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Nathasha Pemba- Le Sanctuaire de la Culture

Articles avec #ici et ailleurs

Armand Gauz, Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 2018 pour son roman « Camarade papa »

26 Mai 2019, 18:25pm

Publié par Nathasha Pemba

Armand Gauz, Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 2018 pour son roman « Camarade papa »,

 

À la suite des écrivains ivoiriens Aké Loba, Bernard Dadié, Jean-Marie Adiaffi, Ahmadou Kourouma, Maurice Bandaman et Véronique Tadjo…

 

Notons que le poème, Les seins de l'amante de Timba Bema (aux éditions Stellamaris) est colauréat de cette édition.

 

Gauz, un écrivain engagé

Le premier roman de Gauz, Debout Payé, publié en 2014, connaît un succès phénoménal dès sa sortie. Dans ce best-seller en France et un peu partout dans le monde, l’auteur porte un regard interrogateur sur la société de consommation en s’appuyant sur ses expériences de vigile. On reconnaît, en outre, que ce livre propose une réflexion sociopolitique et historique pertinente sur la situation des «minorités visibles» en France.

 

« S’il y a une constante entre Debout payé et Camarade papa c’est la question de la construction des valeurs symboliques plus fortes susceptibles de fabriquer la décolonisation intellectuelle »[1]

 

 

Camarade Papa

En 2018 paraît le deuxième livre de Gauz, Camarade papa. Dans le livre, deux traversées polémiquent :

Présentation de l’éditeur :

1880. Un jeune homme, Dabilly, fuit la France et une carrière toute tracée à l’usine pour tenter l’aventure coloniale en Afrique. Dans une « Côte de l’Ivoire » désertée par l’armée française, quelques dirigeants de maisons de commerce négocient avec les tribus pour faire fructifier les échanges et établir de nouveaux comptoirs. Sur les pas de Dabilly, on découvre une terre presque inexplorée, ses légendes, ses pactes et ses rituels…

Un siècle plus tard, à Amsterdam, un gamin d’origine africaine raconte le monde postcolonial avec le vocabulaire de ses parents communistes. Lorsque ceux-ci l’envoient retrouver sa grand-mère et ses racines en Afrique, il croise les traces et les archives de son ancêtre.

Ces deux regards, celui du blanc sur l’Afrique et celui du noir sur l’Europe, offrent une histoire de la colonisation comme on ne l’a jamais lue. Gauz fait vivre des personnages tout en contrastes, à la lumière solaire, dans une fresque ethnologique pétrie de tendresse et d’humour."

 

Comme dans Debout Payé, Gauz poursuit dans Camarade Papa l’histoire de la colonisation et de la décolonisation, de l’immigration, des espoirs et de l’espoir des Africains et de certains Occidentaux. Par ailleurs, Gauz cherche constamment à approfondir ses connaissances et à affiner sa compréhension de l’histoire de la colonisation et de l’immigration africaine qui le préoccupe. Comme on peut le constater en le lisant, Camarade papa est un roman très documenté qui revisite l’histoire.

 

Gauz, écrivain d’une histoire à partir de l’Histoire

À travers différents plateaux, Armand Gauz maitrise autant la culture ivoirienne, française, francophone pour montrer que si l’humain qu’il est se définit avant tout par son être, il incarne aussi des valeurs, un lieu, une maison, une culture ou des cultures… une humanité. En acceptant de prendre la parole, Gauz contribue à sensibiliser la collectivité à la réalité de l’histoire de la colonisation, de la décolonisation des migrants en Occident...

Partout où il passe, Armand Gauz marque les gens par sa simplicité (son look et son sourire notamment) qui le rend de fait accessible, son humour équilibré qui parle au monde, sa passion, sa générosité, sa culture son intelligence vive et son ouverture à la cause de l’humain. Il incarne un modèle de résilience, de travail et de talent. Avec un charisme bien particulier, Gauz fait comprendre qu’on n’a pas besoin de déconstruire pour être. Il faut plutôt Construire ce qui n’a peut-être jamais été construit ou qui n'est pas achevé : Notre case symbolique.

 

Recevoir ce prix pour Gauz est certainement une reconnaissance. J’espère que cela permettra aux lecteurs de se procurer cet ouvrage et ses ouvrages antérieurs et ultérieurs pour comprendre davantage l’histoire de la colonisation, le phénomène de l’immigration et l'humanité dans ce qu'elle a d'excellent. Il ne nous suffit donc pas d’attendre de Gauz un engagement continu, une responsabilité qui consistera à donner un visage et d’humaniser nos mots, nos maux et nos vécus… Il faut s’engager avec lui.

 

 

Camarade Papa et les Prix littéraires

Prix Ivoire pour la littérature Africaine d’expression Francophone 2018 par l’Association Akwaba Culture.

Grand Prix national Bernard Dadié 2019 de la littérature

Grand prix Littéraire d’Afrique noire  2018

 

 

« Je crois que quand tu arrives à faire rire quelqu’un, tu parles directement à son intelligence… Celui qui rit, c’est celui qui a compris! Et puis le rire est une manière de résister, un appel au recul, au calme, une manière de réunir un maximum de monde autour de soi »[2].

Armand Gauz

 

Armand Gauz, Grand Prix Littéraire d’Afrique noire 2018 pour son roman « Camarade papa »

L’ADELF (Association des Écrivains de la Langue Française) réunit, dans un même attachement à la langue française, des écrivains de toutes origines. Son objectif est de révéler de nouveaux talents et de consacrer les écrivains majeurs qui, par la qualité de leur écriture et la force de leur engagement, font rayonner dans le monde entier les valeurs de la francophonie.

Pour l'ADELF, la langue française représente un patrimoine commun en perpétuelle et nécessaire évolution, qui précède ou accompagne, par le dialogue des cultures, les mutations du monde moderne.

 

Bravo Armand !

