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Nathasha Pemba- Le Sanctuaire de la Culture

Le petit Prince : Pensées inspirantes

16 Avril 2020, 20:59pm

Publié par Nathasha Pemba

heartToutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants 

 

heartC'est triste d'oublier un ami. Tout le monde n'a pas eu un ami

 

heartLes baobabs, avant de grandir, ça commence par être petit

 

heartS'il s'git d'une mauvaise plante, il faut arracher la plante aussitôt, dès qu'on a su la reconnaître

 

heartSi quelqu'un aime une fleur qui n'existe qu'à un exemplaire dans les millions et les millions d'étoiles, ça suffit pour qu'il soit heureux quand il les regarde. Il se dit : "Ma fleur est là quelque part..."

 

heartIl faut exiger de chacun ce que chacun peut donner

 

heartIl est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui. Si tu réussis à bien te juger, c'est que tu es un véritable sage.

 

heartSi tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

 

heartSi tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaitrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres.

 

heartOn ne connaît que les choses que l'on apprivoise

 

heartOn ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.

 

heartC'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

 

heartTu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.

 

heartC'est bien d'avoir eu un ami, même si l'on va mourir

 

heartIl est absurde de chercher un puits, au hasard, dans l'immensité du désert.

 

heartLes étoiles sont belles, à cause d'une fleur que l'on ne voit pas...

 

heartLe désert est beau

 

heartJ'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence...

 

heartCe qui embellit le désert, c'est qu'il cache un puis quelque part...

 

heartQu'il s'agisse de la maison, des étoiles ou du désert, ce qui fait leur beauté est invisible !

 

heartSi tu aimes une fleur qui se trouve dans une étoile, c'est doux, la nuit, de regarder le ciel

 

heartMon étoile, ça sera pour toi une des étoiles. Alors, toutes les étoiles, tu, tu aimeras les regarder... Elles seront toutes tes amies.

 

heartLes gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes. Pour les uns, qui voyagent, les étoiles sont des guides. 

 

Le Sanctuaire de la Culture

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Jean-François Lemoyne : Chroniques hu-militaires

13 Avril 2020, 12:01pm

Publié par Nathasha Pemba

Dans « Chroniques hu-militaires », Jean-François Lemoyne entreprend (sous forme de chroniques) de redonner aux vies à certaines expériences qui, dans un contexte de guerre, peuvent aider l’humain à retrouver une part de son humanité.

 

Après plus de 35 ans de service militaire, l’auteur s’intéresse à la dimension humaine de son métier. Il indique une autre manière de toucher l’arme : la peinture, la musique et l’écriture. Il voyage, réellement, mais aussi virtuellement à travers ses personnages et son souvenir.

 

Ce roman relate l’état d’esprit du narrateur : tout ce qu’il a vécu durant ses missions dans les zones de conflit armé. La solitude par exemple :

 

 Lorsque vous êtes commandant d’une unité, vous devez en tout temps avoir une contenance, être presque neutre et être prêt à prendre des décisions sans nécessairement prendre parti. Dans des contextes comme ça, ça rend l’officier ou le militaire qui est en position de commandement un peu plus solitaire et esseulé. Je voulais mettre en relief la solitude de commander, mais montrer qu’en maintenant un lien solide avec les siens, les choses sont plus faciles à vivre.

 

 

 

Au-delà du conflit et de l’idée que l’on peut se faire du milieu militaire ou des zones de conflit, l’auteur nous rappelle que parfois le plus important, ce qui porte les missions ce sont souvent les évènements humains et humanitaires qui nous rappellent en réalité que nous n’avons rien de plus que les autres.

 

Être militaire, c’est un métier noble certes, mais c’est aussi un métier plein de risques. Dans un certain sens, cela peut ressembler à une aventure, mais pas toujours une aventure heureuse. Bref, le militaire, c’est un peu comme le missionnaire. Il est passionné par quelque chose… le courage,  la sobriété, l’amour pour quelque chose ou pour une cause. Réaliser sa mission et éviter le plus de bévues possible.

 

On retrouve ainsi au cœur de ce récit une expérience anglaise irakienne et yougoslave. Entre ces deux expériences, il y a la correspondance avec la bien-aimée

 

L’INTRIGANTE,

Regard furtif, lèvres pincées. Elle s’éclipse à mes avances sans mot dire. Je ne sais que penser : persévérer et risquer l’affront, l’humiliation… ou ronger mon frein et vivre l’incertitude. La maxime Le monde est à ceux qui osent me redonne courage et témérité. Avant ma préface, elle me jette un second coup d’œil provocateur, me désarmant du coup. 

 

 

 

Avec une écriture fluide, inscrite dans le souvenir, Lemoyne transporte son lecteur vers une histoire, celle de l’amour, celle du lointain qui est, en fin de compte, celle du présent et celle de l’avenir. Les bons souvenirs demeurent et forgent le présent.

 

C’est un livre que je recommande aux personnes passionnées de lectures intimes. Comme quoi, le militaire ce n’est pas exclusivement l’arme, c’est surtout l’âme.

 On sort instruit de ce roman.

 

Nathasha Pemba

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Anthony Mouyoungui : Aimons-nous...

11 Avril 2020, 20:14pm

Publié par Anthony Mouyoungui

Et de vingt !!!

 

Vingt comme le nombre de jours passés en confinement. Vingt comme le chiffre doublé dans cette année que j’espérais exceptionnelle. Avec l’Euro de football, la Copa America et les Jeux olympiques de Tokyo, 2020 ne devait être qu’une bonne année pour un passionné de sport. Puis, le Covid-19 est arrivé. Ce n’est plus dans les stades que le combat se déroule, mais dans la vie de tous les jours. Les gestes les plus anodins sont devenus à risque. L’humanité fait face à un adversaire coriace. Un adversaire qui pousse au confinement un peu plus de 2 milliards d’humains.

 

Dix jours se sont écoulés depuis ma dernière publication. Que s’est-il passé ? Le monde est toujours au ralenti et le nombre des victimes ne fait qu’augmenter. Le désarroi aussi. Les infos et les vidéos de toutes sortes pullulent sur le net. J'en reçois des quantités et j'ai pris la résolution de ne plus faire attention. J'estime que ces documents ne font que renforcer le sentiment d'incertitude quant au futur. C’est le chacun pour soi entre les nations. Il ne se passe pas un jour sans qu’on apprenne qu’une cargaison de masques destinées à un pays détourné par un autre. Les alliances politiques et économiques sont mises à mal. Le Covid-19 est en train de redessiner la carte géopolitique du monde et il ne sera plus le même après cette pandémie. Le Congo aussi est en confinement avec un couvre-feu pour 20 jours alors que le président avait initialement annoncé 30 jours. Un oubli constitutionnel qui illustre la communication cacophonie de l’administration congolaise. Je pense au pays et je me fais du souci pour mes compatriotes parmi lesquels des personnes que j’aime. Non seulement le pays n’est pas armé pour faire face à cet adversaire (une majorité de citoyens dépendent du secteur informel, délestage d'électricité, coupures d'eau et hôpitaux sous-équipés), ils s’y prennent très mal. Aucune stratégie, tant dans la prise en charge que dans la communication et la sensibilisation. Je regarde tout ça de loin et mon cœur saigne.

