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Le Sanctuaire de la Culture

Armand Gauz, Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 2018 pour son roman « Camarade papa »

26 Mai 2019, 18:25pm

Publié par Nathasha Pemba

Armand Gauz, Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 2018 pour son roman « Camarade papa »,

 

À la suite des écrivains ivoiriens Aké Loba, Bernard Dadié, Jean-Marie Adiaffi, Ahmadou Kourouma, Maurice Bandaman et Véronique Tadjo…

 

Notons que le poème, Les seins de l'amante de Timba Bema (aux éditions Stellamaris) est colauréat de cette édition.

 

Gauz, un écrivain engagé

Le premier roman de Gauz, Debout Payé, publié en 2014, connaît un succès phénoménal dès sa sortie. Dans ce best-seller en France et un peu partout dans le monde, l’auteur porte un regard interrogateur sur la société de consommation en s’appuyant sur ses expériences de vigile. On reconnaît, en outre, que ce livre propose une réflexion sociopolitique et historique pertinente sur la situation des «minorités visibles» en France.

 

« S’il y a une constante entre Debout payé et Camarade papa c’est la question de la construction des valeurs symboliques plus fortes susceptibles de fabriquer la décolonisation intellectuelle »[1]

 

 

Camarade Papa

En 2018 paraît le deuxième livre de Gauz, Camarade papa. Dans le livre, deux traversées polémiquent :

Présentation de l’éditeur :

1880. Un jeune homme, Dabilly, fuit la France et une carrière toute tracée à l’usine pour tenter l’aventure coloniale en Afrique. Dans une « Côte de l’Ivoire » désertée par l’armée française, quelques dirigeants de maisons de commerce négocient avec les tribus pour faire fructifier les échanges et établir de nouveaux comptoirs. Sur les pas de Dabilly, on découvre une terre presque inexplorée, ses légendes, ses pactes et ses rituels…

Un siècle plus tard, à Amsterdam, un gamin d’origine africaine raconte le monde postcolonial avec le vocabulaire de ses parents communistes. Lorsque ceux-ci l’envoient retrouver sa grand-mère et ses racines en Afrique, il croise les traces et les archives de son ancêtre.

Ces deux regards, celui du blanc sur l’Afrique et celui du noir sur l’Europe, offrent une histoire de la colonisation comme on ne l’a jamais lue. Gauz fait vivre des personnages tout en contrastes, à la lumière solaire, dans une fresque ethnologique pétrie de tendresse et d’humour."

 

Comme dans Debout Payé, Gauz poursuit dans Camarade Papa l’histoire de la colonisation et de la décolonisation, de l’immigration, des espoirs et de l’espoir des Africains et de certains Occidentaux. Par ailleurs, Gauz cherche constamment à approfondir ses connaissances et à affiner sa compréhension de l’histoire de la colonisation et de l’immigration africaine qui le préoccupe. Comme on peut le constater en le lisant, Camarade papa est un roman très documenté qui revisite l’histoire.

 

Gauz, écrivain d’une histoire à partir de l’Histoire

À travers différents plateaux, Armand Gauz maitrise autant la culture ivoirienne, française, francophone pour montrer que si l’humain qu’il est se définit avant tout par son être, il incarne aussi des valeurs, un lieu, une maison, une culture ou des cultures… une humanité. En acceptant de prendre la parole, Gauz contribue à sensibiliser la collectivité à la réalité de l’histoire de la colonisation, de la décolonisation des migrants en Occident...

Partout où il passe, Armand Gauz marque les gens par sa simplicité (son look et son sourire notamment) qui le rend de fait accessible, son humour équilibré qui parle au monde, sa passion, sa générosité, sa culture son intelligence vive et son ouverture à la cause de l’humain. Il incarne un modèle de résilience, de travail et de talent. Avec un charisme bien particulier, Gauz fait comprendre qu’on n’a pas besoin de déconstruire pour être. Il faut plutôt Construire ce qui n’a peut-être jamais été construit ou qui n'est pas achevé : Notre case symbolique.

 

Recevoir ce prix pour Gauz est certainement une reconnaissance. J’espère que cela permettra aux lecteurs de se procurer cet ouvrage et ses ouvrages antérieurs et ultérieurs pour comprendre davantage l’histoire de la colonisation, le phénomène de l’immigration et l'humanité dans ce qu'elle a d'excellent. Il ne nous suffit donc pas d’attendre de Gauz un engagement continu, une responsabilité qui consistera à donner un visage et d’humaniser nos mots, nos maux et nos vécus… Il faut s’engager avec lui.

 

 

Camarade Papa et les Prix littéraires

Prix Ivoire pour la littérature Africaine d’expression Francophone 2018 par l’Association Akwaba Culture.

Grand Prix national Bernard Dadié 2019 de la littérature

Grand prix Littéraire d’Afrique noire  2018

 

 

« Je crois que quand tu arrives à faire rire quelqu’un, tu parles directement à son intelligence… Celui qui rit, c’est celui qui a compris! Et puis le rire est une manière de résister, un appel au recul, au calme, une manière de réunir un maximum de monde autour de soi »[2].

Armand Gauz

 

Armand Gauz, Grand Prix Littéraire d’Afrique noire 2018 pour son roman « Camarade papa »

L’ADELF (Association des Écrivains de la Langue Française) réunit, dans un même attachement à la langue française, des écrivains de toutes origines. Son objectif est de révéler de nouveaux talents et de consacrer les écrivains majeurs qui, par la qualité de leur écriture et la force de leur engagement, font rayonner dans le monde entier les valeurs de la francophonie.