 

 Nathasha Pemba

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La danse congolaise contemporaine, par Juvénale Obili

16 Juin 2018, 13:04pm

Publié par Juvénale Obili

Marcher. Parler. Bouger. Courir. Tout constitue une danse dans la nature. Celle-ci est définie comme un mouvement du corps exécuté en cadence, à pas mesurés et au son d'instruments ou de la voix. Qu'en est-il donc de la danse dite contemporaine ?

 

Ce terme s’oppose à celui de danse classique. Pourtant, l'on peut dire que la danse contemporaine garde les techniques de la danse classique en y apportant une touche d'improvisation et donc la liberté d'expression du corps suivi de ses mouvements.

Ce type de danse voit le jour après la seconde guerre mondiale aux États-Unis et en Europe. Elle a été inventée principalement par l'américain Merce Cunningham.

 

Cependant, la danse contemporaine ne trouve pas une définition exacte, d'autant plus qu'elle se caractérise par différents styles comme le classique, le moderne, voire le jazz pour certains chorégraphes. Cette danse a fini par séduire plus d'un et a traversé les frontières. Elle s’est retrouvée en République du Congo il y a quelques décennies.

 

Nous sommes allé à la rencontre de Zeli Mbanzila au centre culturel Sony Labou Tansi du Congo pour connaître l'histoire de cette danse à Brazzaville.

Zeli Mbanzila est l'initiateur du groupe Échos de Brazza et en même temps directeur artistique du festival Mvukan'Art qui sera organisé en 2020 au Congo. Mvukan'Art est né d'un groupe de onze jeunes qui constituaient le groupe Balaie ''Tienri'' (une mouche qui pique ) : un grand et ancien mouvement de danseurs contemporains qui avait du succès. Ils ont d’ailleurs reçu le prix RFI en 2000.

 

Pour Zeli Mbanzila, la danse contemporaine est une passion à côté d'une profession qu'on a au départ même si plus tard il en a fait son gagne-pain. Il la définit comme une danse tradi-moderne très sophistiquée. Selon lui, cette danse s'accompagne de la musique au rythme varié : Kingoli, Moyi, Bembé, Kongo etc... Ce, pour valoriser la musique et la danse traditionnelles du Congo. C'est d'ailleurs la vision de ce danseur contemporain qui livre des prestations dans des spectacles occasionnels afin de faire vivre cet art au pays. Toutefois, cette vision est énorme, puisqu'elle regarde aussi le côté patriotique : participer aux grands festivals qui se déroulent à l'extérieur du pays afin d'envoyer le signal fort qui consiste à dire que cette danse existe bel et bien au Congo. Par contre, les danseurs contemporains rencontrent assez de difficultés vu le manque de soutien du ministère de la culture. Par exemple, certains d'entre eux ont des ambitions d'intégrer les écoles occidentales afin d'en apprendre d'avantage mais n'ont pas de moyens financiers pour réaliser leurs rêves.

 

Cet art méconnu par beaucoup de congolais vaut d'être considéré par les acteurs culturels car c'est une valeur ajoutée à la culture congolaise. Tout comme la musique trouve sa place dans la culture, la danse contemporaine la mérite une également.

 

Pour admirer cet art de près, il faut pouvoir assister à une performance que peut organiser des danseurs en tout lieu public comme en plein marché par exemple. Ainsi, la performance est à la danse contemporaine ce qu'est l'A capella à la musique ou encore l'extrait d'un film pour le cinéma.

 

Ce qui éblouit devant une scène de danse contemporaine c'est cette connexion que les danseurs créent avec le public. Celui-ci se retrouve emporté par ces expressions de corps mouvementés soit par la musique soit par une histoire racontée à travers la danse animant le moment précis. Cela invite souvent la sensualité sur la scène. Ce côté sensuel ne laisse pas indifférent l'esprit féminin. Les jeunes femmes se mettent aussi à la danse contemporaine avec une sensibilité énorme qui les connecte à leurs esprits ne demandant qu'à s'exprimer. Cela explique par ailleurs la question selon laquelle la danse contemporaine serait dite des esprits. En effet, celle-ci joue avec la communication spirituelle dans un silence époustouflant ou encore au son d'une certaine cadence à la base classique ou traditionnelle. C'est donc une danse qui émeut en tout premier lieu l'esprit.

 

La spécialité de cette danse réside dans son potentiel. Elle s'ancre dans le domaine de l'art avec n'importe quel artiste qui peut paraître sur scène. La plupart des spectateurs aiment ce genre de surprise. Pour ma part, ce qui séduirait le plus mon esprit, c'est une scène de danse contemporaine, accompagnée d'un slameur, au rythme du son d'un tam-tam, dans une salle aux lumières somptueuses.

 

Le souhait des danseurs contemporains aujourd'hui est de promouvoir la danse contemporaine au niveau national afin de trouver du soutien pour pouvoir aller représenter le Congo à l'extérieur.

 

Ce qu'il y a à retenir ici est qu'au milieu des artistes peintres, musiciens, écrivains et bien d'autres, la culture congolaise regorge également en son sein la danse contemporaine qui n'est le moindre dans le monde artistique.

 

Qu'en est-il du groupe Échos de Brazza de Zeli Mbanzila ? Pour leur multiple séances de répétitions, ils se retrouvent du lundi au vendredi dans une fourchette d'heures allant de 09h à 12h et de 12h à 14h au centre culturel Sony L.T situé dans l'arrondissement 2 à Brazzaville.

 

 

Juvénale Obili, Bloggueuse

 

 

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Dans notre Bibliothèque... La saint Valentin.