 

Je m’habitue au confinent (je suis un peu casanier à vrai dire) et, outre, la lecture, la télé, les films, les séries ou internet, je me suis remis au puzzle. Et oui ! Un petit retour vers les plaisirs simples et ça fait du bien. À vrai dire, je n’ai pas encore fini de reconstituer la photo du voilier ‘’Sea Cloud’’. Ce n’est qu’une affaire de temps. Je suis confiant.

 

Vingt jours que je ne me suis pas rasé ni coiffé. Quand je me regarde dans le miroir, je découvre un visage mangé par la barbe et une touffe de cheveux. Ça me fait tout bizarre, j’ai l’air d’un maquisard (rires). Je m’en suis rendu compte en revoyant la vidéo de mon interview avec Philippe N. Ngala, l’auteur de ‘’La ronde des ombres’’. C’était la seconde interview réalisée via l’application zoom depuis que le confinement a commencé. La première était un hommage à Aurlus Mabélé et Manu Dibango, victimes du coronavirus, avec Ballou Canta, Mav Cacharel et Guy Fabrice Tshiela. Ce dimanche, vingtième jour du confinement, le temps nous a nargués. Il a fait très beau. Un temps très printanier qui, en temps normal, aurait poussé des gens à l’extérieur de leur domicile. Et malgré le confinement, nombreux ont pris le risque surtout à Paris. J’ai vu les images à la télé et j’avoue que, je suis choqué de voir autant d’insouciance et d’irresponsabilité. Courir le risque d’être contaminé juste pour pouvoir profiter du beau temps me dépasse. Je ne comprends rien ! C’est ça l’Occident, paraît-il !!! Je suis sorti faire quelques pas dans la rue. Comme je pouvais m’en douter, il n’y avait pas beaucoup de gens et mes pas m’ont conduit vers l’épicerie de mon quartier. Habituellement, la place est le théâtre des jeux d’enfants ; ils crient et courent partout. Mais, aujourd’hui, la place est déserte, à peine deux ou trois adultes. Une fois ma course effectuée, j’ai passé mon après-midi à discuter avec ma sœur, mes frères et mon oncle. Nous avons parlé de tout et de rien, du présent et du passé. Nous avons ri de ses anecdotes du passé, nous avons évoqué ceux qui ne sont plus là. Cet instant m’a fait penser aux moments passés ensemble quand nous habitions tous la même maison. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous sommes dispersés et la magie de la technologie nous permet de communiquer et de garder le lien. Ce fut un moment intense et je crois que l’un des avantages de cette situation est de nous rappeler ce que nous avons de vraiment essentiel, ce qui compte vraiment dans nos vies. L’absence de stress et de rendez-vous professionnel, nous oblige à regarder différemment notre entourage, les membres de notre famille.

 

Nous nous sentons incapables, incapables d’agir, car l’instinct de survie prime, sur notre humanisme. Finalement, on fait l’effort d’être serein malgré nos fragilités, car nos entourages familiaux et amicaux, ont aussi besoin de nous voir sereins, dans le fond, nous sommes inquiets du devenir du monde, et de l’après…. Éphémère est la vie, on le savait, mais on ne le voyait pas aussi prêt.

 

Aimons-nous…

 

Anthony Mouyoungui 

 

 

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Dix jours déjà ! Par Anthony Mouyoungui

28 Mars 2020, 14:42pm

Publié par Anthony Mouyoungui

Dix jours déjà!!!

Dix jours que je suis confiné dans mon appartement.

Dix jours que je regarde le monde à travers ma fenêtre et les écrans de mon téléphone, de ma tablette et de mon téléviseur.

 

En dix jours, j'ai vu et entendu toutes sortes de choses sur ce virus qui a mis l'arrêt le monde entier. Pourtant la terre, elle, continue à tourner. Les heures à passer et les jours aussi.

 

J'ai remarqué que la majorité de l'humanité a passé avec brio ses diplômes en infectiologie, en épidémiologie ou en virologie. Tout d'un coup, tout le monde est devenu spécialiste et donne son point de vue. Ces différents messages ne font qu'augmenter la peur et la psychose. J'ai décidé de ne plus trop y faire attention.

 

Bizarrement, le Coronavirus est venu avec les beau temps. Ce qui rend encore plus insupportable ce confinement. De ma fenêtre, je vois le soleil luire, le beau ciel bleu et les fleurs magnifiques de printemps. J'entends les chants des oiseaux qui ne doivent pas bien savoir ce qui se passe chez les humains. Quelques-uns circulent comme cette jeune femme qui tire son chariot. Elle doit aller faire ses courses. Je m'imagine marchant dans un parc ou dans les rues de Paris. Il y aurait eu foule et les belles parisiennes allaient rendre poètes tous les hommes.

 

Dix jours que je n'ai pas mis pieds dans la rue. Même pas pour aller vérifier mon courrier. A quoi ça sert tout ça. Je me rends compte que dans une telle situation, certaines choses qui faisaient notre quotidien ne sont que dérisoires. Je vérifiais ma boîte à lettres presque tous les jours, j'attendais des livres. Ce n'est plus le cas. Je n'attends rien. A part la fin du confinement.

 

En dix jours, je me suis réinventé: entre le temps passé en famille pour discuter de tout et de rien, j'ai lu "La Ronde des ombres" de Philippe N. Ngalla et je m'attaque à "Heurs et malheurs de deux africains à Paris" de Noël Kodia-Ramata. Les deux derniers livres reçus. J'espère réaliser des interviews par vidéo.

Je ne me suis pas contenté de lire, j'ai aussi regardé des séries (j'en raffole): "Hunters", "Self Made" "The English Game" ou "Luther" (un ami en a parlé en bien). Pour passer le temps, j'ai même revu des vieux matchs de football (l'épopée du Nigeria aux J.O d'Atlanta et celle des Bleus en Allemagne). C'est vous dire que tout est mis à profit pour ne pas tomber dans l'ennui et surtout céder à la panique. La cloche de l'église est là pour me rappeler que je ne suis pas seul, d’autres humains sont là. L’internet me permet d’interagir avec certains. Ce n'est pas encore l'univers post apocalyptique des films.

 

C’est dans ce contexte particulier que j’ai appris les disparitions de deux dignes fils d’Afrique, le congolais Aurlus Mabélé et le camerounais Manu Dibango, emportés en l’espace de quelques jours par cet impitoyable virus : le 19 mars pour le roi du soukouss à 67 ans et le 24 mars pour le roi du makossa à 86 ans. Deux pertes immenses pour la musique africaine. Du premier, je garde en mémoire ses danses endiablées et ses titres ‘’Femme ivoirienne’’. Je ne sais pas pourquoi mais il m’est revenu tout naturellement. Peut-être parce que je l’ai entendu des milliers de fois sur les antennes de Télé Congo pendant mon adolescence. Du second, je pense tout naturellement à ‘’Un soir au village’’ et ‘’Soul makossa’’ qui rappelle au congolais que je suis la victoire des Diables Rouges lors de la 8e édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football au Cameroun. Mais, Aurlus et Manu ne peuvent être résumés à ces titres tellement ils ont apporté à la musique africaine. Bon voyages les artistes et merci pour tout !!!

