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Nathasha Pemba- Le Sanctuaire de la Culture

Articles avec #en douze citations

Emmanuel Dongala en douze citations

28 Juillet 2020, 19:02pm

Publié par Nathasha Pemba

Citations Emmanuel Dongala
Photo: LABC

heart​​​​​​"Dans ce monde où tu grandis et voyages, il ne faut rien prendre pour argent comptant. Souvent, beaucoup de choses se cachent derrière l’apparence des choses. Un décor a toujours son envers, n’oublie jamais cela.”

(La sonate à Bridgetower)

heart"Entre retrouver le bonheur de son foyer et vivre dans le mensonge, il fallait choisir, hélas. La réalité est que, parfois, un mensonge peut mieux sauvegarder un mariage que la vérité toute."

(La photo de groupe au bord du fleuve)

 

heart"- Mais papa, à quoi va servir la démocratie?
- A vivre pleinement sa vie!
- Super. Vivre pleinement sa vie. Il y n'y aura donc plus de soirs où on dormira sans manger?
- Euh... ce n'est pas tout à fait ça... On pourra lire les livres qu'on veut, entreprendre ce que l'on veut. Etre libre Michel, être libre!
- Mais c'est quoi être libre papa?
- Ecoute Michel... ... ...de questionnement en questionnement, il arrive un moment où les questions n'auront plus de sens. C'est quoi être libre? Comment expliquer pleinement la liberté à un gosse de quatorze ans ?"

(Les petits garçons naissent aussi dans les étoiles)

 

heart"Il n’y a pas plus dure contre une femme qu’une autre femme, déclare Laurentine, sentencieuse. La solidarité entre femmes s’arrête là ou commence la jalousie."​​​​​​

(Photo de groupe au bord du fleuve)

 

heart"J'ai donc demandé à mon cerveau de se taire. De faire autre chose. Lire par exemple. Lire un livre sous les sifflements de roquettes comme on lit un roman avec de la musique en arrière-fond. Un livre peut vous faire oublier la mort. Cette pensée m'a fait sourire."

(Johnny chien méchant)

 

heart"Ces hommes qui ont volé nos cailloux pensent que nous sommes femmes et que nous allons nous taire comme d’habitude. Quand ils nous battent au foyer, nous ne disons rien, quand ils nous chassent et prennent tous nos biens à la mort de nos maris, nous ne disons rien, quand ils nous paient moins bien qu’eux-mêmes, nous ne disons rien, quand ils nous violent et qu’en réponse à nos plaintes il disent que nous l’avons bien cherché, nous ne disons toujours rien et aujourd’hui ils pensent qu’en prenant de force nos cailloux, encore une fois, nous ne dirons rien. Eh bien non ! Cette fois-ci ils se trompent ! Trop, c’est trop !"

(Photo de groupe au bord du fleuve)

 

heart"Ah ! J.C ; tu étais plus sincère que nous, tu avais une foi désintéressée ; la nôtre, l'était-elle ? Que voulions-nous dire vraiment, dans la turbulence de ces années soixante, quand nous parlions de libérer l'homme noir, de cesser l'exploitation de l'homme par l'homme ?"

(Jazz et vin de palme)

 

heart"C'est avant le départ de l'enfant pour la danse qu'il faut lui donner des conseils et non pas à son retour."​​​​​​

(Photo de groupe au bord du fleuve)

 

heart"La vie c’est de nombreux petits nuages gris dans un grand ciel bleu. Efforce-toi de toujours écarter ces nuages pour que le monde soit toujours un grand ciel bleu."

(Les petits garçons naissent aussi dans les étoiles)

 

heart"Jusque-là, comme tous les opprimés, il savait ce que voulait dire ne pas être libre, mais il ne savait pas ce qu'était la liberté. Ne pas être libre était quelque chose de physique que l'on ressentait en soi, dans sa chair. La liberté se définissait en creux."

(La sonate à Bridgetower)

 

heart"Étonnant comment la bonté et la solidarité pouvaient se manifester spontanément chez des gens inconnus lorsque les circonstances s'y prêtaient. Peut-être qu'après tout, le monde n'était pas si méchant que ça."

(Photo de groupe au bord du fleuve)

 

heart"Père, comment cela a-t-il pu arriver ?"
Son père bougea à peine ; ses yeux éclairés faiblement par les lumières de la nuit étaient comme tournés à l'intérieur de lui-même. Il murmura :
" Mon fils, c'est toujours trop tard quand on comprend. Prends une forêt touffue, coupes-en un arbre, personne ne s'apercevra de rien ; continue à en couper et, au bout d'un moment, on aura le sentiment diffus que cette forêt n'est plus tout à fait ce qu'elle était sans vraiment savoir pourquoi ; continue encore et un beau jour, brusquement, on réalise : tiens, cette forêt a vraiment changé ! C'est alors trop tard."

