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Le Sanctuaire de la Culture

L'ombre du pont de Josué Guébo

27 Février 2019, 14:31pm

Publié par Nathasha Pemba

Poète dans sa peau.

 

L’écrivain ivoirien le plus prolifique de sa génération. Il me rappelle Saint Paul de Tarse après sa conversion. Il ne s’est plus jamais arrêté. Je guette ses publications sur les réseaux sociaux et je sais que lorsqu’il se retire c’est pour préparer la venue d’un nouveau livre. Pour s’entretenir entre deux publications, il a toujours quelque chose à communiquer comme Le père Noel va à Gagnoa. C’est un auteur que notre blog connaît déjà puisqu’en plus d’une interview, nous avons eu l’occasion d’analyser son livre intitulé « Le sommeil des indépendances » où l’on retrouve également des expériences togolaises.

 

 

Philosophe et écrivain, Josué Guébo est ivoirien et africain jusqu’au bout de son souffle et de sa plume poétique et tranchante. Il est ivoirien mais il a une passion pour l’Afrique qu’il aime et qu’il souhaite voir décoller et s’unir. Il est chercheur à l’Université Houphouët Boigny à Abidjan. Il a écrit plusieurs ouvrages et est Lauréat du grand prix Tchicaya Utam’ Si pour la poésie africaine.

 

L’Ombre du pont est un recueil de nouvelles publié en 2013. C’est donc la réédition qui fera l’objet de cette chronique. Ce recueil de nouvelles est un clin d’œil à son pays la Côte d’Ivoire mais aussi à Lomé ainsi qu’il l’affirme :

 

«  Ces nouvelles ont presque toutes été écrites à Lomé au Togo, où je m’étais retiré d’avril à Septembre 2011, durant la guerre subie par mon pays, la Côte d’Ivoire. Je voulais ouvrir une fenêtre sur la fiction là où le réel m’avait semblé inévitable »

 

Comme j’ai souvent l’habitude de le dire à chaque fois que je dois « chroniquer » un recueil de nouvelles », il me paraît souvent difficile de le faire parce qu’il est impossible de traduire l’esprit de toutes les nouvelles. Il faut bien s’accrocher à une seule ou encore à deux d’entre elles.

 

«Ecoute, une terre cultivable remplie de serpents et de scorpions, reste une terre cultivable. Les choses sont très simples. Tu n’as qu’à éliminer les serpents et les scorpions. »

 

 

Josué Guébo est un véritable poète ainsi que le témoigne l’ensemble des nouvelles qui forment ce recueil. Le style est d’une pureté vivifiante… réconfortante. Josué Guébo dépeint des réalités de la vie quotidienne : difficultés, problèmes de croyance, choix importants, l’Afrique et la panafricanisme, l’amour… Son recueil met en scène des personnages dans la quotidienneté de leur vie à travers les ambiguïtés ou la simplicité de leurs sentiments à l’égard d’eux-mêmes comme le converti de la fumée dans la première nouvelle, ou encore à l’égard  les uns des autres. Il narre l’humain et l’humanité où les personnes goûtent la compagnie des autres. Peu importe… chacun reste l’artisan de sa vie.

 

« Ne jamais perdre la mémoire de la destination »

 

Les situations peuvent être très embarrassantes comme dans la nouvelle Karen où au commencement est l’amour qui est suivi d’un soupçon de stérilité qui finit par déboucher sur un soupçon d’infidélité avec l’ami de l’aimé. Soupçon en réalité qui n’est que soupçon puisque l’aimé finit par apprendre que l’ami est homosexuel. Ici, Guébo pose la question de la diversité et de la différence, de l’acceptation de l’autre, de la patience et surtout de la confiance.

 

La chute de cette nouvelle est saisissante, profonde, merveilleuse et réussie.

 

Dans ces dix-sept nouvelles, Guébo donne un spécimen de son univers particulier où l’autre ne constitue pas l’enfer, mais une possibilité, une nécessité, un incontournable. Pour Guébo, et comme le souligne le Sachant, l’homme est un ensemble de possibilités.

