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Nathasha Pemba- Le Sanctuaire de la Culture

Articles avec #chroniques et analyses litteraires

Mon Labyrinthe de Destinée Doukaga

26 Janvier 2015, 05:14am

Publié par Nathasha Pemba

« Le tourment d’une orpheline » est la première idée qui m’est venue à l’esprit lorsque je suis arrivée à la dixième page de ce roman autobiographique. Je l’ai noté sur un bout de papier espérant y trouver un synonyme, car je trouvais que « tourment » faisait trop tourmenté. Finalement lisant à la page 25, cette phrase : « Mais la joie de le revoir m’a fait oublier de lui faire part du tourment que j’endurais ». Dès lors, j'ai décidé de garder le titre de ma lecture.

Mon Labyrinthe est un récit autobiographique où l’auteure choisit de faire un bilan des situations vécues durant une période de sa vie. Elle dévoile ce que l’on sait presque déjà de ce qui se passe après la mort des parents, dans plusieurs sociétés africaines post-coloniales. Mais ici cet abandon ou cette «fausse adoption » de la famille maternelle se fait sous fond de guerre, sous fond de véritable hypocrisie. Personne ne connaît l’état psychologique de l’autre. Il y a juste cette habitude de revendiquer les orphelins que l’on retrouve dans plusieurs familles en Afrique. Une revendication fondée sur des intérêts purement matériels. Ou encore une revendication que l’on exhibe pour se faire valoir devant la famille, devant les amis ou encore devant les membres de sa confrérie spirituelle ou politique.

Dieu ne nous commande-t-il pas de prendre soin de la veuve et de l’orphelin ?

Tout allait si bien… jusqu’au jour où la guerre, ces conflits armés provoqués par d’autres personnes pour leur propre intérêt… Il arriva ce jour-là où tout bascula. D’abord l’exil… la mère a toujours parlé de ses origines. C’était un exil sans être un exil. C’était un peu le retour aux sources. Ce moment ou en s’exilant ou en repartant aux sources, on est obligé de faire le tri…où « les rêvent cessent d’exister »… pour plusieurs raisons. La santé, les moyens financiers… et la peur sont présents. Mais aussi la joie de retrouver les siens.

Le retour aux origines a fait de la narratrice et de sa mère, des étrangères… L’étranger qui, comme chez Camus, finira par prendre le cycle et les couleurs de l’absurde. De l’étranger qui est souvent stigmatisé… parce que non connu, parce que différent. Le roman de Camus commence par : « Aujourd’hui maman est morte ». Mais à la différence de Meursault, personnage principal de L’étranger de Camus, dans Mon Labyrinthe, la narratrice n’a pu voir le corps de sa mère. Elle a juste gardé une chose d’elle : un peigne. Sa seule relique après l’amour qui restera toujours gravé dans son cœur. Cet étranger qui finit souvent par se retrouver seul. Cet étranger devenu « indésirable ». Traité « d’ingrat » et dont les tempes seront continuellement martelées par « libérez ma maison ». Pour la narratrice, ce sentiment « d’être de trop » est toujours présent quand on est étranger.

Après l’exil vint la tombe… Ce passage nous a fait penser à Tchitchelle Tchivela (L’exil ou la tombe), mais un peu différemment, car là, pour la mère de la narratrice, ce sera l’exil et la tombe. En effet, elle se serait attendue à tout, sauf à la mort de sa mère car pour elle, sa mère a toujours été éternelle. Cependant, cet exil lui offrira des souvenirs pas toujours gais, mais des tremplins pour aller de l’avant.

Refusant de continuer à être étrangère, la narratrice choisira de rentrer chez elle… où pourtant elle restera étrangère malgré elle.

Surgiront des questionnements qui finiront par mettre la foi entre parenthèses: 

Ma mère n’est plus, Dieu aussi est donc mort ? Sinon réveille-toi. Je ne voudrais pas faire ce que je n’ai pas envie de faire. Pourquoi me laisses-tu seule avec ce lourd destin ? Réveille-toi sinon je me tue 

Choisit-on sa famille ?

Non. Personne en venant au monde ne sait ce qui l’attend même dans sa propre famille. Mais une mère, même quand on ne l’a pas choisie a, avec son enfant, un lien que personne ne peut comprendre. C’est ce que ressent l’enfant dès l’enfance. Et souvent cette mère-là, lorsqu’il n’y a plus ou pas de père devient tout pour nous. L’oncle qui est censé être là. Celui-là même qui attend toujours l’âge nubile de sa nièce pour établir sa liste de la dot. L’oncle le grand responsable. Il se déresponsabilise face à la misère de sa nièce, celle-là même à qui il a donné son nom  

 Personne ne m’a aidé dans ma vie. Je me suis toujours battue seule 

Il y a, par ailleurs, le visage de la cousine-tutrice qui guette des occasions pour foutre à la porte ces « sans familles » qu’elle s’est s’auto-imposée. Encore cette fausse charité baignée d’intérêts et d’égoïsme. Et puis les autres cousines et cousins qui ont toujours été là et qui ont fait ce qu’ils ont pu, car on ne donne que ce que l’on a.

Une image fidèle : Jbs.

L’ami qui ne part pas. L’ami fidèle. L’ami qu’on aurait parfois du mal à situer dans le récit : ami ou petit-ami ? Le lecteur peut souvent se surprendre en train de vouloir que Jbs épouse le personnage principal pour qu’elle s’en sorte enfin.

Durant ces moments désertiques, la narratrice s'est nouée des relations particulières. Avec des êtres particuliers. Le plus présent reste le livre. Duhamel disait « le livre tient désormais lieu de mémoire à l'humanité tout entière, que tout ce que nous savons est dans nos livres, que le livre exige de nous un fort salutaire qu’il nous permet la réflexion et le travail intellectuel, que notre civilisation, en bref, pourrait s’appeler la civilisation du livre » 

Pour la narratrice le livre n’était pas seulement ce médiateur entre elle et le passé et tout ce qui existait, mais aussi un antidote, un exutoire. Elle cite Taty Loutard, Henri Lopes, Mambou Aimé Niali, … des auteurs qu’elle a lu. Mais aussi la musique… beaucoup plus Patience Dabany.

Étudier va rester la seule chose à laquelle la narratrice va s’accrocher. Le seul espoir, et le moment où l’obtention du bac devient le seul moyen de survie. La seule raison de vivre :

 Si j’échoue il ne restera plus qu’à me donner la mort  

Pourquoi aller à l’école, alors qu’elle aurait pu mener une vie facile ? Trouver un homme. Non. Elle préfère rester digne dans sa pauvreté et réussir de ses propres moyens. Elle y croit. Elle y est arrivée.

Quand les portes s’ouvrent, l’optimisme s’installe. On sait que les difficultés reviendront certainement, mais on les regardera avec un autre regard

 J’ai commencé à affronter la vie avec une vision différente, un peu plus optimiste cette fois

À la fin, par simple curiosité, j’ai envie de demander à la narratrice : « Qu’est devenu votre petit-frère. Celui dont vous parlez à la page 50 de votre récit ? ».