(Le feu des origines)

 

heartLe Sanctuaire de la cultureheart

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Marilynne Robinson en douze citations

10 Juin 2020, 06:38am

Publié par Nathasha Pemba

heartComme je le dis à mes étudiants : le langage est musique. L’écriture s’apparente à la notation musicale. La musique d’un texte de fiction révèle la façon dont on doit le lire, et, au sens le plus large, ce qu’il signifie. Il est essentiel de ne pas oublier que les personnages eux-mêmes ont une musique, une tonalité et un tempo, exactement comme les personnes réelles. Pour les rendre crédibles, vous devez toujours sentir ce qu’ils diraient ou ne diraient pas.

(Quand j'étais enfant, je lisais des livres)

 

heartTous les auteurs que je connais, lorsqu’on leur demande comment on devient écrivain, répondent par un seul mot : Lisez.

(Quand j'étais enfant, je lisais des livres)

 

heartLe sommeil est bel et bien une miséricorde. On le sent approcher, on se prépare à être emporté [...]. Il fallait faire confiance au sommeil, sinon il vous laissait là, à attendre...

(Lila)

 

heartJe t'ai dit hier soir que je partirais peut-être un jour. Tu m'as demandé : Où ? Je t'ai répondu : Rejoindre le Seigneur. Alors, tu m'as demandé : Pourquoi ? Et je t'ai répondu : Parce que je suis vieux. Tu m'as dit : Je ne te trouve pas vieux. Tu as mis ta main dans la mienne et tu m'as dit : Tu n'es pas très vieux - comme si le problème était réglé.

(Gilead)

 

heartJ'ai toujours aimé l'expression "nourrir un ressentiment", car beaucoup de gens prennent soin de leur ressentiment comme s'il leur tenait particulièrement à coeur.

(Gilead)

 

heartIl y a mille millions de raisons de vivre cette vie, et chacune d'entre elles est pleinement suffisante.

(Gilead)

 

heartIl y a beaucoup de choses sous la surface de la vie, tout le monde le sait. Beaucoup de malveillance, de peur, de culpabilité, et beaucoup, beaucoup de solitude, là où on ne s'attendrait pas en trouver, d'ailleurs.

(Gilead)

 

heartQuand les gens viennent me parler, peu importe ce qu'ils me disent, je suis frappé par une sorte d'incandescence en eux, ce "je" dont le prédicat peut être "aime", "crains" ou "veux" et dont l'objet peut être "quelqu'un" ou "rien" sans que cela ait vraiment d'importance, car la beauté réside dans cette simple présence, qui prend forme autour du "je" comme une flamme autour d'une mèche et qui se diffuse sous forme de souffrance ou de culpabilité ou de joie ou de n'importe quoi d'autre. Mais toujours vive, et pleine de désir et de ressources. Contempler cet aspect de la vie est un privilège du saint ministère que l'on mentionne rarement.

(Gilead)

 

heartL'expérience leur avait appris que la vérité était pourvue de rebords coupants et d'angles aigus, et pouvait entrer sévèrement en contradiction avec la gentillesse.

(Chez nous)

 

heartEt il y avait aussi ce silence exaltant dont elle n’avait jamais éprouvé nul besoin de parler. Son père avait toujours dit : Dieu n’a pas besoin de notre culte. Nous faisons nos dévotions pour élargir notre sens du sacré, afin de sentir et connaître la présence du Seigneur, qui est avec nous toujours. Il avait dit : C’est d’amour dont il s’agit, d’un amour plus élevé, et du plaisir que procure une présence aimante.

(Chez nous)

 

heart​​​​​​Ça fait tellement longtemps que le monde existe, c’est comme si tout avait un sens. On sait jamais exactement ce qu’on prend entre les mains, donc va falloir que tu fasses très attention.

(Lila)

 

heartJ’ai dans l’idée que je ne te verrai plus jamais. Dans cette vie. Je te dirais bien de prendre soin de toi, mais j’ai peur que, ça non plus, tu ne le fasses pas. Enfin, n’hésite jamais…

(Chez nous)

 

Le Sanctuaire de la Culture

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Calixte Beyala en douze citations

5 Juin 2020, 06:07am

Publié par Nathasha Pemba

*Calixthe Beyala raille la "République y a bon camembert" de l'UMP ...

heartTu sais ce que je crains le plus au monde ? C'est que chacun prenne ce qu'il y a de pire chez l'autre et perde le meilleur de lui-même. C'est ce qui se passe en ce moment, n'est-ce pas ? Les Noirs sont en train de devenir de mauvais Blancs.

(La plantation)

 

heartL'homme n'a besoin des autres que parce qu'ils donnent un sens à sa vie

​​​​​​(Seul le diable le savait)

 

heartLa laideur appartient à ceux qui la définissent

(Seul le diable le savait)

 

heartUne mauvaise graine est une mauvaise graine, il faut la jeter, sinon elle vous pourrit la récolte.

(Seul le diable le savait)

 

​​​​​heartLa sagesse du monde est la seule rigueur qui vaille.

(Maman a un amant)

 

heartCe n'est pas en jetant un seau d'eau dans la mer qu'on fait remonter la marée.

(Seul le diable le savait)

 

heartVous verrez : mes mots à moi tressautent et cliquettent comme des chaînes. Des mots qui détonnent, déglinguent, dévissent, culbutent, torturent ! Des mots qui fessent, giflent, cassent et broient ! Que celui qui se sent mal à l’aise passe sa route.