Le virus fait des ravages mais il n'a pas encore vaincu l'humanité entière. L'espoir est encore là. Voilà pourquoi la polémique autour du traitement du savant marseillais ne semblait vaine. L'humanité n'était plus à se quereller pour savoir qui la sauver mais comment la sauver. Le fait que le gouvernement français ait revu son attitude montre qu'il a encore son bon sens. Espérons simplement que ce traitement guérisse tous les malades.

 

C'est en tout cas ce que je me dis assis sur ce banc devant ma résidence. C'est la première fois en dix jours que je m'aventure dans la rue. Une rue si inhabituellement calme. En temps normal, un vendredi en fin d'après-midi, la rue est pleine de voitures des parents qui viennent chercher leurs enfants à la sortie des écoles. Dans mon secteur, il y en a deux. Imaginez l'embouteillage.

 

Aujourd'hui, rien de tout ça. La rue semble tout d'un coup immense à ce jeune homme qui fait son jogging et à cette dame qui promène son chien.

 

Derrière mon banc en brique, le parc est silencieux, orphelin des cris de joie des enfants. Je regarde mon téléphone et je me rends compte que ça plusieurs minutes que je suis assis là. Je dois bouger sinon je pourrais me faire contrôler par les gendarmes. Bien sûr que j’aie ma fiche bien remplie, bien sûr que je suis devant ma résidence. Mais, on a plus le droit de traîner dans la rue comme bon nous semble. J'ai la sensation d'être dans une grande prison à ciel ouvert dans lequel j'ai le droit de tout faire tout en respectant les consignes. Ce n'est pas Sona (seuls les initiés comprendront, rires) donc je ne me plains pas. C'est pour mon bien et pour tout le monde.

 

Depuis dix jours que je tiens le coup et j'espère être là également dans dix jours même si les nouvelles ne sont pas très bonnes. Aujourd'hui, à la télé, ils ont dit que "la situation va être difficile dans les prochains jours". Et le confinement est prolongé jusqu'au 15 avril prochain. Notre demande de mise en liberté a donc échouée (rires).

 

Anthony Mouyoungui

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Hélène KOSCIELNIAK : Génération sandwich

24 Mars 2020, 14:56pm

Publié par Nathasha Pemba

Autour d’une réalité constante, apparemment courante, Hélène Koscielniak signe un roman passionnant sur les générations, sur la vieillesse et sur la responsabilité pour soi.

 

Lianne est une victime. Elle croyait que la soixantaine la libèrerait de certains devoirs familiaux. Pourtant, elle se retrouve prise en sandwich entre les exigences de son travail, les besoins de son père souffrant d’Alzheimer, ceux de ses enfants devenus grands et malheureux, et ceux de sa petite fille qui se définit comme une transgenre.

 

« Ils ont souvent un emploi, à temps plein. Avec les vieux parents qui vieillissent, qui ont besoin de soins et d’attention, c’est très exigeant. Et quand leurs propres enfants reviennent vivre à la maison, on imagine ce que ça peut faire comme exigences »

(Hélène Koscielniack sur RC)

 

La question qui oriente ce roman est avant tout une question de liberté, une revendication du désir de la réalisation d’un bien-être personnel. Si l’on se réfère au sens premier de l’expression “génération sandwich”, il apparaît clairement que pour l’auteure de ce roman la question se pose entre les devoirs filiaux, parentaux et l’exercice de sa propre liberté. En effet, la génération sandwich regroupe des séniors qui ont entre 45 et 65 ans, à la fois aidants de leurs enfants, jeunes adultes pas tout à fait autonomes et de leurs parents, de plus en plus dépendants. 

 

 

Prise en sandwich entre son père et ses propres enfants, tantôt son frère et ses petits-enfants, Lianne, le personnage central du roman, se sent submergée et anéantie.

 

Comme elle sait si bien le faire, Hélène K. scrute les profondeurs de la vie quotidienne pour toucher du doigt le mal être social derrière lequel semble se conformer tout le monde depuis toujours.

 

Un esprit de solidarité, éphémère et solide à la fois, caractérise le noyau familial décrit dans “Génération sandwich”. Lianne, l'héroïne du roman raconte les épisodes de sa vie où il lui a fallu devenir le centre de tout, non pas par choix mais par devoir, par habitude ou par tradition. Mère de famille, épouse, fille de son père, sœur de son frère, mère de sa fille et grand-mère de sa petite fille, elle est à bout mais n’ose pas le montrer parce qu’elle porte le titre de superwoman.

 

Le récit de Lianne a une visée ouvertement décisive et frondeuse. Il se focalise néanmoins sur l’idée de possibilité qu’offre la vie. Pour elle, la vie n’est pas une prison où on se met au service de l’autre au point de s’oublier soi-même et de devenir grincheux au point devenir le lieu de décomposition de la cohésion sociale.

 

Génération sandwich décrit un égarement existentiel devenu normalité. Le texte d’Hélène Kosciesniack foisonne d’un champ lexical du sacrifice de soi et de la responsabilité (ou l’irresponsabilité) pour montrer que la personne prise en sandwich -celle à qui incombe une certaine responsabilité- peut entretenir une irresponsabilité face à elle-même. Par conséquent, si prendre soin des siens est une responsabilité, ne pas prendre soin de soi est une irresponsabilité. Les souvenirs rapportés par Lianne en témoignent. Le récit se tient comme un arc autour de deux parties éminemment inégales.

 

La première partie présente différents visages qui contribuent à la mise en sandwich de Lianne. Cette partie tourne autour de Dominique son père souffrant d’Alzheimer et qui refuse d’aller en résidence pour personnes âgées. Il y a, entre autres, André l’époux de Lianne et Jean-Guy le frère de celle-ci… Il y a en outre la fille de Lianne et son époux ainsi que leur fille qui rêve de devenir un garçon. Autant de situations à régler. Toutefois, si les situations s’imbriquent les unes dans les autres, la chronologie littéraire du roman demeure saisissable. Et le lecteur parvient à cerner le tourment intérieur du personnage principal.

 

Notons tout de même que Certains discours donnent l’impression d’une autobiographie.

 

La deuxième partie, plus courte, et plus puissante commence par un questionnement sur la notion de temps. Pour Lianne :

 

Le temps est un sujet qui l’a toujours intriguée. Il existe bien qu’il soit invisible, insaisissable, silencieux, inodore et insipide. En d’autres mots, il ne répond à aucun des cinq sens. Pourtant, on est conscient qu’il est là

 

Dans cette méditation sur le temps, Lianne pense à son passé et à sa manière d’entrer dans l’avenir : ce temps qui l’a usée, qui l’a rendue éthérée, qui a ridé son visage, qui a diminué ses forces et affaiblit sa mémoire… Ce temps qui nous gouverne et contre lequel on ne peut rien. Elle se souvient des paroles de son père: 

 

Toi aussi, tu vas être vieille un jour! Tu verras bien que c’est pas drôle.