En somme, le récit de « Mon Labyrinthe » traduit un malaise : celui des sociétés africaines qui n’ont de cesse de mettre en solde l’humanité de leurs concitoyens. Combien d’enfants, de jeunes sont aujourd’hui dans la rue parce que les gouvernants se détournent de leur mission sociale ? Comment l’État peut-il hypothéquer l’avenir de ses jeunes en trichant avec la réalité ? Les bourses, la corruption… Finalement être pauvre est-ce un anathème ?

Le livre de Destinée Doukaga interpelle… Il invite à marcher

 

Nathasha Pemba

 

Destinée Doukaga, Mon Labyrinthe, Paris, Edilivre APARIS, 2014, 12, 00 euros.

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Le Bal des débutants, de Nadia Origo.

6 Janvier 2015, 16:18pm

Publié par Nathasha Pemba

C’était quand la dernière fois ? Ah oui ! C’était hier… au téléphone. Avec une amie. Nous parlions de ces « groupements ésotériques» qui coptent les jeunes dès la fin de leurs études… ou quelques fois pendant qu'ils sont encore sur le banc de l'école. Ces groupes mystico-philosophiques qui prennent souvent plusieurs noms… car en réalité personne n’ose en parler, puisqu’à vrai dire personne ne sait ce qui s’y déroule. À part peut-être les véritables initiés eux-mêmes. Or un initié ne parle jamais. Mais d’où vient donc que certaines âmes humaines soient au courant des rituels de ces groupes ésotériques? Est-ce l’œuvre des dissidents ? Des traitres ? Des rejetés ? Ou simplement le fruit de l’imagination ? À lire ce roman de Nadia Origo, on ne dirait pas que c’est le cas. Mais un roman qu’est-ce ? D’abord une œuvre fictive. Sinon, quelques fois l’auteur prend le soin de marquer en début de page ou à la fin « histoire inspirée des faits réels. Toute coïncidence avec des faits réels ne serait que fortuite. » Ce n’est pas le cas ici.

De prime abord, je préfère vous avertir que je ne suis pas une critique littéraire. J’écris ou je résume le livre avec mon cœur et selon une compréhension certainement très subjective quoique tout retour de lecture soit toujours plus ou moins subjectif .

Ce type de roman traitant ce genre de sujet est plutôt rare. Un roman de 89 pages qu’on n’a pas envie de finir. Je l’ai lu d’un trait… à la librairie où je venais de l’acheter. Assise devant une tasse de café… mon sac posé au sol, le manteau posé sur le dossier de mon fauteuil. À chaque fois que je lis ce genre de roman, je me dis qu’il méritait peut-être un prix d'encouragement. Mais aussitôt je me ravise… Il y a souvent beaucoup d’œuvres pour un ou deux prix. Le prix n’est donc pas le critère de reconnaissance de la grandeur d’un roman. C’est une récompense.

Pour être original, " Le bal des débutants " l’est simplement. Je pense par ailleurs qu’il a obtenu le succès qu’il a mérité ou qu’il mérite encore. Quand j'ai lu la biographie de l’auteur : « Nadia Origo est titulaire d’un doctorat en Environnement et développement durable », je me suis demandée ce que pouvait porter le contenu du livre. Son livre est un exploit, même si le lecteur, que je suis, aurait voulu plus de détail… plus de précision et plus de description. C’est vrai que le lecteur en veut toujours plus… c’est cela son défaut… ou plutôt sa qualité. Cela dépend de sa situation littéraire.

De quoi parle ce roman ?

L’auteur transporte son lecteur en Afrique centrale au Gabon, à Libreville précisément. Pour avoir voyagé plusieurs fois dans ce pays, je n'ai pas eu de mal à situer certains quartiers comme Kembo, un quartier bien populaire comme Tié-Tié à Pointe-Noire ou encore Okala, une banlieue librevilloise comme Siafoumou à Pointe-Noire. Dans cette ville capitale on croise des Monolistes et des croyants, des athées aussi. Et dans ce milieu de Monolistes, lieu du déroulement de cette fiction, on rencontre Martial. Martial qui comme tous ces jeunes de ces pays africains de la Post-modernité, ne sait pas ce qu’il deviendra à la fin de ses études. Il continuera certainement à être lui, mais comment se réalisera-t-il au niveau professionnel s'il n'a pas de piston? Ces jeunes issus des classes sociales entre le ciel et la terre. Bref ces jeunes sans classe sociale.

D’entrée de jeu, l’auteur à travers un sous titre accrocheur: « l’initiation », parle des recruteurs qui, investis d’un certain pouvoir, partent à la quête des futurs adeptes de leur secte « le Monolisme ».

Martial se pose la question du critère de sélection et ne parvient à y répondre. Toujours est-il qu’il fait partie des recrutés. Il a été choisi pour participer au bal des débutants. Parmi les Monolistes, il y a les élites du pays, mais il y a aussi les modestes, et quelques fois même les «sans classe » qui ont été choisi grâce à leur intelligence. Le bal des débutants est l’événement le plus important de la rentrée chez les Monolistes.

En dehors de Martial, le personnage principal, j'ai été frappée par le visage de Jean-Jacques. Transperçant et poignant, ce jeune symbolise une jeunesse sacrifiée. Une jeunesse envieuse qui ne sait pas se satisfaire de ce qui est à sa portée…et qui finit par se laisser entraîner : « Jean-Jacques l’ancien désœuvré du quartier, ripou et ambitieux dans l’âme, est l’exemple typique de l’affilié modèle » P.7 il a un métier: il est le trouveur des filles promptes à se donner pour des rituels mystiques, moyennant une somme d’argent :

 Extraction du clitoris, collecte de sang de menstruations ou de pertes blanches, sur des femmes volontaires souvent démunies qui ne réalisent pas les implications spirituelles de leur cupidité  

Jean-Jacques est indifférent à tout, sauf à l’argent. Il y trouve un lieu pour une ascension sociale permanemment rêvée et en montre les fruits : une voiture décapotable rouge et des fiches accrochées au coude.

Revenons à Martial, aîné de sa famille et orphelin de père est la proie idéale. Sa mère est vendeuse au marché. Il est recruté après l’obtention de son bac. Il s'y rend. D’abord par curiosité. Puis cette offre : « une bourse dans une grande école supérieure en Occident ». L’encouragement de la mère qui elle-même ne sait pas trop de quoi il s’agit. Elle ne compte que sur « le nom de Jésus ».