(Femme nue, femme noire)​​​​​​

 

heartChaque humain a le choix de son propre destin. Il doit le tenir fermement entre ses dents pour ne pas le perdre.

(Le roman de Pauline)

 

heart[...] il y a tant d'horreurs dans la vie qu'il vaut mieux de temps à autre se décréter aveugle pour ne pas les voir...

(Le roman de Pauline)​​​​​​

 

heartJe dis et j'affirme : en Afrique, tandis que les hommes s'exhibent à tous les niveaux de la hiérarchie sociale, cultivent leur ego à travers leur solidarité dans les clubs, les cafés ou les bars, s'éblouissent de leur propre puissance jusqu'à en perdre la cervelle, manipulent des armes meurtrières et se gonflent de leurs futiles et éphémères victoires, les femmes, sans ostentation, font tourner l'Afrique.

(Lettre d'une africaine à ses soeurs occidentales)

 

heartComme disait grand mère : " Chaque fois que tu grimperas dans l'arbre, il y aura toujours un imbécile en dessous qui criera : Regardez, elle a un trou dans sa culotte-eu ! T'auras deux solutions : soit tu te retourneras et tu tomberas - soit tu continueras à grimper à l'arbre !
(La petite fille du réverbère)
 
 
heartTu sais l'ami, l'exclusion érigé en système. Non, tu ne peux pas savoir, trop occupé par les tiens. Je te vois qui souris à la vie. Tu parles tendresse, étourdi du même parfum. Une seule et unique femme. Même ses trahisons te comblent. Mais ces chemins faciles me sont refusés. Alors écoute : la haine, la violence, ou l'indifférence. Le travail qui vole la vie de chaque instant. les crimes, les rafles.  lls fouillent. Ils ne tuent pas, ils humilient, ils abîment.
(Le petit prince de Belleville)
 
Le Sanctuaire de la culture
 
 

​​​​​Photo: Site de POETAS SIGLO XXI

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Grégoire Delacourt en douze citations

6 Mai 2020, 03:01am

Publié par Nathasha Pemba

heart"Je possédais ce que l'argent ne pouvait pas acheter mais juste détruire. Le bonheur. Mon bonheur, en tout cas. le mien. Avec ses défauts. Ses banalités. Ses petitesses. Mais le mien".

La liste de mes envies

 

heart"On passe une vie à remplir une maison ; et quand elle est pleine, on casse les choses pour pouvoir les remplacer, pour avoir quelque chose à faire le lendemain. On va même jusqu'à casser son couple pour se projeter dans une autre histoire, un autre futur, une autre maison. Une autre vie à remplir."

La liste de mes envies

 

heart"Moi les mots, j'aime bien. J'aime bien les phrases longues, les soupirs qui s'éternisent. J'aime bien quand les mots cachent parfois ce qu'ils disent; ou le disent d'une manière nouvelle. Quand j'étais petite, je tenais un journal. Je l'ai arrêté le jour de la mort de maman. En tombant, elle a aussi fait tomber mon stylo et se fracasser plein de choses."

La liste de mes envies

 

heart"Parce que nos besoins sont nos petits rêves quotidiens. Ce sont des petites choses à faire qui nous projettent à demain, à après-demain, dans le futur; ces petits riens qu'on achètera la semaine prochaine et qui nous permettront de penser que la semaine prochaine , on sera encore vivants".

La liste de mes envies

 

heart"La vie est la courte distance entre deux vides. On gesticule pour la remplir. On traîne pour l'étirer. On voudrait qu'elle s'éternise. On s'invente même parfois des doubles vies. On respire et on ment. On regarde sans voir. On veut profiter de tout et tout glisse entre les doigts. On aime et c'est déjà fini. On croit au futur et le passé est déjà là. On est si vite oublié. On ne veut pas perdre et, lorsque vient la fin, on refuse de baisser les paupières. On refuse la poignée de terre sur notre peau glacée. Il faut pourtant savoir lâcher prise."

Danser au bord de l'abîme

 

heart"Je me suis dit que le bonheur on ne le sait qu'après; on ne sait jamais qu'on est en train de le vivre, contrairement à la douleur".

On ne voyait que le bonheur

 

heart"Je découvre avec amertume que nos souffrances ne sont jamais profondément enfouies, nos corps jamais assez vastes pour y enterrer toutes nos douleurs".

Danser au bord de l'abîme

 

heart"On ne doit pas redonner vie à nos amours d'enfance. On doit les laisser là où elles sont: dans l'obscurité confortable des souvenirs. Là où les promesses ébauchées, les caresses imaginées, oubliées, la nostalgie des peaux, des odeurs, là où les rêves enfouis se bonifient et écrivent la plus belle histoire".

Les quatre saisons de l'été

 

​​​​​​heart"Ce qu'on a vécu de beau devient-il laid parce que la personne qui embellissait votre vie vous a trahi? Le cadeau merveilleux d'un enfant devient-il ignoble parce que l'enfant est devenu assassin ?"