 

Je vous recommande ce recueil.

 

Nathasha Pemba

 

Références:

Josué Guébo, L’ombre du Pont, Montréal, Shanaprod, 2018.

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Une deuxième chance pour Adam de Felicia Mihali

27 Février 2019, 02:23am

Publié par Nathasha Pemba

Felicia Mihali est la romancière polyglotte de la matérialité du vivre-ensemble. Elle sillonne, à partir de ses mots, le ciel, la terre, les relations intersubjectives… tout l’univers. 

 

Adam malade, dépendant de son épouse se laisse presque déposséder de toutes ses facultés. Il lui donne tout. Elle, lui donne toute l’attention possible au fil des jours. Elle semble consciente ou peut-être pas que la relation est devenue à sens unique, car si Adam semble malade, il lui arrive aussi parfois de se dire des choses au fond de lui. Elle aussi d’ailleurs. Adam souffre-t-il réellement d’un mal cérébral ? A-t-on envie de demander à l’auteure. Ou bien, ce choix de la maladie est une décision personnelle pour faire table rase du passé sans volonté de s’ouvrir à l’avenir ?

 

La narratrice qui est l’épouse du personnage principal raconte. Elle décrit la vie difficile de son époux depuis son accident vasculaire cérébral. Il a désormais le raisonnement d’un enfant de dix ans. Et elle ne peut rien faire pour l’aider à retrouver son âge d’antan. Elle est donc devenue une mère pour lui. Une mère qu’il est obligé de supporter. Ni vacances ni autre type de détente, leur vie se limite désormais à regarder la télévision sauf à Noël où la fille de la narratrice et son époux les rejoignent.

 

Un couple pas comme les autres.

 

Dans cette intrigue particulière, on a le loisir de découvrir la culture roumaine dont est originaire l’auteure. On le découvre lors de l’anniversaire de Marta, l’amie de la narratrice. Adam l’a accompagné. Il est là et à l’instar de toute personne qui porte un stigmate, il fait, l’objet de curiosité dans un silence particulier puisque si tout le monde est conscient de son état de dépendance, personne n’ose le dire à haute voix. Mais pourtant se repose la question de cet état mental d’Adam : est-il réellement malade ou cela est-il un choix pour avoir la paix du cœur et bénéficier de la minutie extrême de son épouse ?

 

Sont présentes dans le roman d’autres questions comme celle de la laïcité. Cela fait penser au débat toujours de la question de la laïcité dans une province comme le Québec. On fait aussi allusion au Communisme. Mais aussi et surtout la question de l’immigration : pourquoi les gens partent-ils ? Pourquoi beaucoup de roumains quittent-ils leur pays ?

 

L’exploration climatique, culinaire, la sollicitude de la narratrice et certains évènements douloureux la ramènent à des souvenirs d’il y a quelques années. Le tableau se relie à une anxiété tantôt réaliste tantôt surréaliste On en vient à se demander si leur situation présente n’est en quelque sorte pas le fruit de ces souvenirs passés : L’infidélité d’Adam ou encore la relation un peu floue entre la narratrice et Peter.

 

Un jour ou l’autre, les épouses cessent d’être des déesses pour devenir des sorcières. Plus tôt ou plus tard, elles commencent à se sentir exploitées, dupées. Était-ce mon cas ?

 

Le chapitre 7 qui m’a paru tout particulier déroule une histoire selon le temps, l’espace, la culture et les goûts… mais aussi une volonté de la narratrice de ne plus subir les goûts d’un époux devenu désormais impotent.

 

« Une deuxième chance pour Adam » est un titre masqué comme le ton de tout le livre, il n’annonce pas la détresse, à peine un désenchantement, le couteau s’enfonce insensiblement au fil des pages, la cassure au cœur d’un amour devenu formel, personne n’ose le dire. L’un se contente d’être materné, l’autre se plait à materner. C’est l’image actuelle de la société qui y est également peinte.