Martial décide de tenter sa chance. Finalement il est retenu parmi ceux qui doivent aller étudier à l'étranger. Les futurs cadres du pays. Un parrain a déjà été choisi pour lui. Cet éminent professeur pour qui il a tant d’admiration : un homme simple et droit. À la fin de la conférence organisée par les Monolistes, un livre initiatique lui est remis. Le détail est plus précis :

Fait marquant juste avant la grande parade, quelque chose me trouble. Je reçois un livre initiatique quelque peu étrange. Il s’agit d’un petit livre blanc avec en couverture une épée dorée dont le manche est pris par un nœud marin. Jusqu’ici nous étions restés dans du philosophique un peu étrange. Mais là, le champ sémantique change. Ce livre me pose problème, il me perturbe énormément des êtres bizarres et des objets étranges y sont mentionnés comme partenaires du processus initiatique… 

Cependant lors de la grande parade, Martial nous donne cette occasion de constater qu’après l’initiation, il est devenu membre de la grande famille des Monolistes. Cette grande famille qui tient les rênes du pays, tant au niveau politique qu’au niveau économique. Pourtant malgré qu'il soit déjà initié, il se sent encore étranger dans ce milieu :

Je suis sans doute le plus incrédule de toute la bande, les autres semblent bien savoir pourquoi ils sont là et ce dans quoi ils s’engagent. Ils sont stoïques et captivés tandis que moi je parais dubitatif. Mes yeux parcourent la salle, je scrute le moindre recoin à la recherche d’un regard complice, mais en vain. Les autres dans un silence froid regardant droit devant eux, rien ne semble les distraire. Pour mon voisin de gauche ce n’est qu’une formalité. Depuis trois générations ils sont membres de la secte …  

Jusqu’à la fin de cette parade, Martial se convainc au fond de lui qu’il ne s’agit pas d’une secte bien grave. Entre ces explications et ces détails, même pour le lecteur les choses semblent se préciser. Martial est bel et bien membre d’une secte dont sa réussite sociale lui fait renier certaines réalités. On a l’impression qu’il se brouille volontairement la vue pour ne pas voir ce qu'il doit voir. Alors que Martial se sent bien dans sa peau d’initié Monoliste, il reçoit la convocation du grand Maître « le Victus-Malia’ ». Une convocation urgente.

C’est alors que commence une série d’auto-questionnements.

Le roman de Nadia est un roman d'actualité. Il parle du présent. Il pointe en dévoilant cette mode que personne n’ose nommer de peur de s’attirer la foudre de quelques initiés. Jamais dans les sociétés africaines post-modernes on a autant parlé de "groupes ésotériques" que de nos jours. L’écriture du roman est limpide. Empreinte d’un brin d’humour. Humour pour qui est souvent témoin de la crainte de ceux qui se savent comptables. Une crainte qui les plonge souvent dans une régularité spirituelle extrême, faisant d’eux des maniaques de la religion.

Mais…le monolisme qu'est-ce?

Mono vient du grec "monos"….il signifie "un seul" "l'unique" "l'exclusif"….Nadia pointe donc aussi l'individualisme…une caractéristique du siècle dans lequel nous vivons...

Dois-je conclure?

Nadia entraîne son lecteur dans le monde inconnu de ses groupes mystico-philosophiques qui se sont donnés une mission quasi incontournable au milieu de l’élite de certains pays. Une mission où l’homme « sans classe » est soit manipulé soit simplement écarté. Une mission où le climat social dégénère et où l’on finit par se demander si les notions de vertu, de fraternité et d’humanité prônées dans ces groupes ne sont pas que des slogans. Ce livre est un véritable plaidoyer social, politique et religieux… Il me rappelle la fable de l'écureuil et la noix de palme. L'écureuil savait bien qu'il était interdit d'en manger, mais la noix était tellement belle et pimpante qu'il s'est dit "je vais juste la cueillir et jouer avec elle"… Ensuite, il se dit "je vais juste la poser sur ma langue… mais je ne mâcherai pas"… On connait la suite de ce genre d'histoire. il finit par mâcher et même avaler et la noix se bloque quelque part… il en meurt… rires.

Je vous invite à lire la suite du livre de Nadia pour découvrir les aventures de Martial à travers deux sous-titres bien intrigants: le dilemme et l’exil forcé.

 

Nathasha Pemba

Références

Nadia Origo, Le Bal des débutants, Rungis, La Doxa édition, 2014. 10 euros (6500 cfa) 

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La veuve du Boulanger de Denis Monette

16 Novembre 2014, 14:34pm

Publié par Nathasha Pemba

Je n'ai jamais lu les œuvres de Denis Monette, un écrivain québécois très célèbre. La veuve du boulanger est donc la première que je lis. Mais qu'est-ce qui est important dans une lecture? N'est-ce pas que l'auteur parte à la rencontre de ses lecteurs et que tout en touchant leur sensibilité, il réussisse à leur livrer un message?

Je dirais plutôt que sur ce coup là ! Denis a réussi son coup. Du moins à mon niveau. J'ai beaucoup aimé ce livre. La première des choses qui m'a attiré c'est le résumé de l'histoire inscrit sur la quatrième de couverture:

"Gervaise, veuve à vingt-deux ans d'Auguste Mirette, le boulanger du quartier, rencontre par un curieux hasard Nicolas Delval, un avocat de renom, qui s'en éprend dès qu'il l'aperçoit tellement sa beauté le chavire. Empressé, il fait tout pour la revoir. Puis, follement amoureux, il en informe sa famille de Westmount. Ses parents comme ses deux sœurs sont offensés de le voir fréquenter une veuve d'un quartier populaire. Faisant fi de leurs commentaires, Nicolas épouse secrètement Gervaise et tente de l'intégrer au sein de la bourgeoisie dont il fait partie. Mais la jeune femme est mal acceptée par cette famille qui la regarde de haut, surtout Charlotte et Josiane, ses belles-sœurs, qui la méprisent et la rejettent dès son arrivée. Le temps passe, l'amour semble résister à toutes les embûches, jusqu'à ce que le couple en vienne à se détruire. Gervaise, de nouveau seule, s'engage alors dans un chemin qui la conduira elle ne sait où… Dans les bras de Jean-René, le neveu de son mari ? Ou dans ceux d'un autre ? Ce qu'elle ne cherche pourtant pas, se contentant de l'amour de sa propre famille et de son travail pour noyer ses déboires. Mais le destin, une fois de plus, en décide autrement…"

C'est une histoire d'amour, me suis-je dit. Je vais la lire parce que j'aime les histoires d'amour. Au début on voit Nicolas qui supplie presque le coiffeur pour le faire rencontrer Gervaise, cette fille de la populace et de la basse classe.

En effet, que ne peut donc pas un homme amoureux ou bien qui croit l'être? Un amour fou, une rencontre entre un riche et une pauvre des bas quartiers. Ces histoires comme on les aime. Une belle histoire en somme, celle où chaque fille amoureuse et aimante se retrouve en quelque sorte dans la peau de Cendrillon. Gervaise rêve.

Qu'y a t-il de plus heureux que de trouver l'amour, après cinq années de veuvage? Néanmoins si cette histoire d’amour est une histoire comme on en lit souvent, celle-ci à la particularité d’être unique. Comme toutes les autres d’ailleurs. Avec cette rencontre entre ces deux personnes, un autre tableau va se dessiner. Celui de la classe sociale.

La lectrice que je suis, est conquise par la manière dont l’auteur se dépêtre pour essayer de rester fidèle à son thème sur l’amour. Ce sera bien difficile de réussir un tel pacte, car même si l’amour souvent est mis sur un piédestal, quand le cœur n’y est vraiment pas, on ne pourra même pas dire qu’il y a été une seule fois. Et voilà que l’auteur va nous ramener dans les bas fonds des réalités qui ont prévalu dans le Québec des années 50. Cette division radicale entre les différentes classes. Réalité qui reste encore bien présente aujourd’hui non plus entre originaires, mais entre Originaux et falsifiés...Cette réalité de nos différences.