La liste de mes envies

 

heart"Parce que nos besoins sont nos petits rêves quotidiens. Ce sont nos petites choses à faire qui nous projettent à demain, à après demain, dans le futur ; ces petits riens qu'on achètera la semaine prochaine et qui nous permettent de penser que la semaine prochaine, on sera encore vivants".

La liste de mes envies

 

heart"Le désir ne tient pas toute une vie, m'avait-elle dit.
L'amour non plus, lui avais-je répondu. Moi, je crois au premier regard, maman. Je crois à la première impression. Je crois au langage de la chair. Au langage des yeux. Au vertige. À la foudre.
- Ce à quoi tu crois, ma petite fille, cela aboutit au chagrin".

Danser au bord de l'abîme

 

heart"Il n'y a pas de retour en arrière dans la vie. Pas de bouton qui permet de rembobiner les images : éloigner un couteau de la gorge d'un fils et le rengainer dans son fourreau, pas plus qu'on ne peut remonter sur un plongeoir par la voie des airs et s'y retrouver à nouveau sec, les bras en croix. On ne peut qu'avancer. On ne peut que tomber".

Mon père

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Elena Ferrante en douze citations

2 Mai 2020, 07:53am

Publié par Nathasha Pemba

1* Je ne crois pas que les livres aient besoin des auteurs, une fois qu'ils sont écrits. S'ils ont quelque chose à raconter, ils finiront tôt ou tard par trouver des lecteurs. Les exemples sont nombreux. J'aime beaucoup ces mystérieux ouvrages d'époques ancienne et moderne dont les auteurs demeurent incertains, mais qui ont eu et continuent d'avoir une vie intense.

"Frantumaglia: L'écriture de ma vie"

 

2* Des mots : avec des mots on fait et on défait comme on veut.

"L'amie prodigieuse, Tome 2"

 

3* Si on n'essaie pas, rien ne change jamais.

"L'amie prodigieuse, tome 1"

 

4* Pour produire des idées, il n'est pas nécessaire d'être un saint. De tout façon, les vrais intellectuels, il y en a très peu. La plupart des gens cultivés passent leur vie à commenter paresseusement les idées des autres. Leur énergie est principalement consacrée à exercer leur sadisme pour contrer tout rival potentiel.

"L'amie prodigieuse, Tome 4"

 

5*Ainsi les hommes, étourdis de plaisir, sèment-ils distraitement leurs graines. Ils nous fécondent, emportés par leur orgasme. Ils entrent en nous puis se retirent, laissant leur fantôme caché dans notre chair, comme un objet perdu.

"L'amie prodigieuse, Tome 3"

6* Nous avions grandi en pensant qu'un étranger ne devait même pas nous effleurer alors qu'un parent, un fiancé ou un mari pouvaient nous donner des claques quand ils le voulaient, par amour, pour nous éduquer ou nous rééduquer.

"​​​​​​​​​​​​L'amie prodigieuse, tome 2"

 

7*Même au sein d'un couple qui s'aime, bien des paroles demeurent indicibles, et le risque est grand que d'autres personnes les prononcent, provoquant la destruction de ce couple.

"L'amie prodigieuse, tome 4"

 

8* Les hommes ont toujours quelque chose de pathétique, à tout âge. Une arrogance fragile, une audace craintive.

"Poupée volée"

 

9* Parfois, il faut fuir pour ne pas mourir

"Poupée volée"

 

10* Le moindre choix a son histoire, et beaucoup d'événements de notre existence restent tapis dans un coin en attendant le moment de surgir, et ce moment finit par arriver.

"L'amie prodigieuse, Tome 3"

 

11* Un long lambeau de vie passée ensemble et on pense que c’est le seul et unique homme avec qui on aimera vivre sa vie, on lui attribue certaines vertus résolutoires, et c’est, au contraire, seulement un bois émettant des sons de fausseté, on ne sait qui il est véritablement, il ne le sait pas davantage lui-même. Nous sommes des occasion​​​​​​

"Les jours de mon abandon"

 

12* Qu'ils soient bons ou mauvais, les hommes pensent tous qu'à chacune de leurs entreprises les femmes devraient les placer sur un autel comme s'ils étaient saint Georges terrassant le dragon.

"L'amie prodigieuse, tome 3​​​​​​"

Nathasha Pemba

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Mongo Beti en douze citations

21 Avril 2020, 23:17pm

Publié par Nathasha Pemba

1-"Chacun sait bien que la pénombre jamais ne découragea la curiosité populaire".

(Trop de soleil tue l'amour)

 

2-"Dans la vie, songeait-il, ce qu'il faut, c'est ne jamais se décourager; il faut toujours lutter; nul ne sait où est fourrée sa chance; un jour, il la découvre par hasard, en fouinant".

(Ville cruelle)

 

3-"Là où le peuple a été trop longtemps tenu à l'écart des lumières du droit, le vice devient la norme, le tortueux la règle, l'arbitraire la vertu".

(Trop de soleil tue l'amour)

 

4-"Le drame dont souffre notre notre peuple, est celui d 'un
homme laissé à lui-même dans un monde qui ne lui appartient pas , un monde qu'il n'a pas fait, un monde où il ne comprend rien ."