 

Génération sandwich dénonce le sacrifice d’une catégorie de personnes coincée entre les différentes générations de sa famille. Il dénonce le sacrifice de la liberté et de la réalisation de soi au profit de sa famille. Il dénonce une épreuve perpétuée qui montre une unité familiale qui n’est parfois qu’apparente parce qu’en famille on ne peut se reposer une seule personne.

 

Rêvant de se réaliser après la réalisation des siens, Lianne tente de se frayer un chemin, de se donner la possibilité d’exister, même après 80 ans… Après tout, tant qu’on vit pourquoi penser à la mort ?

 

Lianna a l’impression de commencer une autre vie après diverses situations:

*La mort de son père

*Le décès de son conjoint

*Le suicide d’un proche

*Le divorce de sa fille.

 

Le plus important pour elle, dans cette expérience, c’est de vivre sa vie… Vivre tout simplement.

 

L’éloge de la vieillesse ?

Lianne cite Rose Legault :

 

Il y a deux sortes de vieux : les vieux jeunes et les vieux vieux. (...) être vieux c’est d’abord un état d’esprit. On peut être vieux à 40 ans et jeune à 90 ans. Le vieux jeune est alerte et curieux, épris de la vie comme de l’amour, de la culture comme de la beauté qui l’entoure, faisant fi de la laideur morale et de la médisance. Trop occupée à s’instruire, à connaître le monde d’ici et d’ailleurs (...), il (...) traduit les évènements du passé tout en s’affranchissant : il s’intéresse à l’actualité et, de surcroît, il se porte garant de… culture et d'émancipation politique. C’est le sage que beaucoup d’enfants rêvent d’avoir comme grands-parents

 

La force de la description que développe l’auteure du roman enrichit la narration. Le sacrifice de  Lianne est renforcé par l’évocation de quelques souvenirs qui nous placent devant les questions sociales les plus pertinentes. Le souci du détail est d’une importance particulière qui fait de ce roman quelque chose de particulier. La dernière partie est un message d’espoir : Vivre malgré tout et se donner du temps pour soi. Il n’y a pas que la vieillesse qui n’est pas drôle, il y a aussi la vie. C’est pourquoi il est nécessaire de mettre ensemble ces deux réalités en cultivant la positivité. Lianne se rend compte que si la vieillesse est inévitable, il faut être capable de l’assumer, vivre le temps tel qu’il se présente à nous.

Nathasha Pemba

Références:

Hélène K, Génération sandwich, Ottawa, l'Interligne, 28, 95 $

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Parfum divin de Chantale Ayi : Dieu, aujourd’hui et à jamais…

22 Mars 2020, 20:00pm

Publié par Baltazar Atangana Noah- Nkul Beti

Parfum divin est un recueil de poèmes en prose dans lequel est révélée l’expression la plus intime du Moi de Chantale Ayi dans toute son opacité et sa foi. Une quête permanente et profonde de l’Etre suprême, Dieu, dans toutes ces choses qui font et défont le monde

 

« Au plaisir de l’amour et des bons sentiments/[…]/Sous le regard en coulisse des phantasmes gestuaires et voluptueux[]/N’avoir du cœur que pour semer le Bien/[Et]Aimer ceux qui nous honnissent… » p.7

 

La poésie de Chanatale Ayi s’inspire du  discours biblique. Un discours qu’elle retravaille selon sa pensée. Sa vision du monde. Ses désirs, ses plaisirs. Ses souhaits, ses espoirs. Sa trajectoire et son expérience dans la manipulation quotidienne (lecture-interprétation-méditation) des écrits anecdotiques et métaphoriques bibliques. « Dialogue intime avec Christ » aurait pu être le titre de la présente œuvre ; car, Christ, nom que l’ensemble des chrétiens donnent à Jésus de Nazareth, est le premier interlocuteur de l’auteure. On est en plein dans une inébranlable profession de foi-amour :

 

« Ah tu le sais, doux Christ mien,/Je t’aime et le souffle de ton amour me couvre/De tes grâces et de tes bons sentiments » p.17

 

Les irrégularités de la métrique des vers, certes morcelées et parcimonieuses, s’accordent subtilement au point de permettre un rapprochement de la somme des textes au yigdal[1]−forme de piyyout très connu dans la liturgie juive. En effet, le piyyout est un poème liturgique juif chanté ou récité pendant l’office. Parfum divin s’inscrit, dès lors, non seulement comme une apologie et une dévotion au sacro-saint, mais aussi une matière permettant d’animer les débats publics discutant des questions autour de la Transcendance.

 

Parfum divin participe−en ce XXIe siècle qui s’ouvre de manière virale sur un retour remarquable de l’animisme, l’engraissement des crises sanitaires et l’abolition totale des métarécits− à la simplification et à la vulgarisation du substrat non moins complexe du discours biblique. L’intention de l’auteure étant ainsi de révéler la puissance universelle du discours biblique. Et surtout de mettre en évidence la capacité de ce discours-là à atténuer  les incertitudes et les inquiétudes du train-train quotidien de l’Homme. Ce, tout en donnant à l’Homme toutes les clés pour s’affranchir du cadre fataliste, serein et yigdal chanté :

 

« Te chanter, Te bénir,/Te prier,/Demain, aujourd’hui et à jamais… /O Fils de l’homme,/Donne une belle couleur à ma vie, Ces années vert-de-noir/Seront désormais sans menteries Comme jadis… » p.13

 

Chantale Ayi procède tout au long de son acte poétique à une poétisation de la méditation et de la prière dans lesquelles Dieu est présent −non plus comme concept−mais telle qu’une réalité vivante et actante. Le Dieu des Hommes, père révélé au Christ, devant qui Chantale Ayi – qui invite croyants et non-croyants- épanche son âme dans une modeste et sobre adoration, en abandon filial.

 

Quête infinie d’un chemin qui continue à jamais ?

 

La quête du Dieu, de son Dieu, est donc le point fondamental du processus créatif de Chantale Ayi. Cependant, elle sait que cette recherche du divin, en abandon filial, n’offre pas d’emblée des réponses à la mesure du désir  d’absolu quêté par un lecteur athée ou non-bibliste qui, froidement et sans une quelconque influence axiologique,  ne  se  contentera guère  d’une  solution essentiellement religieuse. C’est pour cela qu’elle entreprend une réinvention littéraire du discours biblique auquel elle accole des clichés repérables et identifiables dans les univers sociaux dans lesquels elle évolue. Il devient possible, chez Chantale Ayi, de voir et éventuellement de « flirter » avec le « Tout-puissant » Dieu :

 

« A te regarder,/[…]/Comme une rose éternelle,/J’implore ta gratitude éternelle,/Et ton sain amour !/Toi, à jamais, mon roi/Sous le joug de ton onction ! » p.41

 

Dieu   pour   Chantale Ayi devient donc un objet métaphysique identifiable et visible   qui comble son vide intérieur comme elle aurait désiré qu’un être humain, s’engageant à l’aimer, le fasse. Autrement dit, Chantale Ayi invite son lecteur à un effacement  de  soi qui, selon elle, facilite ainsi l’intégration de soi  dans  la matière  divine  qui est accompagnée des malheurs et des joies parfois extatiques. Cette dimension  à la fois extatique et mystique exige  une rigueur et une discipline, tant interne qu’externe, qui débouche sur un effacement de tout; le monde et l’Etre. Et ce n’est alors qu’en entreprenant cet exercice mystique, dont la passerelle est un départ d’un rien à un tout extatique, qu’on peut parvenir à Dieu :

« Quand dans la tristesse battante,/Pleurant en silence,/Consommant entre quatre murs mes souffrances,/J’ai crié ton nom,/Tu es venu illico… » p.16

 

La quête permanente de Dieu et de son fils Christ menée par Chantale Ayi dans son fait littéraire a pour objectif ultime de restaurer la liaison originelle existant  entre  l’homme  et  Dieu  bien avant qu’advienne le  péché. C’est donc une transmutation du sentiment de culpabilité des Hommes en quête inlassable de l’Être  absolu que je révèle Chantale Ayi. Son idée  d’introduire une nouvelle approche de  la recherche  du spirituel  et  du  divin est donc affichée sans brouillage stylistique ni référentiel.