 

J’espère que tous ceux qui liront pourront y trouver des éléments nécessaires pour mieux encadrer le vivre ensemble. Tout y est. Il faut juste oser lire.

 

Merci aux Éditions Hash#ag

 

Nathasha Pemba

 

Références:

Felicia Mihali, Une deuxième chance pour Adam, Montréal, Éditions Hashtag, 2018.

 

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À la rencontre de Noël Ramata Kodia, critique littéraire congolais

23 Février 2019, 01:33am

Publié par Nathasha Pemba

Bonjour Noël Kodia Ramata,

Vous êtes essayiste, écrivain et poète, vous venez de publier aux Editions Cécile Langlois, votre dernier ouvrage intitulé Anthologie analytique de la Nouvelle Génération des écrivains congolais. La Nouvelle Génération commence quand ? Qui sont les auteurs de cette nouvelle génération?

J’ai parlé de nouvelle génération à partir du premier Dictionnaire des Œuvres Littéraires Congolaise, j’avais parlé des œuvres qui partaient de 1953 avec Jean Malonga à 2005, près d’une cinquantaine d’années. C’est là où j’ai parlé des Jean Malonga, Sylvain Bemba, Emmanuel Dongala, presque tous les romanciers. Ensuite, je me suis dit qu’il faut que je continue et j’ai pris des romans qui partaient de 2006 à 2016. Dans cette génération, je ne parle pas de l’âge des auteurs mais de l’âge des ouvrages. Ce qui fait que dans la Nouvelle Génération, vous trouverez des écrivains comme Benoît Moundélé-Ngollo, Claude-Ernest Ndalla et dans le premier dictionnaire, vous trouverez des vieux-jeunes comme Alain Mabanckou qui avait déjà publié il y a longtemps. La Nouvelle Génération c’est au niveau de l’âge des ouvrages non de l’âge des auteurs.

 

Vous avez sélectionné 80 ouvrages de 80 auteurs différents. Comment s’est faite la sélection? Quels sont les critères ?

Il n’y a pas eu véritablement de critère. J’ai pris les livres qui me sont tombés dans la main et je les ai mis dans l’Anthologie. Depuis un certain moment, les auteurs qui publient m’envoient des exemplaires de leurs livres pour essayer de les analyser. C’est le cas de Marie-Louise Abia, Marie Léontine Tsibinda ou Nathasha Pemba. Quand je reçois ces livres, je suis obligé de les intégrer dans le dictionnaire.

 

Vous êtes critiques littéraire, vous une personne qui suit de près la Littérature congolaise. Comment se porte-t-elle ?

Elle se porte très bien, elle est en mouvement. Une spécificité : les femmes sont entrées dans la danse, elles écrivent beaucoup et même mieux que les hommes.

 

Qu’est-ce qui explique cette présence très remarquée des femmes ?

Les femmes ont eu le courage de dire tout haut ce que les autres femmes pensaient tout bas. Dans les romans de femmes, elles parlent des problèmes de femmes : mariage, polygamie, les relations homme-femme ou l’immigration. Il ne faut pas oublier que beaucoup des auteures ont voyagé, ont vu le monde et ont découvert les problèmes des foyers au niveau de l’immigration. Elles parviennent à mettre cela en exergue à travers des textes.

 

Si les femmes sont préoccupées par les questions de société, quelles sont les préoccupations des hommes ?

Les hommes sont préoccupés par la politique. Il y a quelque chose qu’il faut remarquer, il y a eu métamorphose. Si chez les anciens, il y eu cette critique de la colonisation, l’effervescence des problèmes posés par la révolution des 13, 14 et 15 août 1963, actuellement c’est le problème des guerres, de la démocratie, des dictatures qui préoccupent des auteurs congolais.

 

A quels moments est-on critique littéraire ? Quelle est sa mission principale ?

La mission principale d’un critique littéraire c’est d’amener l’œuvre vers les lecteurs et très souvent la critique littéraire demande un certain savoir universitaire parce qu’il y a chroniqueur littéraire et critique littéraire. Le critique littéraire essaie de travailler à fond les œuvres et de donner un point de vue sur le style pour permettre à l’auteur de s’améliorer.