(Mission terminée)​​​​​​

 

5-"La vie est conçu toujours comme une lutte cruelle, sans merci, mais où, désormais, l'espoir de vaincre serait permis."

(Ville cruelle)

 

6-"À chaque fois qu'il t'arrive un malheur, cherches-en la cause en toi-même, d'abord en toi-même."

(Ville cruelle)​​​​​​

 

7-"Il est difficile de concevoir une humanité aussi méprisable autrement que marchant rapidement vers un destin moins féroce, traversant fébrilement la nuit pour déboucher sur la clarté âcrée du jour."

(Ville cruelle)

 

8-"La bouche qui mange ne parle pas."

(Trop de soleil tue l'amour)

 

9-"C'est toujours calamiteux, un destin dans une république bananière, parce que le malheur n'y a jamais de fin."

(Trop de soleil tue l'amour)

 

10-"Ce n'est pas parce que l'on a rendu l'âme qu'on est vraiment mort."

(Trop de soleil tue l'amour)​​​​​​​​​​​

 

11-"Il faut dire que, si, après une longue période de dictature, des exilés, que favorise une circonstance imprévue, reviennent en masse au pays, ce n'est pas rassurant pour le pouvoir ; mais, contrairement à ce que l'on pourrait croire a priori, ce n'est pas tellement plus rassurant non plus pour l'ensemble de la société en place, trop bien façonnée par le temps et les habitudes, trop résignée à ce qu'on appelle la force des choses. [...] Les nouveaux venus ont des aspirations, un langage, un comportement non seulement étrangers, mais incompréhensibles, voire odieux. Le contraste de leurs façons de vivre avec les us traditionnels n'est-il pas un miroir où la société majoritaire lit nécessairement son arriération et sa décrépitude ?​​​​​​"

(Trop de soleil tue l'amour)

 

12-"Il y a un propos qu'un Africain ne doit jamais tenir devant un Français désormais, celui qui consiste à l'accuser de recolonisation. Ce soupçon met les toubabs français dans un état d'exaspération proche de la rage. Et si c'était vrai que seule la vérité blesse ?"
(
Trop de soleil tue l'amour)

 

Le Sanctuaire de la Culture

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Dany Laferrière en douze citations

30 Janvier 2020, 01:08am

Publié par Nathasha Pemba

Crédit photo: Lapresse.ca

1-"Il arrive toujours ce moment où l'on ne se reconnaît plus dans le miroir à force de vivre sans reflet"

(L'énigme du retour)

 

2-"Aujourd'hui à cinquante-six ans, je réponds non à tout. Il m'a fallu plus d'un demi-siècle pour retrouver cette force de caractère que j'avais au début. La force du non. Faut s'entêter. Se tenir debout derrière son refus. Presque rien qui mérite un oui. Trois ou quatre choses au cours d'une vie. Sinon il faut répondre non sans aucune hésitation"

(L'énigme du retour)

 

3-Ma mère, elle, ne crie jamais. Elle n'élève jamais le ton, mais si on la connait bien, on peut facilement entendre ses hurlements. Elle a simplement converti les cris en sarcasmes. Cela fait moins de bruit, mais plus de mal.-

(Le goût des jeunes filles)

 

4- "Il y a des écrivains qui nous apprennent des choses. Certains deviennent des amis. Des gens proches de notre sensibilité. Dans la littérature ou dans la vie. Dans la littérature on peut avoir un ami qui vit au Moyen-âge "​​​​​​

(Journal d'un écrivain en pyjama)

 

5- "Chacun porte en soi la même somme d'énergie à dépenser sauf que la flamme est plus vive quand son temps pour brûler est plus bref"

(L'énigme du retour)

 

6-"Ce n'est pas toujours simple pour celui qui vient d'un pays d'été où tout le monde est noir
de se réveiller dans un pays d'hiver où tout le monde est blanc.
Certains jours on ne voit les choses qu'en noir et blanc"

(Chronique de la dérive douce)

 

7-"Eviter d'écrire en nouveau riche qui veut étaler tout ce qu'il sait. Il faut permettre au lecteur de découvrir qui on est. Et c'est par le style que cela est possible. Moins vous faites de littérature, plus vous êtes dans l'écriture. Il faut écrire au plus près de soi, c'est la seule façon d'être original"

(Journal d'un écrivain en pyjama)

 

8-"L’exil est pire que la mort pour celui qui reste"

(Le cri des oiseaux)

 

9-"Je reste convaincu que la meilleure école d'écriture se fait par la lecture. C'est en lisant qu'on apprend à écrire. Les bons livres forment le goût. Nos sens sont alors bien aiguisés. On sait quand une phrase sonne juste parce qu'on en a lu souvent de bonnes. Le rythme et la musique finissent par courir dans nos veines. Le juge est invisible, car il est tapi en nous. Il est impitoyable. Déjà il critique nos choix de lectures, nos goûts, nos idées, nos intentions. Rien ne lui échappe. C'est une identité nouvelle. Et le talent s'infiltrera en nous à notre insu. Pour le reste, il s'agit de persévérer. Mais il faut savoir qu'on est un écrivain. C'est avant d'écrire qu'on est un écrivain"