 

In fine, la quête infinie du Dieu, de son Dieu, par Chantale Ayi dans Parfum divin, ne prétend pas de délivrer totalement le lecteur de ses doutes et de ses peurs existentiels. Elle prend la forme d’un parchemin qui contribue non seulement au déchiffrage des codes de l’existence et de l’ordre divin, mais aussi à l’élaboration des vérités considérées comme des réponses au vide intérieur imposé par « la  mort  de  Dieu »(Nietzsche).

 

La quête de Dieu, chez Chantale Ayi, devient-elle donc, en fin de compte, une  façon  de  ne  pas pouvoir admettre  le  vide-néant  en empruntant un ZEEN[2] (Towa) qui continue à jamais ? A méditer !

 

Baltazar Atangana Noah- Nkul Beti.

 

Fiche technique du livre

Auteure : Chantale Ayi ;

Titre : Parfum divin ;

Nombre de pages : 108 pages ;

ISBN : 979-1037704252.

 

[1] Le yigdal est une forme de piyyout dont la signification française est « Que Dieu soit sanctifié », et il est basé sur les treize principes de la foi.

[2] La voie de la sagesse ou la voie de la vérité dans le discours du philosophe camerounais Marcien Towa.

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Christine Lara : Écrire n’est pas un projet, c’est une continuité, comme respirer

22 Mars 2020, 19:07pm

Publié par Juvénale Obili

Bonjour Christine, comment vas-tu ? Au Sanctuaire, nous nous considérons comme une famille, j’espère que cela ne te gêne pas que l’on se tutoie ?

 

Non, pas du tout. En Polynésie, le tutoiement est de mise, même si cette pratique semble en passe de disparaître. Je me porte bien, merci !

 

Peux-tu nous parler de toi ?

 

Que dire et par où commencer ? Je suis d’origine antillaise avec de lointains parents Caraïbes ; Polynésiens. J’ai grandi à travers le monde parce que mes parents avaient une âme de voyageurs. Cette vie de nomade présentait des avantages indéniables mais il y avait aussi des inconvénients. Par exemple, d’un côté j’ai côtoyé différentes cultures, rencontré diverses personnes ce qui m’a appris à mieux percevoir la richesse de l’Autre et à m’intéresser à beaucoup de choses. Je respecte les autres cultures, les différences de tout ordre. Mais d’un autre côté, ces nombreux déplacements ont fait de moi quelqu’un de solitaire. Quand on n’a pas le temps de se faire des amis, entre deux valises, au bout d’un moment on cesse de s’investir dans des amitiés qui s’effaceront avec la distance. Je parle bien entendu de mon enfance et de mon adolescence, seulement, au fil des années, cela devient une facette de votre personnalité. Aujourd’hui, je dis, sans originalité, que je suis citoyenne du monde. J’appartiens à plusieurs cultures, j’évolue dans plusieurs cultures et je me passionne pour beaucoup d’autres.

 

Être issue d'une famille d'auteurs t'a-t-il favorisé dans l'écriture ?

 

C’est une question que je me suis souvent posée. Il faut reconnaître que j’écris depuis l’âge de huit ans et que cela s’est fait tout naturellement, donc oui, je pense qu’il y a un héritage, au moins génétique. Mais je n’ai pas grandi dans un environnement littéraire familial. La famille LARA, est une famille d’écrivains depuis aussi longtemps que je peux remonter dans le temps. Mon grand-père, mes grands oncles étaient des écrivains et ont marqué leur époque. Toute cette génération écrivait, mais je suis née trop tard pour les rencontrer. La génération suivante écrivait aussi mais ce n’était pas avec la même verve. Sans doute une affaire d’époque. Mon grand-père, mon père, mes oncles et cousins étaient tous des littéraires et des historiens. Oui, je suis née dans une famille vouée à l’écriture. Souvent je me dis que je n’ai aucun mérite à écrire car c’est inné. Parfois je le vis comme une malédiction car ce besoin d’écrire, ce désir d’écrire sont souvent peu récompensés. J’aurais dû faire de la politique car c’est une ouverture pour certains « auteurs ».

 

Quel bonheur as-tu rencontré dans ta carrière de professeur de Lettres ?

 

Quand j’avais 10 ans, je voulais être juge pour enfants, sans doute qu’avec un arrière-grand-père bâtonnier cela s’expliquerait. Mais au collège, je me suis prise de passion pour l’enseignement. J’ai commencé par des études de droit, de psychologie avant d’étudier les lettres modernes. J’ai obtenu un doctorat, j’ai passé les concours et je suis devenue Professeur de lettres modernes. J’ai enseigné de la maternelle à l’université de la Sorbonne, en passant par le lycée, le collège et la formation des enseignants. Alors, des bonheurs, j’en ai eu beaucoup. Voir évoluer cette jeunesse souvent à la recherche de repères, cette jeunesse de plus en plus en colère ou déçue, pouvoir ramener, ne serait-ce qu’un seul vers la voie de la réussite est un bonheur. Je rencontre aujourd’hui, des anciens élèves qui sont devenus des adultes et qui se souviennent encore des cours et bien plus important, des conseils, des remarques, des encouragements ou des rappels à l’ordre. Tout cela a contribué à façonner les adultes qu’ils sont devenus. C’est cette partie de mon métier qui m’apporte une certaine satisfaction. Leur reconnaissance, souvent tardive est une joie pour l’enseignant investi.

 

On dit souvent que le premier livre d’un auteur n’est pas ce qu’il publie en premier. Quel est ton véritable premier ouvrage ? De quoi parle-t-il ?

 

C’est vrai que l’on dit cela. J’ai écrit une vingtaine d’ouvrages aussi, il m’est difficile de qualifier un, particulièrement, de Premier roman car j’en ai plusieurs. Si je parle de « premier roman », chronologiquement, ce serait Le Journal d’un Pirate que j’ai écrit lorsque j’avais 16 ans. Mon premier roman, comme un premier amour, ne s’oublie jamais.

 

Quel est le thème de ce roman ?