 

Y a-t-il un parcours unique pour devenir critique littéraire ? Y a-t-il une formation ou c’est lié simplement au fait qu’on aime la littérature ?

Très souvent le fondement vient des enseignants de Lettres. L’enseignant de la littérature est obligé d’analyser une œuvre. Or, l’analyse est déjà un point de départ de la critique littéraire parce que la critique littéraire se fonde sur la science des textes, la grammaire des textes. Je pense qu’une bonne formation universitaire est nécessaire. On peut être chroniqueur littéraire c’est-à-dire qu’on présente une œuvre. La différence entre le chroniqueur et le critique est que le chroniqueur présente et le critique analyse

 

Est-ce qu’il existe des principes de base que tout critique doit nécessairement appliqué. Si on empruntait le langage religieux, on parlerait des commandements. Y en a-t-il dans la critique littéraire ?

Dans la critique littéraire, il n’y a pas tellement de commandements. Mais, tout simplement, il faut utiliser les principes élémentaires appris à l’université pour analyser une œuvre littéraire au niveau de la structure, de la grammaire des textes, historique et linguistique.

 

Vous avez plusieurs casquettes, auteur, critique ou essayiste. Qu’est-ce qui vous fascine dans la Littérature congolaise ? Y a-t-il une chose que vous cherchez continuellement dans les œuvres d’auteurs congolais ?

Les auteurs congolais me fascinent,  la littérature congolaise est comme du théâtre transformé en prose. Dans nos œuvres, on fait beaucoup des personnages. Nous sommes plus proches du théâtre que du roman. C’est l’héritage de l’oralité. Nous transformons l’oralité en écrit.

 

Les défis qui se posent actuellement à la Littérature congolaise sont-ils les mêmes que ceux qui s’étaient posés à la génération des Jean Malonga, Tchicaya U Tam’Si ou Sylvain Bemba ?

Au niveau de la thématique, chaque génération a ses problèmes. Quand vous lisez Jean Malonga et les romans de Dongala d’avant la démocratie, les romans de Jean-Baptiste Tati-Loutard ou Sylvain Bemba, vous sentez qu’il y a la révolution, la lutte contre le colonialisme. Chez les jeunes, le pont crée entre le pays natal et la diaspora apporte d’autres problèmes. Ils ont voyagé et sont conscients des difficultés liés à l’immigration. On a le cas Rêve d’ailleurs (Edilivre) d’Huguette Nganga-Massanga qui parle d’immigration.

Maintenant, il faut savoir que la première génération a eu des difficultés au niveau de la publication parce qu’on ne comptait pas beaucoup de maisons d’édition. C’était un petit groupe (Présence Africaine et L’Harmattan) et il y avait une petite sélection à ce niveau. Aujourd’hui, la jeunesse est gâtée. Il y a même des maisons d’édition qui demande des manuscrits à publier, il y a l’internet. Ce qui fait qu’un jeune qui veut être publié n’aura pas les mêmes difficultés que les anciens.

 

En parlant des maisons d’édition justement. Que pensez-vous de la politique de certaines qui exigent de l’argent pour être publié ?

Vous faîtes sans nul doute allusion à un article que j’ai écrit et dans lequel je disais que ce procédé était tout à fait aberrant. Je le pense toujours.

Il faut savoir qu’il y a l’auteur qui a pondu l’œuvre et l’éditeur qui a publié et qui doit faire la promotion de l’œuvre. Mais, il y a des maisons qui demandent de l’argent pour la promotion du livre. Par exemple, il demande l’achat d’un certain nombre d’exemplaires que l’auteur doit vendre lui-même. A ce niveau, rien d’anormal car je le fais souvent avec mes publications. Quand je publie mon œuvre, j’achète mes 50 exemplaires, je vends lors des séances de dédicace et je récupère mon argent en même temps que je fais ma promotion. Chaque année, l’éditeur me verse mes droits d’auteur. Or, il y a des maisons d’édition ici qui n’ont jamais versé des droits d’auteur et il y a des maisons d’édition qui vous exigent que les droits d’auteur soient payés à partir de la vente de 300 ou 400 exemplaires. C’est quasiment impossible pour un jeune écrivain qui n’a pas de nom. A ce niveau, c’est anormal et c’est là mon problème.