En effet, même si Nicolas jure au fond de lui qu'il aimera éternellement Gervaise et l'imposera à sa famille si riche et si distinguée, les choses vont paraître bien compliquées. Il le sait pourtant. Et il sait aussi du fond de son cœur qu’il ne pourra jamais avoir des considérations heureuses pour la famille de Gervaise. Mais se croyant amoureux… Il va oser…

S’ensuivra une liste de mépris qui finiront par décourager Gervaise. « Oui j’ai épousé un snob », pensera-t-elle.

Le premier mépris de Nicolas : le quartier et la famille de Gervaise.

« Nicolas, au volant de sa voiture, pensait intérieurement qu’il lui fallait sortir Gervaise de cette maison infâme. Quel milieu que le sien ! Quelle famille ! La mère, quasi édentée, et Rita, sa sœur, qui dégageait une odeur de « non lavée ». Il fallait absolument que sa « princesse » s’élève au-dessus de cette masse qui le répugnait. Elle était trop belle pour appartenir à cette basse classe qu’était la sienne. »

Le deuxième mépris de Nicolas : le prénom de Gervaise

« (…) Sortant un calepin et un stylo de sa poche, il lui dit : -J’ai quelque chose de très personnel te concernant à te demander. Il est possible que ça ne te plaise pas, mais c’est si important pour moi. Surprise, elle but une gorgée et répliqua : -Alors, vas-y, je t’écoute, mon chéri. -Dis-moi, Gervaise, quels sont les autres prénoms de ta naissance inscrits sur ton baptistère ? -Quelle drôle de question ! Attends, j’ai été baptisée Marie, Catherine, Gervaise Huette. Pourquoi ? -Qui est Catherine dont tu portes le prénom ? -Ma marraine. Une sœur de mon père que je ne vois presque plus. -Et pourquoi t’avoir appelé Gervaise ? -C’est le prénom de ma grand-mère paternelle, une coutume dans la famille. Rita, elle porte le nom de ma grand-mère maternelle. -Dis-moi, quel est le nom de fille complet de ta mère ? -Bien voyons, pourquoi toutes ces questions, Nicolas ? -Ne t’en fais pas, je le dirai dans pas plus de cinq minutes si je trouve… -Bien ma mère a été baptisée Marie, Georgette, Berthe Boisseau. Il sourit et demanda : -Boisseau c’est bien son nom de jeune fille ? -Oui, pourquoi ? -M’aimes-tu assez pour me faire plaisir mon amour ? M’aimes-tu assez pour accepter ce que je vais te demander ? -Bien, demande toujours…Je verrai si je t’aime assez pour ça ! Ajouta-t-elle en riant de bon cœur. -Alors, ma chérie, à partir de ce soir, si tu le veux bien, tu seras Catherine Boisseau, pour moi comme pour ma famille. Elle était restée bouche bée. Ne comprenant pas où il voulait en venir, elle croyait qu’il plaisantait, qu’il s’amusait à ses dépens et se permit d’en sourire. -Je suis très sérieux, Catherine, je te demande de modifier ton nom si tu le veux bien. Catherine Boisseau a tellement de classe…" Dans un éclair la jeune femme venait de comprendre. Il lui demandait de modifier son nom pour sa famille, parce que ce matronyme avait plus de classe, qu’il était plus digne de son milieu. Il préférait Boisseau à Huette ou Mirette, et Catherine à Gervaise…Elle fronça les sourcils… -Je regrette Nicolas, mais si mon nom ne te plait pas… -Écoute-moi bien…Gervaise, ça fait vieux, ça fait démodé…Ça me fait presque penser à Gerboise. -Qu’est-ce que c’est ? -Une gerboise, c’est un mammifère rongeur, une sorte de souris, si tu préfères, qui creuse des terriers…Rien d’élégant, comme tu peux voir… ».

Le troisième mépris de Nicolas : Gervaise elle-même et la grossesse qu’elle vient d’avoir. « Gervaise était restée figée sur le divan. À l’annonce de sa grossesse, Nicolas n’avait pas réagi, pas bougé d’un pouce. Puis, se levant, il arpenta la pièce en le regardant et elle en profita pour lui dire : -C’est comme si tu n’étais pas content…Ça te déçoit Nicolas ? (…) -Oui, je comprends, mais n’est-ce pas un peu tôt Gervaise ? Nous aurions pu attendre un an ou deux… »

Avec autant de mépris, qu’est ce qui le retient donc aussi fortement ? Car on ne peut pas aimer et mépriser ? C’est le corps, la prestance physique de cette fille de bas quartier. Ce qu’il n’a jamais rencontré dans son milieu : la dignité du pauvre et le respect pour autrui, quelle que soit sa différence.

En réalité, Gervaise est belle : « Il se contenta de sourire, avala quelques bouchées, et la regarda soulever son verre sur pied avec élégance. Dieu qu’elle était belle ! Des yeux noisette à rendre fou ! Un corps de déesse sous le veston détaché de son tailleur à la mode. Il pouvait deviner sa poitrine à travers la blouse de soie beige et ça le chavirait. Elle avait des doigts minces et longs comme ceux des musiciennes, les ongles polis, elle portait un bracelet garni de perles à chaque lobe d’oreilles. Des boucles qui allaient de pair avec le bracelet ».

La suite des mépris va finir par conduire le couple à la dérive, car si au début Gervaise va supporter par amour…plus tard, elle finira par ne rien supporter par amour… Elle aimera sans aliéner sa liberté. Elle se donnera sans nier ses origines…Elle sera enfin elle-même ! Alors qu’elle perd son bébé à la suite d’une altercation familiale, Gervaise se sent de plus en plus seule. Elle ne veut plus courir le risque de sacrifier son bonheur… Elle est plus révoltée que jamais.… Elle préfère s’éloigner de cette famille d’hypocrites, de cette « maison sans âme ».

Ce sera son choix. Décision Irrévocable. Malheureusement en vivant seule avec son mari, si l’objectif était de souder le lien, là tout va finir par s’étioler… Elle va découvrir qui est réellement celui qu’elle a épousé : « une personne capable de tout pour parvenir à ses fins. ».

Désormais ils vivent ensemble, chacun fête noël chez soi et dans sa famille. Il en est de même pour les anniversaires. Le couple tant heureux au début, ne partage plus rien : sauf quelques souvenirs. Il y a, en outre, le petit neveu de son Nicolas qui croit aimer Gervaise alors que celle-ci ne voit en lui que le portrait craché de son oncle du point de vue comportemental. Même origine, même esprit. Elle n’a plus rien à cirer avec cette famille. Petit à petit, Gervaise se recrée… Puis arrive le divorce. Gervaise accepte tout cela de bon cœur… Elle a toujours travaillé et, au niveau professionnel la vie lui sourit; elle est une femme indépendante. Elle travaillera…. Elle travaillera parce que son travail est le lieu de son épanouissement. Et c’est dans ce lieu de sa floraison qu’elle va rencontrer l’amour.

Qui a pu oublier Gervaise? Cette beauté et cette prestance physique et morale qu'elle toujours incarnée ? Une vieille connaissance rencontrée chez les Delval, devenu lui aussi veuf, va revenir dans sa vie… Il va lui redonner le sourire… la joie d'aimer… et la volonté d'avancer...

Inattendu ? Les voies de L’amour sont insondables.