 

Il raconte l’histoire de deux jeunes adolescents qui découvrent un coffre très ancien, enfoui sous le sable, au fond de la mer, dans la baie du Moule, à la Guadeloupe. Mais ce coffre ne renferme pas un trésor en pièces d’or comme ils l’avaient espéré mais le journal d’un jeune pirate. Ce sont ses tribulations, ses amours, ses doutes qui sont relatés dans ce roman. Ce roman est mon premier amour. Ensuite, si en tant que par « premier roman » on qualifie celui qui a la meilleure critique ou qui s’est le mieux vendu, alors ce serait Si le Jour se lève, un roman dont la plume a trempé dans l’encre de ma vie sans être toutefois une autobiographie. J’évoquerai aussi un de mes coups de cœur : Les Flammes du Passé, un roman publié en 2011 et qui a été très apprécié de la critique. Roman où se mêlent histoire, esclavage, surnaturel, réalité, passé, présent, amour, haine, racisme… une belle histoire, une leçon d’humilité et de savoir-vivre ensemble. Enfin, mon Premier roman actuel serait SAGA, que j’ai terminé il y a quelques mois.

 

De quoi parle Saga ?

 

Deux familles que tout oppose, deux destins : la première fuit la Révolution française et ses horreurs pour se réfugier dans la colonie de Guadeloupe, l’autre est arrachée à sa terre africaine pour être mise en servitude à la Guadeloupe. Le sens de premier roman, pour moi, correspond au temps passé à l’écrire, à la fréquentation régulière des personnages, parfois si intense que j’ai l’impression d’avoir vécu avec eux, de les connaître. Chaque roman, est, à un moment, mon Premier Roman. 

 

L'âme de ta poésie est porteuse de quel message ?

 

Cette âme peut être tour à tour engagée ou intimiste. Accusons la Muse ! Le message est souvent lié au passé, à l’histoire qui sert d’engrais à notre avenir. Il faut dire les choses pour qu’elles se rassérènent.

 

Essayiste, poète et romancière… Quel est le genre littéraire dans lequel tu te sens le plus toi ?

 

Les mots, les lignes du roman m’offrent la protection de la fiction, libèrent mon esprit et me font vivre d’autres vies. La poésie, pourtant mon premier genre d’écrit, met mon âme à nu, bien plus que le roman. Elle est dangereuse parfois. Je me sens moi entre les deux, entre cette fiction qu’offre le roman et cette réalité qu’impose la poésie. Cet entre-deux complexe, est, je crois, le quotidien de beaucoup d’écrivains.

 

La femme… Comment s’arrange-t-elle avec les droits en Polynésie française? Ça se passe comment chez vous la célébration du 08 mars ?

 

Les femmes polynésiennes sont, dans l’ensemble, considérées comme les égales des hommes. Elles exercent différents métiers souvent considérés, à tort, comme exclusivement masculins. Certes, nous rencontrons les mêmes inégalités qu’en France métropolitaine. Le gros problème est celui de la violence conjugale avec un taux supérieur à 14%. La journée de la femme sert à dénoncer ces violences, à informer les femmes, et à les célébrer.

 

Tu as été lauréate de plusieurs prix...Quels sont ces prix et commentas-tu accueilli ces distinctions ?

 

Le premier prix que j’ai remporté était le Prix d’excellence de l’académie Muse de Karukéra, lorsque j’avais 16 ans. C’est vrai que remporter un Premier Prix, d’une association prestigieuse, à cet âge, vous rend fier et vous encourage à l’écriture. J’en ai obtenu d’autres avant dix-huit ans. Le Premier Prix des Jeux Floraux de la Guadeloupe, Un Ecu d’or de l’Académie des Jeux Floraux de Nice, Poetry Award aux USA. Plus tard, j’ai remporté divers autres Prix de plusieurs Académies et associations littéraires et poétiques, pour mes romans ou mes poèmes, comme ceux de l’Académie Internationale de Lutèce. Il est vrai qu’aujourd’hui, je ne participe pratiquement plus à ces défis littéraires.

 

Comment as-tu découvert ton talent pour la chorégraphie ?

 

Je danse depuis toujours dira-t-on et j’aime la musique. J’ai pris des cours et j’ai découvert que la danse était une de mes passions. Elle ne peut être que cela d’ailleurs. J’ai commencé à enseigner la danse à l’âge de 19 ans. J’ai suivi des formations et des stages à l’étranger. Cela m’a permis de rencontrer des danseurs et des chorégraphes mondialement connus.  J’ai monté mon école de danse (D.E.F.I= Danse, Enseignement-Formation Internationale), puis ma troupe de danse qui s’appelait « Honey-Dance » a donné naissance à de nombreux danseurs professionnels et professeurs de danse. J’ai créé le Comité Régional de Danse, organe de la Fédération Française de Danse, à la Guadeloupe, jeté les bases du diplôme de Professeur de danse... J’ai enseigné la danse en Polynésie, en métropole (Paris), aux Etats-Unis et ailleurs. Et cette période restera toujours un excellent souvenir plein de milliers d’autres souvenirs et bonheurs.

 

Quel sentiment as-tu d'avoir fait ce parcours formidable ? Quels sont tes projets pour l'avenir ?

 

C’est vrai que l’on me demande souvent combien de vies j’ai pu avoir pour vivre autant d’expériences. J’ai été mannequin à New York durant quelques jours, j’ai enseigné la danse, écrit des romans, du théâtre de la poésie, des essais pédagogiques, des manuels scolaires, des scénarios de films et de télénovela, j’ai formé des enseignants, été Inspectrice de lettres. J’ai enseigné les lettres, fait des études, voyagé, j’ai découvert des parties du monde souvent oubliées, j’ai aimé ; j’ai eu deux enfants… C’est effectivement une vie riche en émotions, en joie comme en peines. Mais une vie parmi tant d’autres. C’est une vie que j’ai aimée, que j’aime encore. Mes projets pour l’avenir ? Honnêtement, je ne sais pas. Écrire n’est pas un projet, c’est une continuité, comme respirer… Peut-être vais-je me consacrer davantage à l’écriture scénaristique. Je n’ai pas eu beaucoup de temps à accorder à cette passion. J’enseigne encore la danse, à l’occasion.

 

La littérature polynésienne en quelques mots… 

 

Parce que la Polynésie s’étend de la Nouvelle-Zélande à l’île de Pâques, comprenant Tonga, Samoa, les îles de la Société, les Marquises, les Wallis et Futuna, les Phœnix, les îles Hawai’i, les îles Cook, les Australes et les Gambier. Fidji et Rotuma culturellement, je réduirai mon propos à la Polynésie française. Il faut bien distinguer la littérature qui évoque la Polynésie, de la littérature polynésienne écrite par des Polynésiens. Les récits des navigateurs européens dans le Pacifique Sud comme Cook, Bougainville ou Loti, ces récits qui ont enflammé l’imaginaire des européens, récit d’un paradis, création du mythe tahitien, descriptions de paysages idylliques au cœur desquels évoluent le bon sauvage et la femme qui s’offre aux navigateurs ou cette littérature, plus rare, dénonçant la perte culturelle comme V. Segalen ou Alain Gerbault. Encore aujourd’hui la Polynésie inspire de nombreux auteurs qui ne sont pas Polynésiens. Ce que je définirai comme littérature polynésienne d’aujourd’hui est cet ensemble d’écrits appelant à un second souffle, rappelant les racines du peuple, s’ouvrant au monde dans une langue particulièrement, chaude et riche, une littérature qui s’interroge, qui se cherche, qui se veut différente. Une littérature née ces trente dernières années et qui a suivi l’évolution culturelle d’un peuple. Son passage du récit oral au récit écrit.