 

Depuis quelques années, nous assistons à l’émergence des ouvrages collectifs. Plusieurs auteurs se mettent ensemble pour écrire un livre sur un thème donné. En tant que critique littéraire, que pensez-vous de ce type de collaboration ?

Je pense que les deux formes (individuelle et collective) sont à encourager. On peut écrire son roman de 200 pages ou écrire une nouvelle de 2 ou 3 pages et comme on ne peut pas publier sa nouvelle de 2 ou 3 pages car c’est tellement minime, si on peut rassembler une dizaine de nouvelles et les publier ensemble c’est une bonne chose. Cette façon de publier permet aussi aux auteurs de se découvrir et de s’échanger des idées.

 

Dans cette chose, il a des atouts et des faiblesses. Quels sont les atouts et les faiblesses de la Littérature congolaise ?

Paradoxalement, la faiblesse congolaise est le fait que nous sommes trop nombreux à écrire. C’est un peu comme le cas Brésil au football, trop de bons joueurs et le niveau baisse parce qu’ils sont éparpillés. Je trouve que la Littérature congolaise est formidable. Il y a des jeunes talents dans l’ombre. Il y a des romans et des textes, si l’on masque la couverture et le nom de l’auteur, quand vous les lisez, vous avez l’impression de lire des auteurs de la trompe de Mabanckou ou Dongala. A un certain moment, il y a un paradoxe entre le texte qui est bien écrit et le nom qui n’est pas connu.

 

A ce moment-là, Noël Kodia Ramata, que faut-il faire ?

A ce niveau c’est le travail des critiques et des chroniqueurs qui doivent parler des œuvres. Vous savez, je vais vous donner un exemple, il y a quatre ou cinq ans au salon du livre, pendant que je préparais mon dictionnaire, j’avais rencontré l’éditeur Alain Kounzillat qui m’avait tendu un roman écrit par une certaine Marie-Louise Abia. Je me suis dit c’est qui encore celle-là. Mais, quand j’ai lu le roman, j’ai été obligé de chercher les autres livres de cette auteure et dans mon dictionnaire, il y a 3 ou 4 œuvres de cette femme. C’est pour vous dire que le nom ne suffit pas à justifier la qualité d’une œuvre. Donc, c’est à nous autres critiques d’essayer un peu de sortir ces noms-là de l’ombre.

 

A côté des atouts et faiblesses, peut-on aussi parler des préjugés liés à la littérature congolaise ? Lesquels ?

La littérature congolaise est engagée et engageante. Quand on lit l’œuvre d’un congolais, on sent de la colère, de la revendication et surtout le côté politique.

 

Selon vous, c’est un préjugé ?

Je peux dire oui. Depuis que notre littérature existe il y a toujours ce côté revendicatif. Même aujourd’hui, lisez les œuvres, vous sentez qu’à travers les lignes c’est le pouvoir qui est presque fouetté.

 

Si je vous comprends bien, il serait peut-être temps que la Littérature congolaise s’ouvre à quelque chose de moins colérique ou moins revendicateur ?

Non c’est difficile parce que la littérature est le miroir de la société. Donc, on n’y peut rien. Ce qui se passe dans le pays, inspire les écrivains. Je vais vous donner un exemple. J’avais connu la guerre de 1997, j’en ai sorti un roman Au-delà des maux (LC Editions), c’est presque cette guerre qui je raconte. Quand vous voyez mon recueil de poème, Fragment d’une douleur au cœur de Brazzaville (L’Harmattan), c’est la même guerre. La littérature ne montre que ce que vit la société.

