dans question de la lecture. Lire est un exercice apaisant qui fait travailler les neurones. Il y a l'intelligence dans des livres, alors n'hésitons pas, allons à la découverte ou à l'exploration des esprits, des identités ou des êtres, de la culture tout simplement.

Juvénale Obili, La jeune Fleur

20 Décembre 2016

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Chaque individu croit, peut-être avec raison, que le monde commence à sa

12 Juillet 2015, 04:03am

Publié par Pénélope Mavoungou

"Chaque individu croit, peut-être avec raison, que le monde commence à sa naissance et se termine à sa mort. Nous refusons d'accepter ce fait, douloureux certes, que le monde a commencé avant nous et qu'il continuera après nous. Pour ma part, je trouve plutôt reposant de n'être pas responsable de toute cette histoire. Je ne fais que passer dans le coin. Quand on se prend pour le nombril du monde, on a tendance à monter en épingle le moindre évènement dans lequel on est vaguement engagé. Comme on est sûr de vivre, à chaque génération, des moments que l'humanité n'a jamais connus auparavant. Notre époque produit de l'inédit. A-t-on idée depuis combien de temps le monde roule sa bosse?"

Dany Laferrière, L'art presque perdu de ne rien faire, (Éd. Boréal 2013, p. 90)

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