(Journal d'un écrivain en pyjama)

 

10-"On sait ce qu'on a écrit, mais le résultat reste quand même surprenant. Ecrire est une opération différente de celle de lire. Quand j'écris, j'y mets le fond de mon âme, et voilà que je lis tout à fait autre chose"

(Le goût des jeunes filles)

 

11- "Dans la vie on prend toujours le mauvais chemin au bon moment"

(Je suis un écrivain japonais)

 

12-"La langue est un vêtement, et l’élégance suprême, pour moi, c’est plutôt quand on ne remarque pas le costume. Je n’essaie pas de la cacher, je tente de l’éliminer. La culture m’intéresse, pas la langue. c’est pour cela que la francophonie me laisse totalement froid. La langue vulgaire me suffit amplement. Si le musicien est mauvais, tu peux lui donner un Stradivarius que ça ne changera rien. Je regrette de ne pas avoir connu l’anglais au moment où j’écrivais Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer, sinon je l’aurais écrit en anglais"

(J'écris comme je vis)

 

Le Sanctuaire de la Culture

 

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Alain Mabanckou en douze citations

1 Décembre 2018, 15:27pm

Publié par Nathasha Pemba

crédit photo Bozar

1-Vous êtes indépendants depuis bientôt un demi siècle et tu me dis qu’il n’y a qu’une seule route ? Qu’est-ce que vous avez foutu pendant tout ce temps ?

(Black Bazar)

2-Je considère les rencontres insolites, les lieux, les voyages, les auteurs et l'écriture comme un moyen de féconder un humanisme où l'imaginaire serait aussi bariolé que l'arc-en-ciel et nous pousserait à nous remettre en question. Le défi consiste à rapporter de nos différentes "appartenances" ce qui pourrait édifier positivement un destin commun et assumé.

(Le monde est mon langage)

 

3-J' ai choisi depuis longtemps de ne pas m'enfermer, de ne pas considérer les choses de manière figée, mais de prêter plutôt l'oreille à la rumeur du monde.
je ne suis pas devenu écrivain parce que j'ai quitté mon pays natal. En revanche, j'ai posé un autre regard sur celui-ci une fois que je m'en suis éloigné. (...). Le déplacement a contribué à renforcer en moi cette inquiétude qui fonde à mes yeux toute démarche de création: on écrit peut-être parce que "quelque chose ne tourne pas rond", parce qu'on voudrait remuer les montagnes ou introduire un éléphant dans le chat d'une aiguille. L'écriture devient alors un enracinement, un appel dans la nuit et une oreille tendue vers l'horizon..

(Le monde est mon langage)

 

4-Shakespeare a dit "Etre ou ne pas être", c'est la question", et le chef des nègres a dit "non, c'est pas bon, nous n'en sommes plus à nous demander si nous sommes ou ne sommes pas, nous avons déjà résolu la question puisque nous sommes au pouvoir depuis vingt-trois ans".

(Verre cassé)

 

5-L'Afrique n'est plus seulement en Afrique. En se dispersant à travers le monde, les Africains créent d'autres Afriques, tentent d'autres aventures peut-être salutaires pour la valorisation des cultures du continent noir. (...) Nous avons besoin d'une confrontation, d'un face à face des cultures. Peu importe le lieu. 

(Le sanglot de l'homme noir)

 

6-Dans le dernier paragraphe de ton courrier tu me demandes pourquoi j'écris, j'ai pris cette question comme un appel au secours. Un écrivain ne doit pas chercher à comprendre pourquoi il écrit, comme s'il cherchait des excuses pour se faire pardonner les audaces de sa vision du monde; t'es-tu par exemple demandé pourquoi tu marches ? Et lorsque tu marches , contrôles-tu tes pas ? L'écriture est une marche, sauf qu'on a une multitude de jambes, et on ne sait jamais à quelle destination on arrivera.. 

(Le monde est mon langage)

 

7-D'ailleurs, il y a des périodes ou nous sommes traversés par une idée d'éternité. Nous nous disons que nous avons le temps de tout accomplir. Et puis le corbillard qui passe, la mort du voisin, le crime entendu à la radio ou lu dans le journal nous rappellent notre condition de passager sur terre ...

(African psycho)

 

8-Si vous voyez un sourd courir, mes petits, ne vous posez pas de questions, suivez-le car il n'a pas entendu le danger, il l'a vu.

(Mémoires de Porc-épic)

 

9-Chaque enfant du continent noir dessine au fond de lui cette terre lointaine où tombe la neige. Une terre d'abondance, de bonheur. Et ce rêve est sans doute la source de la fascination aveugle qui possède les migrants africains aux aventures les plus tragiques. Le chemin d'Europe devient alors un chemin de croix.

(Le sanglot de l'homme noir)

 

10-Alors n’ouvre ta bouche que lorsque ce que tu dis est plus beau que le silence, merde !

(Petit piment)

 

11-Les vieilles mamans n'ont jamais tort, elles ont un nez qui sent les ennuis venir de loin, de très loin...