Les moments qui ont fait battre mon cœur dans ce roman:

- La rencontre de Gervaise avec Nicolas Delval

-Cette façon que Nicolas avait d'exhiber Gervaise, partout où il allait, comme si elle était un diamant dont la valeur ne se limitait qu'à son physique. Rien que cela. On aurait dit que pour lui, l'important dans la vie d'une femme c'était son physique.

- La maman de Gervaise qui dépend encore de sa fille…une caricature qui tient bien sa place dans certaines sociétés encore aujourd’hui, où certaines maman ne vivant qu'aux dépens de leurs filles, financièrement.

- La perte du bébé. Le mépris de la famille Delval et les faux silences de Nicolas. Il y a des moments dans la vie, où on a besoin de l'épaule de l'autre.

La rencontre avec le juge : la différence d’âge m’a fait frémir : mais ne dit-on pas que l’amour n’a pas d’âge ?

La veuve du boulanger est un roman d’actualité qui dépeint, certes, la société d’il y a 60 ans, mais des réalités qui sont encore les nôtres aujourd’hui et qui ont pris divers noms : identité, vérité, diversité, multiculturalisme, religion ou simplement égalité, liberté et fraternité.

Tout en s’interrogeant, l’auteur nous interroge sur la question du rapport de l’humain à l’autre, à son semblable. Véritablement roman d’amour, ce roman est aussi un roman social. Bref, j’ai lu ce roman en une nuit…et j’ai aimé. De ce fait, je vous le recommande vivement. 

Nathasha Pemba

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Lectures pour l’été : Les oiseaux se cachent pour mourir

14 Juillet 2014, 21:27pm

Publié par Le Sanctuaire de la Culture

C’est d’abord le film que j’ai regardé. Tout le monde en parlait. La première fois c’était en famille. La deuxième fois, j’étais avec deux copines. Les parents d’une de mes copines étaient absents toute la journée et nous avons pris le temps pour regarder les deux cassettes. C’était à l’époque des vidéos cassettes. C’était entre copines. Nous étions ados. Chacune a interprété à sa manière…scandaleux !!!… Même si nous avions reconnu que le père Ralph de Bricassart était plutôt du genre à faire craquer…des ados de notre âge.

Depuis lors, je n’ai plus regardé le film…je me suis contentée du livre que j’ai relu plusieurs fois…et que je relis toujours.

Qu’est-ce qui m’a tant marqué dans ce livre pour que je le relise toujours ?

Les paroles. L’histoire, je pense que les mots sont très forts dans le livre, parce que l’auteur a pris son temps pour l’écrire. Elle a pris son temps pour décrire les lieux, les temps, les personnages. Cela me rappelle un peu La brute de Guy des Cars…que j’ai lu après avoir regardé le téléfilm adapté…ou même « La tricheuse ».

La subtilité du Cardinal qui est bien conscient de la faute de son prêtre, mais qui préfère lui donner du temps, lui témoigner son amitié :

« -Votre éminence, je voudrais me confesser

-Plus tard, plus tard ! Tout d’abord, nous avons à parler et en anglais. De nos jours les murs ont des oreilles mais, grâces soient en soient rendues à notre doux Jésus. Peu d’oreilles entendent l’anglais. Oh, comme c’est bon de vous voir ! Vos sages conseils, votre logique, votre conception parfaite de l’amitié m’ont manqué. On ne m’a jamais adjoint qui que ce soit pour lequel je puisse éprouver ne serait-ce qu’une parcelle de la sympathie que je vous porte.

(…) Ralph nous sommes prêtres, mais pas seulement prêtres ; nous ne pouvons échapper à notre destin en dépit de notre soif d’absolu. Nous sommes des hommes avec les faiblesses des hommes. Rien de ce que vous pourriez me dire ne saurait altérer l’image que je me suis faite de vous au cours des années que nous avons passées ensemble ; rien de ce que vous pourriez me dire ne saurait vous amoindrir à mes yeux et ternir l’amitié que vous porte »

Les oiseaux se cachent pour mourir, pp. 555-556

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Pascale Wilhelmy…une écrivaine québécoise dont les écrits calment les folies et redonnent l'espérance…la vie est toujours possible.

11 Juillet 2014, 19:31pm

Publié par Nathasha Pemba

L'avantage d'être membre de Québec Loisir, c'est qu'on peut lire à l'avance les résumés des livres avant de les acheter. C'est de cette manière que j'ai découvert "l' oeuvre étonnante et captivante de Pascale Wilhelmy"…ses écrits font vibrer mon coeur…j'ai lu son livre en une journée…dans mes déplacements, à l'intérieur des bus…aux arrêts de bus…durant ma pause…j'ai voulu continuer…toujours continuer…J'aime son écriture. J'aime ce qu'elle écrit.

Elle écrit:

"L'an dernier, j'vais croisé un nid de guêpes tombé par terre, comme un énorme paquet de cendres.

-Où vont les guêpes quand il fait froid? lui-avais-je demandé.

-Elles ne vont nulle part. Elles meurent toutes à l'automne.

-Elle est triste, ton histoire, avais-je répliqué.

-Ce n'est pas une histoire. C'est la vie. On meurt tous les jours.

J'aurais dû me douter."

Un extrait du premier chapitre:

"Étendue dans l'eau tiède, elle avait oublié sa gêne, les marques sur ses jambes et le soleil qui frappait dans la pièce. Une lumière crue qui ne pardonnait rien ; l'inconnu face à elle n'aurait plus d'illusions. Seul le bruit des gouttes qui s'échappaient, lentement, une à une, du robinet brisait ce silence parfait. Elle pensa furtivement au supplice chinois, que son frère, en bon aîné cruel, lui avait raconté pour l'effrayer. Il avait vu juste. À sept ans, ce n'étaient ni les sorcières ni les monstres qui peuplaient ses cauchemars. Simplement des gouttes assassines qui tombaient, en un rythme régulier et impitoyable, sur son front. Lorsqu'une violente émotion m'étreint, je sors de mon corps. Je m'en détache pour en faire une tranche de roman. Je deviens la narratrice de ma propre vie. La décrire non pas avec une précision chirurgicale, mais avec des mots qui forment un écran opaque. Une protection solide qui, en général, ne demande pas d'aller plus loin. Je parle de moi à la troisième personne, à la manière des gens qui s'estiment sans connaître le doute. Ces bavards qui racontent leurs propres exploits en utilisant le « il », mille fois plus grand que le « je ». Le « je » outrageusement petit pour eux. Dans mon cas, l'exercice n'a rien d'un gonflement de l'ego ; c'est une question de survie. Plus rarement, quand c'est trop, j'essaie de me noyer. Sans lac, sans rivière, sans cailloux dans les poches de mon manteau. Seulement en inspirant très fort. Je pose ensuite la main sur ma bouche et mon nez et je compte. Jusqu'à présent, j'ai toujours survécu. Ma noyade à l'air libre devra attendre. Surtout maintenant. Je suis ailleurs. Ce matin, je ne le connaissais pas. Depuis, j'ai touché le ciel à deux reprises. Une première fois dans le couloir qui mène à sa chambre. Dès l'entrée, j'ai laissé tomber mes vêtements et ma peur. Et la seconde fois, dans un lit dont je me rappelle uniquement les deux taies d'oreiller dépareillées. Maintenant, je suis dans un bain, avec cet étranger…."