1 Février 2018, 18:18pm

Publié par Le Sanctuaire de la Culture

Nous verrons la vie en rouge ce mois, parce que c'est le mois de la célébration de l'Amour. Dans ma bibliothèque, cinq romans cultes, cinq pensées de notre choix... Bonne saint Valentin à tous:

"Ma mère n'a jamais cessé d'être amoureuse de mon père. Elle a conservé son amour pour lui aussi vivant que l'été où ils se sont rencontrés. Pour y parvenir elle a écarté la vie. Parfois elle ne vit que d'eau et d'air pendant des jours. Étant le seul spécimen connu de vie à pouvoir le faire, on aurait dû donner son nom à une espèce. Un jour oncle Julian m'a raconté que le sculpteur et peintre Alberto Giacometti avait dit que parfois, pour peindre une tête, il fallait abandonner le reste du corps. Pour peindre une feuille, il faut sacrifier tout le paysage. On peut avoir l'impression, au début, de se limiter, mais au bout de quelques temps on se rend compte qu'en ayant un centimètre de quelque chose on a plus de chance de tenir un certain sentiment de l'univers que lorsqu'on prétend peindre le ciel tout entier. Ma mère n'a choisi ni une feuille ni une tête. Elle a choisi mon père et, pour préserver un certain sentiment, elle a sacrifié le monde".

(Nicole Krauss)

 

 

"C'est un amour désintéressé: Tereza ne veut rien de Karénine. Elle n'exige même pas d'amour. Elle ne s'est jamais posé les questions qui tourmentent les couples humains: est-ce qu'il m'aime? a-t-il aimé quelqu'un plus que moi? m'aime-t-il plus que moi je l'aime? Toutes ces questions qui interrogent l'amour, le jaugent, le scrutent, l'examinent, peut-être le détruisent-elles dans l'oeuf. Si nous sommes incapables d'aimer, c'est peut-être parce que nous désirons être aimés, c'est-à-dire que nous voulons quelque chose de l'autre (l'amour), au lieu de venir à lui sans revendications et ne vouloir que sa simple présence". 

 (Milan Kundera)

 

 

 "Je ne te demande pas de m’aimer toujours à ce point-là, mais je te demande de t’en souvenir. Quoi qu’il arrive, il y aura toujours en moi celle que je suis ce soir".

 

(F. S. Fitzgerald)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Tu veux dissocier l’amour tout court et l’amour physique. Je te rétorque que la communion charnelle ne peut être sans l’acceptation du cœur, si minime soit-elle. Si tu peux procréer sans aimer, rien que pour assouvir l’orgueil d’une mère déclinante, je te trouve vil. Dès lors, tu dégringoles de l’échelon supérieur, de la respectabilité où je t’ai toujours hissé. Ton raisonnement qui scinde est inadmissible". 

 

(Mariama Bâ)

 

 

"Les autres mettent des semaines et des mois pour arriver à aimer, et à aimer peu, et il leur faut des entretiens et des goûts communs et des cristallisations. Moi, ce fut le temps d’un battement de paupières. Dites moi fou, mais croyez-moi. Un battement de ses paupières, et elle me regarda sans me voir, et ce fut la gloire et le printemps et le soleil et la mer tiède et sa transparence près du rivage et ma jeunesse revenue, et le monde était né, et je sus que personne avant elle, ni Adrienne, ni Aude, ni Isolde, ni les autres de ma splendeur et jeunesse, toutes d’elle annonciatrices et servantes.

(Albert Cohen)

 

Bonne SAINT VALENTIN

 

Nathasha Pemba

 

Le Sanctuaire de la Culture...

 

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Ebebiyin ou l'expérience au cœur d’une terre d’accueil

23 Janvier 2018, 13:44pm

Publié par Nathasha Pemba

Cathédrale D'Ébibeyin
Cathédrale d'Ébibeyin en Guinée Équatoriale ( ©Nathasha Pemba)

Avant d’aller à Ebibeyin, je me suis toujours fourvoyée dans la manière de l’écrire. Tantôt j’écrivais Ebebeyin. Tantôt Ebebiyine. Je trouvais tellement cela très facile à prononcer. Pourtant le tout n’est pas dans la facilité à dire une chose, mais le tout se trouve dans la réalité des choses. C’est donc sur cette terre d’illustres personnes et au cœur de sa population que j’ai appris à prononcer le nom de la ville : Ebibeyin, chef lieu de la province du Kye Ntem située dans le Nord-Est de la région continentale de la Guinée équatoriale. Mais là encore…

 

Quant on est à Ebibeyin, on peut se rendre au Gabon et au Cameroun. À la frontière de ces trois pays, il y a le grand marché transfrontalier d’Akombang. On y trouve diverses sortes de produits.

 

L’un des natifs du coin m’a dit qu’il y a deux manières de dire la ville en langue fang. La première c’est Ebebiyin, c’est-à-dire là où les étrangers viennent. À l’époque, les étrangers y venaient pour façonner et faire façonner des marmites en terre cuite et toute sorte de poterie utilitaire. Les étrangers venaient pour chercher ces fabrications précieuses.

 

La deuxième manière de dire la ville c’est Ebibeyin, c’est-à-dire là où on prend les étrangers. Quand un étranger venait ici, il ne rentrait plus chez lui. Il oubliait ses origines et restait ici car il y avait un attrait presque surnaturel qui le conduisait à s’y installer.

 

Ebibeyin est une ville particulière comme le sont toutes les villes frontalières. Assise sur des petites collines non impressionnantes, elle contemple au loin sa voisine Kye-Ossi, une ville camerounaise.

 

Ébibeyin est une ville aux accents du monde. J’y ai entendu plusieurs langues : l’espagnol qui est la langue principale, le français, l’anglais, le fang. Dans les chants, j’ai aussi écouté le lingala ou encore le swahili. Cela traduit l’ouverture du peuple équato-guinéen au reste du monde et surtout son attachement à ses frères d’Afrique.

 

À première vue, cette ville m’a fait penser à la ville congolaise de Loubomo (Dolisie). Terre rouge. Constructions semblable et collines. Seulement, parce qu’Ebibeyin est en construction, elle paraît à plusieurs endroits beaucoup plus moderne que Loubomo. Il faut l’avouer, Ebibeyin est une ville prometteuse.