(Les cigognes sont immortelles)

 

12-Le péché arrive souvent en blaguant.

(Petit piment)

 

Le sanctuaire de la Culture

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Mariama Bâ en douze citations

26 Janvier 2018, 00:07am

Publié par Le Sanctuaire de la Culture

1-La femme ne doit pas être l’accessoire qui orne. L’objet que l’on déplace, la compagne qu’on flatte ou calme avec des promesses. La femme est la racine première, fondamentale de la nation où se greffe tout apport, d’où part aussi toute floraison. Il faut inciter la femme à s’intéresser davantage au sort de son pays.

2-L’amitié a des grandeurs inconnues de l’amour. Elle se fortifie dans les difficultés, alors que les contraintes massacrent l’amour. Elle résiste au temps qui lasse et désunit les couples. Elle a des élévations inconnues de l’amour.

3-Pour vaincre la détresse quand elle vous assiège, il faut de la volonté. Quand on pense que chaque seconde écoulée abrège la vie, on doit profiter intensément de cette seconde, c’est la somme de toutes les secondes perdues ou cueillies qui fait les vies ratées ou réussies. Se muscler pour endiguer les désespoirs et les réduire à leur juste proportions ! Quand on se laisse mollement pénétrer par l’amertume, la dépression nerveuse guette. Petit à petit, elle prend possession de votre être.

4-Puissance des livres, invention merveilleuse de l’astucieuse intelligence humaine. Signes divers, associés en sons ; sons différents qui moulent le mot. Agencement de mots d’où jaillissent l’Idée, la Pensée, l’Histoire, la Science, la Vie,. Instrument unique de relation et de culture, moyen inégalé de donner et de recevoir. Les livres soudent des générations au même labeur continu qui fait progresser. Ils te permirent de te hisser. Ce que la société te refusait, ils te l’accordèrent.

5-Tu veux dissocier l’amour tout court et l’amour physique. Je te rétorque que la communion charnelle ne peut être sans l’acceptation du cœur, si minime soit-elle. Si tu peux procréer sans aimer, rien que pour assouvir l’orgueil d’une mère déclinante, je te trouve vil. Dès lors, tu dégringoles de l’échelon supérieur, de la respectabilité où je t’ai toujours hissé. Ton raisonnement qui scinde est inadmissible.

6-Allez leur expliquer qu’une femme qui travaille n’en est pas moins responsable de son foyer. Allez leur expliquer  que rien ne va si vous ne descendez pas dans l’arène, que vous avez tout à vérifier, souvent tout à reprendre : ménage, cuisine, repassage. Vous les enfants à débarbouiller, le mari à soigner. La femme qui travaille a des charges doubles aussi écrasantes les unes que les autres, qu’elle essaie de concilier. Comment les concilier ? Là réside tout un savoir-faire qui différencie les foyers.

7-Chaque vie recèle une parcelle d’héroïsme, un héroïsme obscur fait d’abdications, de renoncements et d’acquiescements, sous le fouet impitoyable de la fatalité.

8-Tu me diras : la vie n’est pas lisse. On y bute sur des aspérités. Je sais aussi : nul mariage n’est lisse. Il reflète les différences de caractère et de potentiel sentimental. Dans tel couple, l’homme est victime d’une volage ou d’une femme emmurée dans ses préoccupations propres, qui refuse tout dialogue et brise tout élan de tendresse. Dans tel autre, l’alcoolisme est la lèpre qui ronge santé, avoir, paix. Il met en scène le dérèglement de l’individu qu’il détruit, dans des spectacles grotesques qui sapent la dignité ; dans les drames où les coups de poings sont des arguments solides et la lame menaçante d’un couteau, un appel infaillible au silence.

9-Tu oublies que j’ai un cœur, une raison, que je ne suis pas un objet que l’on se passe de main en main. Tu ignores ce que se marier signifie pour moi : c’est un acte de foi et d’amour, un don total de soi à l’être que l’on a choisi.

10-La femme ne doit pas être l’accessoire qui orne. L’objet que l’on déplace, la compagne qu’on flatte ou calme avec des promesses. La femme est la racine première, fondamentale de la nation où se greffe tout apport, d’où part aussi toute floraison. Il faut inciter la femme à s’intéresser davantage au sort de son pays.

11-La réaction est humaine de se donner une large portion quand on partage le gâteau.

12-Plus on est responsable, plus on le sent ; la misère vous serre le cœur et vous n’avez pas de prise sur elle. Il s’agit de toutes les misères matérielles et morales.

Le Sanctuaire de la Culture

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Michel Tremblay en douze citations

8 Décembre 2017, 04:47am

Publié par Le Sanctuaire de la culture

1-Ouvrir un livre demeure l'un des gestes les plus jouissifs, les plus irremplaçables de la vie.

(Un ange cornu avec des ailes de tôle)

2-C’est un drôle de mot , succomber. C’est un mot qui fait honte après, qu’on trouve laid, mais qui est tellement différent pendant que ça se passe! Succomber quand t’es pas mariée, ça fait peur avant, t’as honte après, mais si t’es en amour, c’est tellement magnifique pendant! 