Pour l'ADELF, la langue française représente un patrimoine commun en perpétuelle et nécessaire évolution, qui précède ou accompagne, par le dialogue des cultures, les mutations du monde moderne.

 

Bravo Armand !

 

 Nathasha Pemba

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Mariusca Moukengue, slameuse congolaise: Au-delà du slam, il y a le slam et le slam encore

9 Mai 2019, 18:15pm

Publié par Juvénale Obili

La femme et l’art. L’art et la femme. Pour ce mois de Mars, une femme a attiré notre attention. Il s’agit de Mariusca Moukengue. Jeune, jolie, intelligente et épanouie, Mariusca rencontre le slam sur son chemin en 2016 et depuis, elle ne cesse d’accomplir des prouesses dans cet univers artistique grâce à son talent. A cet effet, le sanctuaire de la culture l’a rencontré :

 

 Bonjour Mariusca, comment vas-tu ?

 Je vais bien, merci.

 

Qui est Mariusca Moukengue ?

Mariusca Moukengue est la slameuse congolaise. Amoureuse des belles-lettres et juriste de formation, elle se lance dans l’art (théâtre, dramaturgie) en 2009. C’est en 2016 qu’elle rencontre le slam sur son chemin.

 

Que représente le slam pour toi ? Et comment le définis-tu ?

Le slam est, pour moi, une possibilité de la vie. Il est à mes yeux le moyen par excellence du poétiquement correct: s’exprimer, créer de l’harmonie entre mes rêves. C'est ma réalité à travers le langage poétique. Slamer c’est prêter son souffle de vie aux mots afin que celui-ci change nos maux en véritable source d’espérance. En outre, le slam a ceci de sacré : le partage.

 

Quel message fais-tu véhiculer au travers ton art ?

Ce que je véhicule comme message c’est l’amour, la conquête et la découverte de l’humain. Car l’Homme reste l’élément clé à travers lequel la divinité agit. Mon slam est à la fois une auto-thérapie qui pourrait devenir sociale, mais aussi le canal par lequel je loue les vertus comme la solidarité, la compassion, le sens des responsabilités, du devoir… Ma plume écrit parfois pour l’incompris, l’oublié, le rêvé et le rejeté.

 

Parle-nous brièvement de ton parcours d’artiste…

Dans mon parcours artistique, j’ai eu plusieurs collaborations telles que celle avec l’Union Européenne sur les ateliers slamunité au profit des filles victimes des violences conjugales du 1 décembre 2018 au 31 mars 2019. Un maxi single « Slamourail » qui compte 4 titres. Plusieurs prestations à l’intérieur tout comme à l’extérieur du pays entre 2016 et 2018 (IFC Congo, Suisse, …). Le théâtre m’a également porté haut en juin 2018 avec « Bac ou mariage » de Fifi Tamsir Niane Cochery, mise en scène par Bill Kouelany à l’institut français de Pointe-Noire. En 2017, je reçois le prix Contemporary Mentoring, bourse décernée par Contemporary and à Waza en RDC et deux autres prix par les ateliers Sahm en 2018.

 

En tant que femme, quelles sont les difficultés que tu as     rencontré au début ?

Les difficultés sont nombreuses comme pour la plupart des femmes artistes. Il y a notamment : le manque de soutien financier, la discrimination sexiste et les difficultés liées aux préjugés. Nonobstant, ce qu’il y a de plus beau c’est de remarquer comment l’amour de son art est capable de briser des frontières. Les difficultés peuvent être transformées en véritable opportunité quand on se met au travail, quand on sait aller vers les autres, quand on sait écouter mais surtout rester humble et croire en l’impossible.

 

Sur quels projets t’engages-tu au-delà des activités autour du slam ?

Au-delà du slam, il y a le slam et le slam encore. A travers le slam j’offre des ateliers slam intitulés Slamunité. A travers le slam je fais des spectacles, concerts. Et, tout dernièrement, mon maxi single « Slamourail ». A travers le slam je fais des rencontres avec les jeunes écoliers « Slamunité in school ». A travers le slam je partage ma vie au public.

 

En plein 21e siècle, que réponds-tu aux hommes qui disent que les femmes ne peuvent rien sans eux ?

Autant que les hommes ne peuvent rien sans les femmes… C’est une question d’interdépendance. On a beau travailler individuellement, la nature nous emmènera toujours à cohabiter et collaborer. La femme c’est ta mère, ta sœur, ton épouse, ta voisine, ta cousine et j’en passe. Tout comme l’homme qui est ton frère, ton ami, ton conjoint, ton cousin, ton neveu… L’univers est bidimensionnel : une dimension féminine et une dimension masculine. L’homme et la femme sont complémentaires. Et cela de la création jusqu’à la fin des temps.

 

Mars mois de la femme, que peux-tu dire à ces femmes porteuses de talents mais qui manquent de l’élan et de la détermination ?

La détermination est ce seul pouvoir qui rend possible des rêves le plus insensés. Femmes, personne ne viendra vers vous si vous ne faites pas le premier pas. La liberté ne se donne pas, elle s’arrache au prix de l’effort. Etre femme est un pouvoir de plus. Pouvoir d’être ce qu’on rêve, pouvoir de changer la société, de réussir, de transformer et de transcender. Femmes, osez, croyez en vous et en vos rêves. Rien ne sera facile mais la meilleure manière d’échouer c’est de ne rien essayer. Formez-vous, formons-nous, allons à la conquête de ce que nous voulons car tout part de la volonté. Oui, l’audace est la seule chose qui touche vraiment le ciel. Osons être et devenir. Tout dépend de toi femme, alors fonce !

 

 

  Propos recueillis par Juvénale Obili.

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