 

Dans tous les cas, Ebibeyin c’est Ebibeyin. Elle est bien éclairée et l’eau courante n’y est pas un luxe. Les habitations sont toutes particulières. À quelques endroits on peut se rendre compte qu’il y a encore des améliorations à faire sur les habitations. Mais ça viendra. Comme m’a dit un autre natif : « ici chez nous, Petit à petit l’oiseau fait son nid est une expression forte ».

 

Il faut dire que durant mon séjour dans cette ville je n’ai connu ni coupure d’électricité ni coupure d’eau. C’est encourageant.

 

Autre trait marquant de la ville : La propreté. Cette ville n’est certainement pas Paris, Vienne ou Florence, mais elle est propre et très colorée. Les couleurs des résidences ne sont pas uniformes. On retrouve le bleu, le rose…

J'ai aussi aimé la flore encadrée qui donne une allure particulière à la ville...

Ébibeyin
Flore d'Ébibeyin (©Nathasha Pemba)

 

Quelquefois, malgré le barrage de la langue, les riverains fournissent un effort pour mettre à l’aise l’étranger qui vient d’ailleurs. Ils veulent qu’on se sente chez nous chez eux sans oublier que la règle de toute possibilité du vivre-ensemble, c’est le respect des normes du lieu que l’on visite. Respecter les règles, voilà la base de toute intégration. Ebibeyin ne fait pas exception.

 

Je ne sortais pas beaucoup, mais je pense avoir visité les coins essentiels.

 

Je me ballade dans la Cité et je suis en admiration en face des constructions d’infrastructures. La ville est en re-création. Il y a comme une main invisible qui passe dessus pour lui refaire une beauté. Elle se recrée un peu plus chaque jour. Le centre ville est doté de plusieurs grands bâtiments. En dehors des édifices administratifs, il y a l’hôpital, les banques, des hôtels dont le grand Immaculada, le stade petit de taille certes mais grand par sa qualité. Elle a été construite lors de la CAN 2014. Elle répond aux normes de la Fifa. Il y a aussi les écoles.

 

Il y a une réalité qui m’a par contre paru tout à fait étrangère : les salles de conférence. C’est nouveau dans ma culture de globetrotteuse. Pourtant, en me renseignant il m’a semblé que c’est une tradition locale. J’en ai vu un peu partout où je suis passée en éclair : Bata, Mongomo…

 

Les marchés ici sont très colorés et exotiques au sens frontalier du terme. Ce que je qualifie dans mon prochain roman de « tantôt une saveur d’autochtonie et tantôt une saveur d’hétérogénie ». Les riverains et les étrangers sont très présents dans les commerces et dans les supermarchés.

 

Ebibeyin est traversé par l’esprit de le fleuvitude[1]. La plus grande rivière, le Kye constitue la frontière naturelle avec le Gabon. À partir d’Ebibeyin, on peut avoir le loisir de contempler avec étonnement ou calme le lac naturel « Etetam Ngon ». Il joue quasiment le rôle de médiateur entre les villages  Bifé Efac, Meyo et Mbase.

 

On trouve aussi des grottes naturelles littéralement pierreuses dans les villages de Nloayong Esandon et Ngon-Eseng.

 

Je remonte un des artères principales de la ville et je tombe sur une bâtisse peu ordinaire. C’est une cathédrale. Ou plutôt c’est la Cathédrale puisqu’il n’y a qu’une seule cathédrale dans un diocèse. Je m’arrête ici et je pense que c’est ici que prendra forme mon article.

 

En discutant avec quelques originaires, je comprends que la culture de ce pays repose aussi en grande partie sur l’art religieux. C’est une cathédrale assez spéciale.

 

 
Cathédrale d'Ébibeyin
Parc de la cathédrale d'Ébibeyin (© Nathasha Pemba)

Je commence donc par l’extérieur.

En entrant par la porte principale, il y a le presbytère à droite, et à gauche un parc tout à fait spécial parce qu’il est essentiellement constitué de palmiers-royal. Des bancs sont présents tout le long du jardin et permettent certainement aux fidèles ou aux passants de s’y prélasser ou encore aux habitants de la paroisse de prendre du bon air quand ils le désirent. C’est aussi un excellent lieu de méditation.

 

La Cathédrale Saint-Pierre Claver d’Ébibeyin est constituée de deux ailes qui la tiennent. Elle est de style néogothique et a été construite en 1950. Plus loin se trouvent les salles, une bibliothèque et le petit-séminaire.

 

Parlons de l’intérieur…

Cathédrale Ébibeyin
Intérieur cathédrale Ébibeyin (©Nathasha Pemba)

De gauche à droite sur les murs, au niveau de la nef, sont disposés des tableaux représentant le chemin de croix de Jésus. A l’arrière au fond, l’église est dotée d’un balcon intérieur qui fait face au chœur.

 

Le chœur de la cathédrale est tout particulier et c’est ce qui a retenu mon attention :

À gauche, il y a un autel dédié à la Vierge de Bégoña. Cette dernière avait été ramenée par les missionnaires basques espagnols qui se trouvaient à Ébibeyin à l’époque.

À droite se trouve l’image de Jésus Bon berger portant un agneau sur son épaule.

Derrière l’autel, se trouve la croix du Christ en dessous duquel se trouve la cathèdre. Entre la croix du Christ, il y a à gauche les armoiries de L' Évêque du diocèse d’Ébibeyin. Ils sont représentés par un agneau blanc portant un étendard. La devise de l’évêque est « Ecce Agnus Dei ».

 

Tout de suite après il y a une représentation des saints Charles Lwanga et Kisito, tous deux Martyrs de l’Ouganda. Ensuite vient Isidore Bakanja lui aussi martyr de la foi, catéchiste et laïc en République Démocratique du Congo.

 

À la droite de la croix, se trouve, en remontant L’image du sacré cœur de Jésus, L’image de Saint Muzeyi lui aussi Martyr de l’Ouganda, puis Saint Martin de Porrès, dominicain noir d’origine péruvienne.