Elle enseigne que dans la vie…on finit toujours par s'en sortir…il faut le vouloir…surtout ne pas se laisser mourir. Après tout…il faut vivre.

Mon avis est simple: je vous le recommande…mais aussi le deuxième roman: "ces mains sont faites pour aimer"

Nathasha Pemba

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Aleph de Paulo Coelho: L'amour est une mission qui traverse l'existence de l'être humain

6 Juillet 2014, 09:00am

Publié par Nathasha Pemba

"Je serai naturellement capable d'aimer au-dessus de tout désamour, De donner, même déposséder de tout, De travailler joyeusement même au milieu de tous les obstacles, De tendre la main malgré la plus complète solitude et l'abandon, De sécher des larmes malgré mon chagrin, De croire même si l'on ne croit pas en moi." Paulo Coelho (Aleph)

J'ai découvert l'oeuvre de Paulo Coelho par les citations. Ensuite, j'ai commencé à le lire.

Le créateur m'avait-il précréé au Japon? Je me le suis toujours demandé, car quand je commence à lire un roman, je commence toujours par la fin. La sensation que cela me donne est inexplicable, mais je termine toujours par le début. Et je comprends mieux. C'est un peu comme si je lisais un Manga!

C'est donc tout naturellement par la fin que j'ai commencé à lire "ALEPH" de Paulo Coelho, et donc, selon ma logique, que j'ai terminé par le début.

Mais c'est quand je suis arrivée au milieu du livre que j'ai été conquise. À la page 160, il est écrit: " La quête de la paix est une manière de prier qui finit par générer lumière et chaleur. Oubliez-vous un peu, sachez que dans la lumière se trouve la sagesse et que dans la chaleur réside la compassion. En marchant sur cette planète, essayez de noter la vraie forme des cieux et de la terre. Ce sera possible si vous ne vous laissez pas paralyser par la peur et décidez que tous vos gestes et attitudes correspondent à ce que vous pensez."

Ma déduction personnelle:

Aleph est:

  • Invitation à la réflexion
  • Apprentissage avec l'autre…la recherche du meilleur.
  • Un homme qui se perd pour se trouver. Chercher l'amour sans concession, sans artifice, sans appartenir à une classe sociale quelconque: chercher simplement l'amour, dans la liberté…

Mais,

on reste toujours dans l'optique que l'oeuvre d'art ou bien l'oeuvre littéraire est subjectif. Cela dépend de la personne qui lit. Comme toutes les oeuvres, Aleph a bien de limites, surtout lorsque cela vient d'un grand auteur comme Paulo Coelho.

Nathasha Pemba

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"Ces mains sont faites pour aimer: Ces lectures ensoleillées qui nous accrochent et qui nous permettent de décrocher...

5 Juillet 2014, 10:01am

Publié par Nathasha Pemba

« Trouver une religion. Me mettre à la boxe. Lui faire éclater le nez. Le premier jour de mars était vierge. Intouché. Il n'y avait ni réunion, ni projet. Une journée blanche, sans horizon. La page est maculée maintenant. Je n'ai pas emprunté mon écriture appliquée. Celle des cartes de souhaits ou des rares mots intimes. Celle que j'ai désapprise. Les traits sont résolus. Le mois sera chargé. J'ai deux ou trois braises à étouffer. Des feux à éteindre. Et je ne suis plus une enfant. » L'année sera belle. Julia en a fait la promesse. Malgré sa peine. Malgré la rage qu'elle porte. Avec une écriture sensible et dépouillée, Pascale Wilhelmy trace la quête d'une femme qui veut faire la paix avec son passé. À tout prix. Par tous les moyens.

(Quatrième de couverture)

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Plus Loin qu’Ailleurs, pour quoi faire ?

7 Avril 2014, 21:34pm

Publié par Nathasha Pemba

Pour aller à la Découverte de l’Absolu, du Bien, du Vrai et du Beau… de l'Ineffable « Un enlacement divin ... une part de nous. Un bruissement de cœur dans l'incertain de la vie, qui n'attend rien »… sont les mots de l’auteur…

Après la découverte des poètes de l'Orient à l’âge de treize ans (la plongée dans la poésie occidentale sera plus tardive), l’Auteur s'est passionné pour l'histoire des grandes religions et leur expression poétique, ce qui le mena -- six ans plus tard et dans un premier temps -- sur les routes de l'Inde...

Ancien chef d’entreprise, Gabriel Arnou-Laujeac est Diplômé notamment de Sciences Po. Titulaire d'un Master 2 Recherche "Fondements des Droits de l'Homme", Il est, en outre, philosophe de formation et Polyglotte.

Michel Del Castillo a écrit : « Les rencontres avec les écrivains sont comme les rencontres d’amour. Quelques heures auparavant, on vivait encore dans l’innocence aveugle ; quelques temps après, on se sent ébloui et transporté. La réalité, hier indistincte et confuse, a pris un éclat neuf. On éprouve l’enthousiasme, c’est-à dire la descente en soi du sacré. Il n y’ a pas d’amour sans révélation, ni d’art véritable sans ce mystère dévoilé. Sans doute les choses et les gens étaient-ils là, mais muets faute d’une langue pour célébrer leur intime pulsation. Comme le sourcier, l’artiste décèle la présence de l’eau afin que la vie jaillisse. Combien de couchers de soleil sur le fleuve avant que les impressionnistes les montrent dans leurs vacillements et leurs frémissements ? »

Toute œuvre littéraire a pour vocation de faire entrer son lecteur dans un cercle initiatique, le cercle des Initiés de la lecture… Le cercle de l'auteur… le cercle de la pensée de l'auteur. Quand nous décidons de nous pencher sur une œuvre pour la scruter, nous acceptons d’entrer dans l’univers de l’auteur. C’est d’ailleurs pourquoi, il nous est souvent difficile de nous détacher d’une lecture lorsque nous sommes entrés dans son univers… car il y a une sorte de communion inexprimable avec l'oeuvre que nous lisons.

J’ai eu l’occasion de découvrir l’œuvre de Gabriel Arnou-Laujeac, à travers la lecture des quelques uns de ses textes publié sous pseudonyme (Petite anthologie de la jeune poésie française, paru aux éditions Géhess en 2010 et dans Poètes Français et Marocains, Anthologie) que j’ai eu l’immense plaisir de recevoir, chez moi, avec dédicaces personnalisées.