 

Quelques visages...

 

J’apprécie particulièrement Flora Devatine, qui a d’ailleurs remporté le Prix Heredia de l’Académie française pour son recueil de poèmes "Au vent de la piroguière - Tifaifai". J’aime cette sincérité poétique qui se dégage de ses mots imprégnés de culture et d’histoire polynésiennes. J’aime aussi lire les œuvres de Chantal Spitz dont le roman L'île des rêves écrasés a été le premier roman tahitien de langue française publiée par une maison d'édition et le premier roman tahitien traduit en anglais par les éditions Huia sous le titre Island of Shattered Dreams, en Nouvelle-Zélande. Le rythme de son écriture rappelle fortement les temps de l’oralité, du récit raconté, de ces haere-pô conteurs de généalogies. Son combat pour sa culture, la force de ses mots, l’originalité de son style en font un écrivain particulier.

 

Comment faire pour avoir vos publications ?

 

Mes ouvrages sont tous- enfin, ceux que j’ai publiés, c’est-à-dire un tiers de ceux que j’ai écrits. J’en ai perdu beaucoup au cours de mes déménagements, j’en ai détruit quelques-uns et perdu d'autres- disponibles dans les bonnes librairies, sur Internet, à la Fnac…Il suffit d’effectuer une simple recherche sur Internet pour obtenir la liste de points de vente en ligne ou dans les librairies. Je vous remercie pour cette interview.

 

Propos recueillis par Juvénale Obili

 

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Anthony Mouyoungui : La peur est l’autre virus auquel il faut faire attention.

20 Mars 2020, 04:04am

Publié par Nathasha Pemba

Depuis hier midi, comme des millions d’autres personnes en France, je suis confiné chez moi. Mes déplacements sont restreints. De ma fenêtre, je vois ma rue plus calme que d’habitude, quelques rares véhicules et passants circulent. Même les avions à Roissy se sont tus. Un étrange silence plane sur la ville et l’atmosphère ressemble à celle des récits post-apocalyptiques que j’affectionne.

En effet, depuis mon enfance, je suis fan du genre. Que ce soit au cinéma, à la télé ou en littérature. Tout a commencé lorsque je suis tombé sur Le Fléau de Stephen King. L’histoire des survivants à une pandémie de grippe qui a détruit la plus grande partie de la population des Etats-Unis qui tentent tant bien que mal de survivre dans un monde nouveau. Ce livre m'a bouleversé et a fait de moi un fan non seulement de l'auteur (qui m'avait déjà secoué avec Cujo) mais aussi des récits post apocalyptiques.

Par la suite, j'ai lu de nombreux livres et vu de nombreux films et séries du genre. Les derniers en date sont The Walking Dead et The Rain.

J’aime ces histoires de fin du monde dans lesquelles l’être humain doit se battre pour sa survie dans un monde qui n’a plus rien de ce qu’il a toujours connu. J'aime la manière dont les personnages réagissent face l'épreuve qui détruit leur monde habituel. Si les uns font tout pour garder leur humanité, les autres changent et laissent s'exprimer leur bestialité. C’est l'éternel affrontement entre le Bien et le Mal. Et souvent, le Bien l’emporte grâce aux…américains !!!! Ces récits se ressemblent tous dans leur schéma de construction : une catastrophe approche (ou des savant fous jouent au plus malins dans un laboratoire), un lanceur d’alerte qui n'est pas pris au sérieux, la catastrophe se produit, on compte des victimes, la panique et la psychose gagnent tout le monde. Et puis c’est le chaos général jusqu’à la disparition du monde connu. Une nouvelle ère débute.

Après avoir connu les conflits armés, les déplacements forcés, les camps de réfugiés et le choléra, je pensais avoir tout vu et je ne m’attendais pas à vivre un confinement pour cause de virus mortel. Je pensais qu’être en Occident me mettrait à l’abri de ce genre de situation. Apparemment non !!!

Depuis l’apparition du Coronavirus, en fin d’année dernière en Chine, le monde est en ébullition. Chaque jour apporte son lot d’informations et d’incertitudes face à une menace que l’être humain n’arrive pas à stopper. De la Chine, il s'est répandu à travers le monde à une vitesse extraordinaire. Les pays se referment sur eux-mêmes. A l'image de l'Italie et de la France. La réalité a rejoint la fiction et je me demande comment la situation évoluera. Le pays est à l'arrêt poussant la population à adopter de nouvelles habitudes. Il est vrai que malgré sa gravité, la situation actuelle est loin de ressembler à celle des films Alerte et Contagion. Pourtant, certains comportements sont déjà observés dans le monde. Si en France, les gens se ruent dans les supermarchés pour s’approvisionner en produits de premières nécessités, aux Etats-Unis certains s’arment tout simplement. Ils se préparent dans la perspective d’une situation de chaos qui engendrerait de la violence. Un comportement dicté par la fiction. Mais aussi par la peur.

La peur est l’autre virus auquel il faut faire attention. Elle s’infiltre dans nos têtes, ne poussant à croire à n’importe quoi et à faire n’importe quoi.

La fiction qui est reflet de la réalité arrive bizarrement à influencer celle-ci.

 

Anthony Mouyoungui

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De Luxembourg à Poto-Poto de Clarisse N'Guiambo

18 Mars 2020, 09:40am

Publié par Juvénale Obili

«L’arbre ne peut grandir sans racine» affirme Papa Roger, un personnage du récit : De Luxembourg à Poto-Poto : itinéraire d’un voyage sans retour.

 Clarisse N’Guiambo, Congolaise de Brazzaville en est l'auteure.

 

Sur 131 pages, l’auteur parle de son voyage de Luxembourg à Poto-Poto. Après plusieurs années, elle revient sur sa terre natale pour des séjours, accompagnée de ses parents Maman Hélène et Papa Roger.

 

Dans ce récit autobiographique, elle parle premièrement de son approbation à venir au Congo pour la première fois. Cela se passe à table :

 

 Je demandais à Maman Hélène la raison de ce voyage.

«Cela fait trop longtemps que ton père et moi nous n’y sommes pas allés», me répondit-elle, stoïquement.

 «Vous pouvez nous accompagner, si vous voulez.»

 Je me joignis donc au projet, non sans regret…

 

La narration de ce récit présente un style assez simple et loin des métaphores particulières. Toutefois, on retrouve une forme d’accentuation dans certaines phrases qui décrivent la réalité sociale du Congo :

 

Je fus convaincue de porter dans mes cheveux et sur mon corps, toute la pollution de Brazzaville. Je songeais qu’il me faudrait au moins cinq douches d’affilée, pour venir à bout des particules de poussière, qui s’étaient logées partout…

 

D’un intérêt assez particulier, ce livre comme ceux de la plupart des Congolais fait la promotion de la culture congolaise en général, notamment la musique et les langues. Seulement, des petites coquilles se présentent ici comme pour prouver drôlement l’ignorance de l’auteur sur ces langues qu’elle promeut, en l’occurrence le lingala et le Kuyu.