Au-dessus de la Croix du Christ se trouve Saint Pierre Claver, jésuite et missionnaire auprès des esclaves africains en Amérique du sud. Il est le saint patron de la cathédrale. À sa gauche, il y a une représentation de Saint Mukasa, lui aussi martyr de l’Ouganda. À sa droite, c’est la bienheureuse Anuarite Marie-Clémentine Nengapeta martyre de la République démocratique du Congo.

Cathédrale Ébibéyin
Choeur Cathédrale Ébibeyin (©Nathasha Pemba)

 

Au plus haut de l’autel juste à l’entrée trônent deux anges, un Noir et un Blanc. Le premier porte une armoirie qui porte l’inscription suivante : « Meyong mese ». Le second porte une armoirie « Lugan Nti ».

 

Si j’ai un avis personnel à donner sur cette ville, c’est qu’elle est accueillante de par son nom et par les personnes que l’on y rencontre. Quand j’ai demandé à un des prêtres avec qui j’ai discuté comment il résumerait la ville, il m’a répondu : « Là où les gens viennent ».

 

 

Ma vie de missionnaire, de globetrotteuse et de blogtrotteuse m’a donné de visiter les plus belles cathédrales du monde en partant de celle d’Amiens, à celle de Reims ou de Paris, de Sao Paulo, de Londres, de Florence, de Kinshasa, ou la cathédrale de New-York ou de Québec, je n’ai jamais vu ce mélange qui montre finalement la vraie catholicité de l’Église. Tous les continents y sont représentés.

 

Cette cathédrale c’est l’inculturation en acte car sans renier l’évangélisation occidentale, on n’oublie pas que la parole de Dieu s’incarne au sein d’un peuple donné et d'une culture précise. Cette église m’a fortement fait penser au Cardinal Malula qui disait de l’Inculturation qu’elle était la Christianisation de l’Afrique et l’africanisation de l’Église.

 

Ébibeyin
Vol d'oiseau Ébibeyin (©Nathasha Pemba)

Je sais aussi qu’en me lisant plusieurs d’entre vous se demanderont si un roman ou encore un recueil de nouvelles n’est pas né ou ne naîtra pas de ce voyage. Ne vous en faites pas chers amis de la Blogosphère. Pour le moment je récidive… encore un recueil de nouvelles qui parlera des femmes à Ebibeyin et des femmes d’Ébibeyin. Certainement en 2019. En effet, si j’y ai rencontré majoritairement des hommes, les quelques femmes que j’ai rencontrées, mêlées, souriantes et hospitalières m’ont donné à réfléchir… Ma fibre féministe, me diront certains et certaines. Peut-être ! Dans tous les cas… à nous revoir très bientôt. Ebibeyin m’a aussi inspiré quelque chose… Je pense que les amis écrivains de la sous-région pourront adhérer à cette idée qui n’est encore qu’idée dans ma tête… 

 

Je vous recommande donc la visite de cette ville et de cette cathédrale.

 

Le Sanctuaire de la Culture, par ma voix, en profite pour vous souhaiter les Meilleurs vœux 2018. Juvénale et les autres vous souhaitent tout ce qu’il y a de meilleur. Elles vous promettent des lectures… beaucoup de lectures, des causeries. Dans tous les cas… Soyez juste connectés.

 

Un super merci au père Fulgencio du diocèse d’Ébibeyin qui a accepté de répondre à quelques unes de nos questions en vue de la rédaction de ce texte.

 

 

Nathasha Pemba, une passante d’Ebibeyin.

Pour le compte du Sanctuaire de la Culture.

 

[1] Un clin d’œil à mon confrère écrivain Aimé Éyengué, le concepteur du mot « fleuvitude ».

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L'univers culturel avec Juvénale

20 Juin 2017, 22:46pm

Publié par Juvénale Obili

Dans ''L'univers culturel avec Juvénale'', nous vous offrons une belle image de la littérature congolaise en passant sur le reflet magnifique que renvoie le miroir culturel du Congo sous toutes les formes, notamment celui de l'art .   À partir de cette rubrique nous faisons la promotion de notre identité culturelle, en l'occurrence de la littérature congolaise

Le livre congolais n'est pas le moindre dans le monde littéraire. Il est aussi précieux comme tout autre ouvrage que l'on peut retrouver partout dans le monde. Il est beau, il parle, il bavarde, il a de l'humour, il transmet beaucoup d'émotions, il éduque, il stigmatise les réalités néfastes de sa société, il redonne espoir, il fait aussi la politique... Oui, le livre congolais a aussi une personnalité non négligeable. Nous vous invitons, dans ce blog et précisément dans cette rubrique, d'aller à sa rencontre. Nous parlerons des écrivains tout en précisant que les jeunes écrivains demeurent notre priorité.

La littérature congolaise a toute une histoire. Du père fondateur Jean Malonga à J.B Tati Loutard, en passant par Sony L.T, Tchicaya U Tam'si et bien d'autres, la plume congolaise s'est perfectionnée de plus bell. Elle s'est multipliée au cœur de tout âge et au fil des temps, en relatant les faits et réalités de la vie selon les époques. Comme le souligne Noel Kodia Ramata dans son ouvrage intitulé ''Dictionnaire des œuvres littéraires congolaises'' : « Les romans et récits congolais sont en général le reflet de la société dans laquelle ont évolués ou évoluent leurs auteurs. » ( P. 19 )

À travers la littérature, les auteurs congolais ne laissent pas leur culture en laisse. Ils la valorisent en passant par les langues nationales telles que le Lingala, le Kituba ou encre par leurs ethnies comme le kongo, le Lari ou encore le Kouyou. On retrouve tout d'abord ces langues flashées dans certains textes; ensuite elles se manifestent à travers les us et coutumes qui expriment mieux les culturesqui se retrouvent partout dans des bibliothèques dans lesquelles d'autres peuples viennent les découvrir. « Au niveau de l'écriture se remarquent la congolisation de certains mots français et l'utilisation ou la francisation de quelques expressions et mots du vocabulaire du terroir. » ( P. 45)