(La diaspora des Desrosiers, Tome 2 : La traversée de la ville)

3-la guerre, c’était toujours la même chose : deux gangs d’hommes orgueilleux et arrogants qui soulaient se montrer les plus forts en essayant par tous les moyens et de façon définitive de voler tout ce que les autres possédaient. Rhéauna, pour sa part, trouve que cette interprétation simpliste n’explique pas, n’excuse pas, surtout, les centaines de milliers de mort, les villes détruites, les vies brisées. Tout ça juste à cause de l’orgueil des dirigeants? Est-ce que c’est possible? 

(La traversée des sentiments)

4-Mais un double coucher de soleil, quelle aubaine! D'abord le coucher de soleil lui-même, magique, sublime, puis, en plus, son propre reflet brouillé par le mouvement des vagues, ses couleurs transfigurées par l'eau, le rouge devenu or strié de vert, l'or devenu vert bariolé de rouge, les nuages qui se regardent le ventre, qui se comparent et se jaugent les uns les autres en faisant les importants qui rivalisent de lumière, tout ça mêlé, brassé, culbuté, inversé, la moitié supérieure solennelle, impressionnante, la moitié inférieure furieuse et folle. Une fin du monde silencieuse, une symphonie sans musique.

(La Traversée du continent)

5-Je souffre au passé, vous souffrez au futur. Quant au présent, il ne nous appartient pas.

(Contes pour buveurs attardés )

6-Personne ne peut résister à l'incroyable quand il se présente.La curiosité est trop forte.Plus que la peur de mourir.

(Le trou dans le mur )

7-Ces fréquentations platoniques, si peu communes dans ce milieu où la sexualité est la plupart du temps le ciment et l’essence d’une relation, l’étonnaient et piquaient sa curiosité. Cette danse du paon à laquelle ils s’adonnaient l’un et l’autre depuis quelques jours sans oser s’aventurer plus loin avait quelque chose d’agréable et d’excitant qu’il n’avait jamais connu et qu’il avait le goût d’explorer.

(Le coeur découvert )

8-J'aime les livres, je I' ai assez dit jusqu'ici, j'aime les palper,les feuilleter,les humer; j'aime les presser contre moi et les mordre; j'aime les malmener, les sentir vieillir entre mes doigts, les tacher de café- sans toutefois faire exprès-, y écraser de petits insectes, l'été, et les dépose n 'importe où ils risquent de se salir, mais quand je vois pour la première fois un de mes livres à moi, un enfant que j'ai pensé,pondu, livré, l'émotion est tellement plus forte, la joie tellement plus vive, que le monde s 'arrête littéralement de tourner. Je ressens une petite secousse comme lorsqu'un ascenseur s'arrête, mes genoux se dérobent, mon coeur tape du pied comme ma grand-mère Tremblay sur le balcon de la rue Fabre quand j 'étais enfant, et chaque fois – ce livre-ci sera le quarantième -, je pense à maman qui n'a jamais su que j 'écrivais, qui est partie doublement trop tôt: parce que je I'aimais et parce que je n'ai jamais pu lui confier les deux secrets de ma vie, mon orientation sexuelle et... Qu'aurait-elle dit en ouvrant le premier livre de son fils qui I'avait si souvent exaspérée?

(Un ange cornu avec des ailes de tôle)

9-Pourquoi Saint-Exupéry avait-il le droit de contourner les règles si strictes de la langue française et pas moi? J'avais envie, moi aussi, de tout revirer à l'envers, de brasser la cage, de trouver une façon qui deviendrait la mienne de détourner tout en les utilisant les lois qu'on m'inculquait depuis dix ans! Et dont je respectais l'utilité sans toutefois avoir envie de les appliquer à la lettre dans un incessant ronron de phrases bien faites mais plates comme un dimanche après-midi pluvieux!

(Un ange cornu avec des ailes de tôle )

10- L’amour ne se trouve pas dans les bars, tout le monde le sait et moi, qui les ai tant pratiqués, plus que tout autre. J’avais trop joué à tomber en amour chaque fois que j’avais rencontré quelqu’un un tant soit peu intéressant, ces dernières années, pour ne pas me faire d’illusions sur l’apparition subite d’un jeune homme aux yeux noirs, libre, malheureux et honnête. J’étais à l’âge où l’état de sugar daddy guettait les professeurs de français arrivés au milieu de leur vie, et celui où on peut encore imaginer jouer les prince Charmant était loin derrière, révolu à jamais.
 
11-Draguer est devenu une occupation fort sérieuse à laquelle il faut s’adonner avec le sourcil froncé et le front plissé. En ces jours où l’allure mâle est redevenue de mise, il suffit de prendre un air mufle dans son déguisement de travailleur manuel pour voir les têtes se tourner même quand, comme moi, on n’est pas très beau.
 
12-La jalousie, cet incessant doute que rien ne peut dompter, cette maladie honteuse exacerbée par l'imagination, alimentée par rien et par tout, la rongeait, grignotait son coeur à petits coups de dents, un animal cruel aux yeux jaunes et aux dents acérées (...).
 
Le Sanctuaire de la Culture

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