 

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours ? On vous connaît critique littéraire, romancier, poète et essayiste mais nous ne savons pas par où vous êtes passés.

Vous savez qu’au lycée, on lisait des livres de Tchicaya U Tam’Si et Sylvain Bemba. Avec Jean-Blaise Bilombo Samba et Matondo Kubu Turé, mes amis de classe, nous lisons et côtoyons les auteurs tels Sylvain Bemba et Jean-Baptiste Tati-Loutard qui était mon professeur et qui m’a initié à la poésie (j’ai même écrit un livre sur lui). La passion de la littérature est venue à partir de l’UNEAC et des doyens comme Maxime Ndébéka. Vous savez que, le premier à mettre la culture en valeur au Congo est Maxime Ndébéka, le premier Directeur des Affaires culturelles, le ministère n’existait pas encore. Nous avons presque baigné dans ce moule à l’université et après on a fait la Maîtrise, on a enseigné, on est venu en France faire des doctorats tout en lisant et voilà comment nous sommes arrivés à la critique.

 

Que diriez-vous à un jeune qui veut être critique littéraire ? Quel conseil lui donneriez-vous ?

Je lui dirais de beaucoup lire et surtout de lire des livres scientifiques au niveau des textes. Les livres qui traitent de la grammaire des textes, des livres qui traitent de la linguistique, de la poétique et lire aussi des grands critiques comme Jacques Chevrier ou Bernard Magnier.

 

Quels sont pour vous les contournables de la Littérature congolaise?

Les incontournables ce sont les grands auteurs actuels. On ne peut pas se passer d’un Alain Mabanckou, d’un Emmanuel Dongala ou d’un Wilfried Nsondé. Mais, je dirais qu’en dehors de ces grands-là, il y a des génies dans l’ombre, des héros dans l’ombre au niveau de la Littérature congolaise. Je vous donne un conseil, lisez l’anthologie et vous découvriez des jeunes qui ont du talent.

 

Noël Kodia Ramata, merci !

 

 

Entrevue réalisée par Anthony Mouyoungui, journaliste

 

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Le livre, une douce chaine qui nous relie à l'autre

5 Février 2019, 15:27pm

Publié par Nathasha Pemba

Depuis Ponton, engagée dans un emploi administratif à temps plus que plein, je n’ai plus le temps de lire comme avant. La preuve, j’ai une pile de livres à chroniquer qui me fait des clins d'oeil tous les matins. Cependant, je reste attachée au livre mon ami de toujours, l’artisan de mes rapports humains.

En ce mois de février, je voudrais t’encourager toi, abonné et visiteur du sanctuaire à te rapprocher encore un peu plus du livre, retrouver la douceur du livre même lorsqu’il est recouvert d’un papier rude… dure. Retrouver la douceur du livre non pas comme moyen de faire impression devant le monde, mais comme moyen de détente… comme un instrument de voyage… juste pour le fun.

Pourquoi lire ?

Quel intérêt y a t-il à lire.

 

Je lis parce que j’aime lire.

L’intérêt qu’il y a à lire… c’est justement de lire <3

Dany Laferrière dit à Propos de l’écriture et de la lecture : « Apprendre à écrire permet de mieux lire ».

Pour ceux qui écrivent, je trouve cela essentiel parce que sans lire on ne peut pas écrire. 

Et moi, je pense qu’il y a dix raisons de lire :

  1. Lire est une œuvre de modestie
  2. Lire n’est pas un luxe
  3. Lire est à la portée de tout le monde
  4. Chacun de nous au moins s’il est allé à l’école doit faire l’expérience du livre
  5. Le livre nous vient en aide car il ouvre nos horizons
  6. Lire signifie qu’on a accepté de sortir de son autosuffisance pour aller à la recherche d’un monde plus grand que soi
  7. Lire aide à évacuer le stress
  8. Lire fait du bien à notre vocabulaire
  9. Elève l’esprit
  10.  Lire permet de mieux écrire

 

 

Comme disait saint Augustin : « Tolle lege »

 

Nathasha Pemba

 

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