Par ailleurs, il est important de détourner le préjugé qui consiste à dire que les congolais ne lisent pas beaucoup. Nous soulignons que le chemin tracé par les pères de la littérature congolaise est continuellement visité par les jeunes.. Les jeunes congolais lisent. Ils écrivent. Ils aiment la culture en dépit de la carence publicitaire ou communicationnelle qui fait souvent défaut. Il y a une relève qui est en route. Elle avance à petits pas, tout doucement en se ressourçant dans la sagesse des aînés. Elle écrit en cachette. La jeunesse congolaise fera parler de la littérature congolaise d'hier, d'aujourd'hui et de l'avenir. Comme aime à le dire un jeune poète congolais au nom de Diaf Bikriyan: « Si la littérature congolaise néglige ces jeunes remplis d'engouement et de talent, alors elle ne sait pas ce qu'elle rate.»

Alors, à très bientôt pour de belles chroniques littéraires enrichissantes teintées d'une critique qui ouvrira certainement des portes à d'autres thématiques

La Jeune fleur

18 juin 2017.

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Museomix 2016: 5 pays, 15 villes, 17 lieux Le Musée Le Monastère des Augustines à Québec

21 Décembre 2016, 22:05pm

Publié par Nathasha Pemba

Une authenticité au cœur des Musées du monde. Amusant, ludique et culturel, Museomix est une occasion rare de découvrir non seulement les Musées du monde, mais aussi de le faire à partir d’un idéal communautaire. J’ai vu des familles entières visiter le Musée le Monastère des Augustines, permettant ainsi une transmission de l’amour de la culture.

Culture ?

Le mot culture est un mot vaste. S’il touche les Lettres et les Arts, les Musées y occupent également une place importante. C’est, en quelque sorte, la mission de Museomix : Rassembler les gens et de Faciliter l'accès au patrimoine. Museomix c’est d’abord un esprit. Il vise à favoriser les collaborations sur des projets. De ce fait, il met en place des rencontres transversales pour que de nouvelles idées et de nouveaux projets émergent. Par ailleurs, l’organisme diffuse les projets, les technologies et les contenus qui font avancer la vision d’un musée ouvert, vivant et en réseau. L’idée de communauté reste fondamentale dans l’esprit de Museomix. Chaque année l’équipe de Museomix choisi des musées, à travers le monde (http://www.museomix.org/lieux-2016/) . Même si on y trouve beaucoup de pays francophones, Museomix est déjà multi-langues. Elle a eu, par le passé des éditions en France, en Italie, au Mexique, en Angleterre, en Belgique flamande, en Suisse et au Canada. On parle aussi d'une édition danoise l'an prochain, entre autre. En somme, Museomix n'a aucune limite territoriale.

La culture du Musée occupe une place de choix dans le monde contemporain car, en plus de conserver pour transmettre et lier les générations entre elles, le Musée reste un lieu où s’échangent les idées et les expériences. Il porte une histoire inscrite dans le passé certes, mais il reste un témoin réel de la culture, puisqu’il est un lieu physique capable de produire des opportunités spirituelles, sensorielles et sociales. On dira donc que le Musée, en tant que valeur culturelle donne de voir à quel point l’individu et les communautés, selon divers contextes peuvent inventer et penser le Musée.

Le premier Museomix a eu lieu au musée des arts décoratifs de Paris, en 2011. Depuis ses débuts, l'objectif de Museomix est de créer un contexte où la communauté s'approprie son patrimoine. À l'aide d'outils numériques, Museomix cherche à ouvrir les musées et faciliter les échanges avec sa communauté. Museomix, c’est aussi un esprit qui a pour slogan : «People Make Museums». Ce qui traduit la volonté des organisateurs de faire prendre conscience à chaque communauté vivante que le Musée incarne la culture d’une communauté

Museomix à Québec

Cette année, dans la ville de Québec, le Monastère des Augustines a été choisi. Véronique, l’une des membres de l’équipe Museomix Canada nous a dit que le Monastère des Augustines est un lieu unique, chargé de près de 400 ans d'histoire. C’est un lieu inspirant.

« Nous étions très tenté d'inviter la communauté locale à découvrir ce joyau encore si peu connu chez nous. Le Monastère des Augustines a été transformé et rénové il y a un an pour en faire un centre de santé globale et d'hébergement, ouverts à tous. Pour la communauté Museomix Québec, le Musée des Augustines représente une occasion exceptionnelle de (re)penser la médiation et les fonctions commerciales, hors des sentiers battus et de la vitesse de nos modes de production. L’histoire qui habite ces espaces patrimoniaux d’une grande beauté, leur restauration et l’hébergement exemplaires, la richesse des collections qui y sont conservées et la nature des activités qui s’y sont déroulées pendant près de quatre cents ans regorgent de possibilités ».

 

Y a-t-il un critère pour choisir le lieu où doit se dérouler un Museomix ?

Le musée doit d'abord être ouvert à l'accueil d'une organisation singulière comme peut l'être Museomix. Ce qui peut faire peur! Lorsque le musée décide d'ouvrir ses portes à la communauté, il doit être en mesure de lui donner accès à ses collections et accepter d'ouvrir gratuitement au public pour l'exploration des prototypes le dimanche. Le musée hôte doit participer à l'élaboration des terrains de jeux proposés aux museomixeurs, sans «passer ses commandes». Et comme Museomix, c'est beaucoup de gens, il faut que le musée puisse physiquement accueillir le groupe, sur trois jours, en réservant des espaces de travail, une aire de repos et un endroit où manger.