 

         «Essali gaï essego nako tala bino.» alors qu’on dirait à la place : «Esali ngaï esengo nako tala bino». (Je suis contente de vous voir.) p. 29

          «Oyi epahi na bino.» alors qu’on dirait : «Boyéyi malamu épayi na bino». (Bienvenue chez vous) p. 21

          «Gnoua iloku lamboka» alors qu’on dirait : «Ôm'ho mégâ'h» quand on veut dire «Tu vas goûter» en Kuyu. p.57

 

Par ailleurs, trouve-t-on un total plaisir en venant sur sa terre natale pour la première fois? Comment aperçoit-on le Congo après avoir vécu longtemps en Europe? Telle est la problématique que pose l’auteur. Pour cela, la thématique se présente comme suit : la comparaison insoupçonnée que fait l’auteur entre le Luxembourg et le Congo, le profond plaisir de retrouver ses origines malgré un sentiment de dédain face aux réalités sociales.

 

Sont évoquées également l’hospitalité et la convivialité dont fait montre la famille congolaise lorsqu’elle revoit les siens.

 

Le fait que ce soit la première fois pour Clarisse de venir au Congo se révèle comme une réalité frappante qui transcende les mots la décrivant. En effet, nombreuses sont des personnes d’origine congolaise vivant à l’étranger qui, une fois au Congo, se sentent bien auprès des leurs, étant donnée les retrouvailles chaleureuses. Néanmoins, elles ressentent toujours le malaise social qui les rend nostalgiques de leur pays d’accueil ou d’adoption. D’où, l’on peut observer quelque part la double nationalité de plusieurs jeunes Congolais.

 

À mon humble avis, la problématique reste ouverte concernant la fierté ou non d’être Congolais… mais aussi, le bonheur ou non de l’être.

Juvénale Obili

 

Références

Clarisse, Nguiambo, De Luxembourg à Poto-Poto,

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Quand l'Afrique s'éveille de Paul Samba

9 Mars 2020, 04:04am

Publié par Nathasha Pemba

Révolution au Paradis

 

Paul Samba scrute les moments forts de l’histoire sociale et politique du Continent Africain. Il démontre qu'on ne peut pas envisager l’avenir de l’Afrique ou son développement en se détachant de son contexte historique, politique, économique ou social. La compréhension de l’avenir de l’Afrique implique au contraire une étude approfondie de son histoire, de ses fondations, de son évolution et des grands visages qui ont marqué son itinéraire. Il accorde une importance particulière à la question de la liberté dans son rapport avec les droits de l’homme.

 

« La liberté n’est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices ; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s’imposeront à tous » (Albert Jacquard)

 

Dans Quand l’Afrique s’éveille entre le marteau et l’enclume, Paul Samba a ainsi étudié l’histoire de l’Afrique, de ses péripéties à travers certains visages.

 

Écrit avec un style particulier sur un ton divertissant, Paul Samba propose un véritable manifeste en s’appuyant sur les plus grands orateurs et penseurs de ce monde…

 

Ce genre qu’initie Quand l’Afrique s’éveille entre le marteau et l’enclume est original. On pourrait le considérer comme un docu-fiction parce que s’il relève de la fiction, il est, par ailleurs, bien documenté et argumenté.

 

Pour penser la question du développement de l’Afrique, l’auteur met en dialogue Nelson Mandela et plusieurs autres leaders du monde. Il adapte l’histoire de manière très pragmatique en mettant sur scène, dans un paradis imaginaire, l’élite politique du monde pour faire face au aux problèmes que connait l’Afrique. Il s’agit presque d’un mouvement révolutionnaire dirigé par un leader charismatique qui doit obtenir le soutien des autres habitants du pour renverser le système existant.

 

Au cœur de l’ouvrage, on retrouve le visage de Nelson Mandela.

Lorsqu’il arrive au paradis en 2013, il constate que dans ce nouveau pays, tout le monde parle le boétien et tout le monde vénère un seul Dieu qui prêche la tolérance et la laïcité.

 

Pour souhaiter la bienvenue à Mandela, Gandhi prononce un discours de bienvenue. Mandela en profite pour rencontrer trois personnalités qu’il affectionne : Étienne de La Boétie, Albert Jacquard et Martin Luther King.

 

Après les discours de Jacquard et de Kipling, Mandela prend la parole et dégage les lignes de son projet pour l’Afrique, car en effet, en quittant la terre des hommes, il n’avait pas terminé sa mission :

 

« (…) C’est dans ma nature de ne jamais désespérer du genre humain. Cet optimisme m’a aidé à tenir vingt-sept ans en captivité. Si je suis devenue légende malgré moi, les conseils de La Boétie y ont beaucoup contribué. Tenir un discours ferme contre la servitude fut pendant longtemps mon seul leitmotiv. (…). À tous ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur ma vie, je leur répéterai que je ne suis ni un prophète, ni un illuminé. J’ai toujours voulu être un homme libre. Et voici ma conception de la liberté : « Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous dépossédés de leur humanité ». Puissent les dirigeants africains en prendre de la graine ! ».

 

Après son discours, Mandela est convoqué par Dieu qui lui confie une mission particulière : Organiser, à partir du Paradis, des États Généraux de la liberté et des droits de l’homme en Afrique. Dieu est tellement déçu des Africains qu’il souhaite leur adresser un message. »

 

C’est ainsi qu'un jour après sa rencontre avec Dieu, Mandela réunit quelques habitants du paradis pour constituer une équipe de travail :

 

  • La candidature de Joseph Désiré Mobutu comme représentant de l’Afrique centrale est validée. Ses talents d’orateur et son séjour en enfer y sont pour quelque chose… Il s’est en quelque sorte repenti et veut se rattraper. Il a pour mission de « dresser le bilan de cinquante ans de mauvaise gouvernance africaine ».
  • Pour l’Afrique de l’Ouest le comité a validé la candidature de Léopold Sédar Senghor. Il a « la lourde tâche de proposer des solutions au sous-développement du continent »
  • Gamel Abdal Nasser représentera l’Afrique du nord. Il se chargera de démontrer la compatibilité de l’Islam avec la démocratie.

Le dernier chapitre du livre est un appel à la résistance par Nelson Mandela.

 

Le docu-fiction de Paul Samba est très inspirant parce qu’il retrace en quelque sorte l’histoire de la plupart des pays africains. Cependant, sachant que l’Afrique avait été marquée par plusieurs visages politiques féminins, j’aurais par exemple vu à la place de Françoise Giroud, Wangari Maathai. Je pense qu’une femme issue  d’un pays africain aurait mieux touché les réalités des femmes. Ce livre nous rappelle qu'il ne faut jamais cesser de rêver... Un jour l'Afrique s'éveillera ou se réveillera...

 

Je recommande la lecture de ce livre à toutes les personnes éprises de liberté et aux amis du Continent africain.

 

Nathasha Pemba

 

Paul Samba, Quand l'Afrique s'éveille entre le marteau et l'enclume, Pointe-Noire, Les Lettres mouchetées, 2019, 16 euros

 

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