Maram Al-Masri, dans la préface de cette grande œuvre écrit : « Je suis entrée dans l’univers de Gabriel Arnou-Laujeac comme on entre dans une église, un temple, une mosquée, une pagode… un lieu, non de stricte religion, mais d’intense spiritualité : quête de soi, de l’autre, de l’Autre-en-soi, quête d’une réalité qui demeure lorsque tout a disparu, quête de l’absolu. D’où l’ampleur de ce qui est en jeu tout au long du récit, car si la langue de Gabriel Arnou-Laujeac dit puissamment son existence et la singularité de sa quête, son verbe est une « flèche ardente qui pointe l’inef¬fable » et l’autre rive de chaque être, projetée dans un même élan vers l’inaccessible et l’universel. Son regard fixe « l’Horizon derrière l’horizon », « la Vérité de la nuit noire au temps des absorptions célestes, quand les grands luminaires se contemplent les yeux clos » ; il nous conduit « en ce lieu sans adresse » où « le réel apparent tombe comme un voile au pied d’une Réalité plus vaste. »

Plus Loin qu’ailleurs nous mène vers l’Ineffable, le lieu où « les choses ne peuvent se dire » : « Il mène à ce sens originel où s’enracine la poésie » (Michel Del Castillo). Parlant de Plus loin qu’ailleurs, Basarab Nicolescu affirme : « Un météore a récemment traversé l’espace poétique français: Gabriel Arnou-Laujeac. Venu de nulle part. En France, on publie beaucoup de poésie mais peu d’œuvres attirent l’attention des revues littéraires. Fait inhabituel pour un auteur inconnu, Plus loin qu’ailleurs a été accueilli par une salve d’éloges de la part de noms importants dans le monde littéraire français. Six mois après sa publication, des traductions en anglais, en espagnol, en roumain et en persan ont déjà été proposées à l’auteur. »

…Gabriel Arnou-Laujeac appartient à la race des « grands poètes ».

Extraits de l’œuvre

 « Avant de disparaître au loin, plus loin que l’œil humain puisse lancer sa flèche, les dieux secouèrent le firmament, firent chuter sur mon front quelques fragments d’infini et insufflèrent en mon for la nostalgie de l’Absolu. Un tison ardent planté dans la chair tendre, dès la naissance : l’écho du silence frappant dans ma poitrine ; la présence en l’ab¬sence, jaillie de l’océan des âges comme une vague d’équinoxe. Comment pouvais-je souffrir que l’on m’abandonnât aux chimères du devenir, que la plus éclatante des lumières me promît au crépus¬cule d’un âge sombre ? » (p. 13)

***

« Nos corps sont des cygnes sauvages glissant sur la rivière du désir ; nos cœurs, deux vagues qui s’élèvent au flux et reflux de nos souffles impa¬tients, puis replongent en leur source indivise, enterrant l’espace et le temps sous les sables mouvants d’insondables abîmes. L’immensité qui m’appelle, c’est l’océan qu’elle m’accorde, tout entier, en un enlacement. Et j’ai pour elle le même océan dans les bras. Que puis-je, sinon suivre l’onde occulte qui m’emporte loin des étouffoirs terrestres, nos corps siamois pour seule attache ? « (p19)

***

« Le désamour est un séisme. Il emporte la mémoire de ce qui fut sacré, de ce qui fait tout, de ce qui n’est plus. Il emporte tout dans sa chute irrésistible, même votre ombre et sa lumière. Il vous laisse à demi-mort enseveli sous les décombres d’une rupture qui fend la terre, dans une solitude peuplée d’ombres muettes : la possession et la dépendance, l’euphorie et le manque, la fusion et l’absence sont des stupéfiants millénaires dont la faim est vaste et dont la fin dévaste. » (p.23)

 

Nathasha Pemba

 

Pour plus d’information, visiter le site de l’auteur :

http://gabriel-arnoulaujeac.blogspot.fr

 

 

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La trace du féminin…dans l'oeuvre de Levinas

23 Mars 2014, 08:24am

Publié par Nathasha Pemba

L’auteure de ce livre propose une analyse de la différence sexuelle dans les écrits d'Emmanuel Levinas. En pensant l'Autre comme irréductible au Même, Levinas rompt avec l'apparente neutralité du sujet philosophique. Il établit corrélativement un rapport entre la femme, le féminin et l'hospitalité.

Le philosophe étant celui qui s'interroge sur tout et sur le Tout, la question du féminin est en elle-même une question éminemment philosophique. Ce livre, par le biais d'une lecture des œuvres de Levinas, propose une nouvelle image de la pensée, examen de la " différence des sexes " comme " douce défaillance " et la " subjectivité au féminin " qui ramène à l'immémorial.

Il en émerge, in fine, la trace du féminin dans l'un des textes majeurs de la philosophie contemporaine de l'altérité.

Démarche du livre:

Paulette Kayser utilise des occurrences.

1-Totalité et infini: "le féminin ouvre l'espace du chez soi"

Ici l'hospitalité de la demeure et première présence est considérée comme préalable à l'éthique.

2- Autrement qu'Être/ Au delà de l'essence: Trouble de la dimension éthique et défaillance du viril, à travers la phénoménologie de l'Eros, où le féminin s'ouvre à la maternité. Ici l'auteur insiste sur la fait qu'il ne faudrait pas comprendre féminité et maternité dans son sens littéral, mais d manière symbolique, c'est-d ire comme dimension du sujet "dénuclée"

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"Stigmate (…)" de Erwing Goffman…une lecture commentée.

16 Mars 2014, 11:02am

Publié par Nathasha Pemba

Le titre lui-même au départ peut semer un trouble dans la compréhension, car le mot « Stigmate » a plusieurs sens, et notamment un sens profondément religieux en lien aux stigmates du Christ, par exemple. Mais, ce qu’il faut savoir du mot stigmate, c’est que c’est un mot qui, en lui-même, est également polysémique. Son premier sens est celui de « marque ». En effet la stigmate est une marque durable, presque indélébile qui reste sur la peau qu’on on a eu une maladie, ou encore la cicatrice d’une blessure qui ne disparaît pas. Ceci pourrait faire penser aux marques dont on imprimait les esclaves. En ce sens, le stigmate est quelque chose par lequel on peut identifier une personne. Son deuxième sens, fait de lui toute marque, toute trace qui révèle une dégradation, par exemple, les stigmates liés à la guerre ou à une maltraitance. Son troisième sens est issu de la science, elle représente, chez les angiospermes, la partie supérieure terminale du pistil, souvent élargie et visqueuse, sur laquelle les grains de pollen sont retenus et amenés à germer. Quant à son quatrième sens, lui aussi scientifique, le définit comme un orifice respiratoire des insectes, et autres arthropodes terrestres, constituant chacun l'extrémité d'une trachée plus ou moins ramifiée.

Ces définitions sont importantes, parce qu’elles permettent de comprendre le sens du mot « stigmate » dans l’œuvre de Goffman. Pour lui, « un individu stigmatisé se définit comme n’étant en rien différent d’un quelconque être humain, alors même qu’il se conçoit (et que les autres le définissent) comme quelqu’un à part. » Cet attribut constitue un écart par rapport aux attentes normatives des autres à propos de son identité (La sociologie de Erving Goffman, p. 26). D’après lui, tous les individus, nationaux ou immigrants, riches ou pauvres, sont toujours stigmatisés, par rapport aux contexte te lieu de temps, et même de circonstance. Mais ce n’est jamais à égalité, car il y a dans les groupes d’autres qui stigmatisent plus que les autres, une stigmatisation qui peut facilement conduire au mépris. C’est pourquoi dans son livre, Goffman ciblera les dévalorisations corporelles, les dévalorisations tribales et les dévalorisations tribales. Aujourd’hui, avec la diversité culturelle qui s’impose, les formes de stigmates ne font que s’accroître, c’est pourquoi Goffman en pointe quelques uns : le passé des individus, les handicaps, les tares de caractère, l’orientation sexuelle (notamment l’homosexualité est stigmatisé), l’appartenance à un groupe donné.