 

Nathasha Pemba

 

Aller plus loin avec Museomix : http://www.museomix.org/

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Souvenir au salon du livre de Québec

5 Mai 2016, 12:12pm

Publié par Nathasha Pemba

Il y a des souvenirs qu'on a juste envie d'éterniser.

Au salon du livre de Québec, j'ai rencontré l'Immortel Dany Laferrière de l'Académie Française.

Inutile de chercher à savoir si j'étais contente... Ça se voit on dirait.

Quand on rencontre ce genre de personne traversée par une simplicité ineffable, on ne peut rien dire. Bon si. Un peu. En fait, j'ai toujours rêvé rencontrer Cet Écrivain, alors je me suis dit : "C'est aujourd'hui ou jamais". Inutile de ne rien dire et de se mettre à regretter après. Ce qui est assez beau au Québec c'est que l'on peut facilement se tutoyer ou appeler quelqu'un par son prénom. Tout compte fait, je n'avais pas envie de dire "Monsieur Laferrière". Non pas ça!

Alors ?

"Bonjour! Vous savez Dany...je vous vénère pour ne pas dire "je vous adore...".

Entre l'amour et l'adoration je crois que la vénération convient... même si on est toujours Conscient, pour nous autre chrétiens que c'est Dieu seul qu'on adore...

J'ai lu presque toutes ses oeuvres. Et je pense ne pas m'arrêter à une recension. L'avenir nous inspirera. Il y a à dire et à transmettre de ce grand homme! Je pense qu'il faut dire aux gens qu'on les aime et apprécie quand ils sont vivants. Que Dieu nous prête vie!

Vive la littérature!

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Une pensée pour René...et aussi pour Céline

17 Janvier 2016, 20:25pm

Publié par Nathasha Pemba

René Angélil : L’amour au-delà de la mort !

Céline et René : Une manière d’aimer et de s’aimer!

Quand on aime, on a des envies d’amours, de présence…

On ne désire qu’une chose, c’est que l’être aimé demeure…

Même au milieu des occupations les plus ultimes…On aime...

Si la tempête s’en vient, elle finit par s’en aller…parce que l’amour est plus fort…

Vivre au-dessus de ses forces…parce que finalement tout ce qui est au-dessus des forces et porté par l’Amour.

De ce que René est pour Céline, je n’ai retenu que l’amour...

Je ne parle pas au passé parce que l’amour de Céline pour René et l’amour de René pour Céline c’est ce qui est toujours…parce que l’amour c’est ce qui est éternel. Il n’a pas d’époque, il n’a pas de temps, il n’a pas de lieu. Il est seulement amour...

Cet amour qu’elle chante dans My heart will go on

Une chanson qui traduit bien sa relation fusionnelle et désormais éternelle :

Every night in my dreams

I see you, I feel you

That is how I know you go on

Far across the distance

And spaces between us

You have come to show you go on

 

De René à Céline, je dédie cette strophe de « I’am your Angel » (Céline Dion & R. Kelly)

I'll be your cloud up in the sky

I'll be your shoulder when you cry

I'll hear your voices when you call me

I am your angel

And when all hope is gone, I'm here

No matter how far you are, I'm near

It makes no difference who you are

I am your angel, I'm your angel

L’ange, c’est celui qui protège…C’est celui qui a toujours été là…celui qui ne part jamais parce qu’il est toujours là…visible et invisible. C'est ce qu'est René pour Céline...un Ange.

L’amour les a entrainés dans l’amour…pour s’aimer on peut être amené à prendre des risques. Ils ont pris des risques. Au début, sans trop savoir où l’on va, l’amour peut paraître presque incertain. Fragilités, humanité, facilités et difficultés en forment le socle. On s’y élance dans la résonance franchissant monts et vaux seulement avec l’espérance. Plus on le vit, plus on existe.

René reste l’exemple de celui qui a aimé, mais aussi de celui qui a toujours su accorder à autrui sa place, considérant que notre rayonnement, quoique planétaire n’est jamais une raison d’oublier l’existence des autres. Il est celui qui a compris que l’amour finalement reste la seule richesse qui ne s’étiole pas.

En amour c’est comme en musique, il faut savoir mêler les bonnes notes pour faire voler un joli son. Certes cela ne se compose pas d’un trait. Il faut du temps. Il faut de la volonté. Il faut de la patience. Bref il faut du cœur.

C’est finalement l’amour, le plus grand héritage qu’il laisse à Céline, à ses enfants, à sa famille, à la musique, au Québec, au Canada, au Moyen-Orient et à l’univers. C’est ainsi qu’il vivra toujours...

Écoutons Céline:

« La vie m’a fait un beau cadeau en le mettant sur ma route. Et elle a fait un beau cadeau à tous ceux qui ont eu la chance de bien le connaître et de le côtoyer. C’est un homme qui a un grand cœur. Il est tellement généreux, sensible et attentif ! Souvent, on a l’impression qu’il ne vit que pour les autres. Il est toujours là pour aider un proche, pour rendre quelqu’un heureux. C’est incroyable tout ce qu’il a pu faire pour moi ! Je pourrais en parler pendant des heures. Ce que j’aime aussi de lui, c’est qu’il est capable de s’émerveiller devant les petites choses de la vie. Il regarde encore la vie avec des yeux d’enfants ».

(Interview dans 7Jours repris dans l’édition « Hommage à René » par les Éditeurs de 7Jours, Janvier 2015 à la page 38)

 

Nathasha Pemba

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Sirène des sables, Collectif des femmes écrivaines du Congo-Brazzaville

21 Novembre 2014, 20:25pm

Publié par Le Sanctuaire de la Culture

Il y a quelques années,  Albert Camus écrivait : « J’ai toujours pensé que l’art n’était rien si finalement il ne faisait pas de bien, s’il n’aidait pas. ».

Telle est la vocation multiple de cette anthologie de nouvelles : faire du bien, aider, éduquer, enseigner, réparer, se soucier de la réalité congolaise et du bien-être de la personne, comme individu d’abord, ensuite comme communauté.