Dans son livre, il montre comment l’acteur social, pour ne pas mettre mal à l’aise son public, va tout faire pour que le stigmate soit toujours clean…quitte à l’assimiler, afin qu’il paraisse comme quelqu’un de « normal ». Pour illustrer ce qu’il entend par « Normal », Goffman, prend cet exemple (lié à la situations des Etats-Unis) : « Ex: "le jeune père de famille marié, blanc, citadin, nordique, hétérosexuel, protestant, diplômé d'université, employé à temps plein et pratiquant un sport". Page 151.

La stigmatisation n'existe finalement pas; le stigmate ne trouve son existence que dans la valeur qu'on lui donne. Il semble malgré tout être une notion nécessaire à l'évolution de la société, car chaque individu a besoin de s'identifier comme "normal" en se comparant à ce qu'il interprète comme différent

Plan du livre : le livre est divisé en cinq parties.

1-Stigmate et identité sociale

Ici, il répertorie les significations et implications sociologiques du mot « stigmate »En général, et partant des rencontres sociales, les individus sont souvent réparties selon trois catégories :

a)monstruosité du corps

b) tares de caractère

c) caractéristiques tribales (au sens large)

C’est de là, selon Goffman que vient la discrimination. Il prend un exemple à la page 16 de son livre :

Ex: "Chez certains, il peut exister une hésitation à toucher ou à guider les aveugles, tandis que chez d'autres une constatation d'une privation de la vue peut se généraliser pour former une perception globale d'inaptitude, si bien que ces personnes s'adressent aux aveugles en criant, comme s'ils étaient sourds, ou essayent de les soulever, comme s'ils étaient infirmes. Il est fréquent que, face aux aveugles, les gens présentent toute sorte de croyances ancrées dans le stéréotype. Ainsi, ils peuvent se croire jugés comme jamais auparavant car ils pensent que l'aveugle a accès à certains canaux d'information fermés pour les autres".

À partir de là, le regard porté par des « normaux va se généraliser » et les stigmatisés vont devenir « une identité ». Il arrive en général, que le stigmatisé utilise cette identification ou identité pour devenir un revendicateur. Mais le plus souvent, ne sachant pas à partir de quel groupe revendiquer, il arrive qu’il se perde et qu’il ait lui-même du mal à distinguer sa vraie identité.

La conséquence qui pourrait en découler, selon Goffman, c’est qu’il y a, derrière cette attitude, toute la problématique de l'acceptation de soi et de son stigmate. Goffman recense trois réactions possibles du stigmatisé:

a)tentative de correction du stigmate (victimisation) ;

b) tentative de maîtrise des domaines d'activité qui lui sont normalement interdits (supplice de l'apprentissage) ;

c) se couper de la réalité (mépris) ;

2-Contrôle de l'information et identité personnelle

Ici, Goffman montre comment les individus « stigmatisables », vont avoir tendance à réaliser des manifestions sociales ou créer des situations en se créant une sorte de couverture. C’est pourquoi, selon lui, il est important de marquer une distinction entre la situation "de l'individu discrédité, forcé de s'accommoder d'une tension et celle de l'individu « discréditable », obligé de contrôler une information.

Bref, Goffman distingue L'identité pour soi de l'identité personnelle et de l'identité sociale en ce qu'elle est subjective, réflexive et ressentie par l'individu affecté d'un stigmate. Or celle-ci est ambivalente, notamment lorsqu'un individu « stigmatisable » s'allie trop souvent à des normaux et ne s'identifiant plus alors en rapport avec son groupe. Dans ce cas, il lui autant impossible "d'épouser son groupe que de s'en séparer".

3-Alignement sur le groupe et identité pour soi

Dans cette troisième partie, Goffman donne des pistes possibles pour éviter des écarts. Il propose le recours à un spécialiste qui édicte les règles d'un juste comportement. Il l’illustre : "J'ai appris aussi qu'un infirme doit prendre garde à ne pas agir différemment de ce que les autres attendent. Et, par dessus tout, ils attendent de lui qu'il soit infirme: invalide et impuissant; leur inférieur; et, s'il ne répond pas à leur attente, leur malaise les rend soupçonneux". Pages 131 et 132.

Goffman estime que ces spécialistes doivent convaincre les stigmatisés de suivre ces codes sous peine de perdre leur authenticité. L'alignement sur un groupe ("agrégat que forme les compagnons d'infortune de l'individu stigmatisé") est prioritaire. Il estime qu‘un individu « affligé d'un handicap » devrait non seulement se ranger sur son groupe pour acquérir les codes nécessaires, mais aussi intégrer les habitus des « normaux », non pas pour s’assimiler, mais pour « s'engager à réduire la tension créée par l'existence de son stigmate ». Il doit "briser la glace”:

"Et puis, pour faire rire, il y avait le coupe de la cigarette. Ça ne ratait jamais. Chaque fois que j'entrais dans un restaurant, dans un bar ou dans une réception, hop! Je sortais un paquet de sèches, je l'ouvrais avec ostentation, j'en prenais une, je l'allumais, et je m'asseyais en tirant dessus l'air ravi. C'était bien rare que je n'attire pas l'attention. Tout le monde ouvrait de grands yeux, et je les entendais presque s'exclamer: "ça alors! Arriver à faire ça avec une paire de crochets!" Chaque fois que quelqu'un lançait un commentaire sur mon exploit, je souriait en disant: "il y a au moins une chose que je n'ai pas à craindre. C'est de me brûler les doigts." Lourd, je sais, mais le meilleur moyen pour briser la glace." Page 139.

4-Le moi et ses autres

Pour Goffman, la saisie complète de la "différence", consisterait en ceci : « regarder non pas le différent, mais bien le normal ». C'est effectivement en fonction de la norme que se comprend la distance à la norme. Le stigmate, selon lui correspondrait donc à celui qui n’entre pas dans les canons de la normalité. Il reste donc marqué négativement. Par une tendance exagérée à vouloir revendiquer, le stigmatisé, sans le savoir va créer, aux yeux de la société, une déviance, laquelle peut être nuancée à partir de trois formes :

a)la norme peut être vue comme inatteignable par tout le monde (sorte d'idéal vers lequel nous devons nous efforcer de tendre sans jamais y parvenir)

b) nous pouvons nous écarter d'une communauté qui maintiendrait une norme à la quelle nous ne pouvons satisfaire

c) En cas de non respect des normes nous pouvons adopter un comportement de couverture ou de faux-semblant pour maintenir l'adhésion à un certain socle normatif.

Mais, pour Goffman, cette déviance est une déviance normale, car plusieurs sortes de stratégies vont lui faire accéder à une position dans la société, où finalement, il y aura une situation d’interdépendance entre le stigmatisé et le normal.

Somme toute, Goffman considère que le « normal » et le « stigmatisé » sont "des points de vue" qui sont construits par la société et qui ne se révèlent pas forcément lors des interactions mixtes durant lesquelles nous sommes conduits à jouer des rôles.

5-Déviations et déviance.

Dans cette partie, Goffman présente la différence qui existe entre le déviant et le stigmatisé, qui selon lui, ne doivent pas être confondus. Tant qu’il applique les règles édictées par la loi, dans sa culture d’origine et dan sa culture d’adoption, il ne peut pas être considéré comme un déviant. À la fin, il fait une distinction entre déviations, déviances et stigmatisation.

Nathasha Pemba

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