1-Aider, parce que l’un des objectifs premier de ce recueil c’est de participer à l’expansion de la lecture dans en République du Congo. Tout ce qui sortira de cette œuvre, contribuera à la réalisation des œuvres culturels des congolais par des congolaises. Les femmes écrivaines envisagent de renforcer l'amour de la lecture dans l'ensemble du territoire congolais.

2-Éduquer, parce que le thème qui est traité dans cette anthologie, la sorcellerie, est un thème qui n’est pas étranger aux congolais. La sorcellerie au Congo et en Afrique est souvent facteur de déstabilisation communautaire. Éduquer à l’effort pour qu’on ne devienne pas artisan du moindre effort, en attendant le miracle du sorcier, ou des biens-mystiques de la famille.

3-Enseigner, parce qu’à l’intérieur de ce recueil, vous trouverez un enseignement sur certaines réalités qui sont souvent ignorées et qu’il arrive que l’on pointe du doigt. Le cas des malformations physiques ou congénitales. Il y au aussi ces femmes qui ne mettent pas au monde et qui sont souvent surnommées « kissita » dans la famille ou au quartier. Il y a aussi celles dont le charme ne leur suffisant plus, font appel aux fétiches pour garder leur homme ou pour tuer la rivale. Il y a aussi les maris de nuit et les Sirènes. Il y a aussi les binkoko....

4-Réparer, parce que comme l’a écrit le professeur Arlette chemain qui a préfacé le livre « 60 ans de littérature » où le visage de la femme a toujours été occulté.

 

Chers lecteurs, ce recueil est le recueil de toutes les générations. Elles sont là vos écrivaines.

 Le dessin sur la première page de couverture est l’œuvre de notre talentueuse consoeur Jussie Nsana. Comme quoi, le Collectif des écrivaines de Brazzaville regorgent en dynamismes insoupçonnés et insoupçonnables. 

 

À travers ce recueil, je voudrais particulièrement rendre hommage à Marie-Léontine Tsibinda, première femme écrivaine congolaise....

 

Pénélope Mavoungou (Co-auteur de Sirène des sables)

 

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=45090

 

Sirène des sables, Collectif des femmes écrivaines du Congo-Brazzaville

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Wangari Maathai : modèle des gestes simples…elle plante les arbres… sème et cultive les idées

21 Mars 2014, 08:46am

Publié par Nathasha Pemba

Trois ans déjà… depuis que Wangari Maathai s’en est allée, rejoignant la terre de nos ancêtres, en léguant à la postérité une richesse immense. Son action, et ses engagements font d’elle non seulement une contemporaine, mais aussi un modèle d’engagement en faveur des droits de la femme et pour la sauvegarde de la nature.

Wangari Maathai, Prophétesse ?

Oui! Pourquoi pas ? Si le prophète est un envoyé.

En effet, de nos jours, est-il possible de se passer de l’environnement ?

Wangari Maathai, Amazone ?

Oui! Pourquoi pas ? Puisqu’elle va en guerre contre les destructeurs de l’environnement.

Disons simplement qu’elle est une femme engagée, consciente de sa mission. Wangari Maathai fait partie des héroïnes de l’Afrique. Elle a contribué à l’espoir d’une Renaissance renouvelée en Afrique. Elle figure parmi les femmes qui ont contribué à la construction d’une relation plus équitable entre les humains. Son amour pour la terre, lui vient de sa famille qui n’a jamais cessé de se battre pour lutter pour la subsistance de leur tribu.

« je ne veux pas mourir avant d’avoir accompli ma mission », dit-elle

Biologiste Kenyanne, professeure d’anatomie en médecine vétérinaire, Militante politique et écologiste, Wangari Maathai est la première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix en 2004. Ce prix, elle le doit à sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix.

Femme engagée, Maathai est la fondatrice du mouvement de la ceinture verte (Green belt movement), en 1977. Son action a consisté à commencer par planter sept arbres le jour du jour de la terre ; pour elle, cet acte servirait à honorer les femmes dirigeantes de l’environnementaliste kenyan. Trente millions d'arbres ont été plantés en trente ans.

"Depuis trente ans, je travaille sur le terrain avec bien d'autres personnes, afin de trouver des moyens d'abattre le mur qui empêche les peuples d'Afrique d'accéder à la justice, à la richesse, à la paix et au respect. Nous avons cherché une voie de sortie à la pauvreté, à l'ignorance, aux maladies et à la mortalité infantile, aux atteintes aux droits fondamentaux, à la corruption, à la dégradation de l'environnement, et à nombre d'autres fléaux associés à l'Afrique. J'ai apporté ma contribution à travers le mouvement de la Ceinture verte, en aidant des communautés à planter des arbres et ainsi améliorer leur niveau de vie, protéger l'environnement et, par là même, accroître leur engagement et leur persévérance. Ces expériences avec les villageois et les populations rurales, ainsi que mes responsabilités au sein du gouvernement kenyan et ma participation à de multiples initiatives internationales visant à aider l'Afrique et protéger l'environnement, ont façonné ma vision du monde et sont à la base des approches, des exemples, des analyses et des solutions que je propose dans le présent ouvrage.

En trente ans, depuis l'époque où le mouvement de la Ceinture verte a lancé son programme de reboisement, certains Africains ont renoncé au travail de terrain pour poursuivre leurs propres intérêts et privilégier leurs ambitions personnelles ; d'autres ont été déçus et se sont lassés. Quelques-uns se morfondent chez eux ou moisissent en prison ; d'autres encore ont perdu leur foyer ou sont dans des camps de réfugiés. Certains espèrent que leurs dirigeants sauront répondre à leurs espoirs ; d'autres commencent à comprendre qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour sauver leur peau en incarnant, comme le disait le Mahatma Gandhi, le changement qu'ils souhaitent pour le monde."

Extrait de l'introduction de son livre "Un défi pour l'Afrique".

Nathasha Pemba

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