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Le Sanctuaire de la Culture

Le Tchad de nos rêves : Regarder d’où on vient pour savoir où on va

23 Mars 2018, 19:16pm

Publié par Mirabelle Nsikahana

Psychiatre, militant anticolonialiste, fondateur du courant tiers-mondiste ; Frantz FANON a légué à la postérité un impressionnant héritage littéraire, une œuvre d’une étonnante actualité. Dans l’un de ses célèbres ouvrages, Les Damnés de la terre, l’écrivain rappelle avec véhémence que ‘‘ chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir’’. Plus qu’une citation, cette assertion trouve écho, presque un demi-siècle plus tard auprès de deux sœurs sahéliennes originaires du Tchad.

 

Yousra et Bouchra N’DIAYE ont, en effet découvert leur mission d’édification et d’enseignement  qu’elles ‘‘remplissent ‘’parfaitement en signant leur roman, le premier, je l’espère, d’une longue liste à venir. Une ingénieuse façon de coucher sur le papier les idées fécondes qui taraudent leur esprit, de les formaliser et d’influencer positivement toute une génération.  De l’idée au projet ! Du projet à l’action ! De l’action au résultat. Tout doit avoir un début.

 

Titré Le Tchad de nos rêves, le récit s’inscrit aussi bien dans le cadre d’un essai politique que dans celui d’une sorte de mission d’audit /consulting dirigée par deux jeunes femmes soucieuses de partager avec leurs compatriotes ou mêmes d’autres jeunes, les constats relevés sur l’état de leur mère patrie, partant de l’observation objective d’une société en proie à de nombreux maux difficiles mais pas impossibles à éradiquer : corruption, clientélisme, obscurantisme, violence,  radicalisation, conflits ethnico-religieux, tribalisme.

 

Cette observation est ensuite passée au tamis de diverses expériences vécues directement ou indirectement lors de leur  retour au pays natal après des années d’absence.

 

Au-delà de conter juste des faits, les jumelles livrent leurs souhaits, ambitions et rêves avec à la clé des propositions de solutions concrètes pour sortir le pays de l’ornière d’une part, mais aussi pour favoriser d’autre part, l’émergence d’un Tchad nouveau. Un Tchad dans lequel, justice, respect, paix, tolérance, courage, sens du devoir et équité, des valeurs nobles auxquelles tout citoyen aspire, prévalent et prédominent.

 

Le Tchad de nos rêves c’est donc d’abord la vision et l’analyse critique par deux jeunes femmes d’une société dont elles ne s’excluent en aucun cas. Bien au contraire. Elles en font partie mais font juste preuve, en bonnes intellectuelles, d’un réalisme à toutes épreuves qui leur permet de prendre suffisamment de hauteur et d’en dénoncer les aberrations, les incongruités, les paradoxes. Pour ainsi dégager les pistes d’amélioration. C’est ensuite une invite à la rupture complète avec les mauvaises pratiques des générations antérieures qui n’ont pas porté de fruits, la prise d’un nouveau départ, le refus de se faire instrumentaliser et  niveler par le bas. Un appel à la recherche permanente de l’excellence. L’image illustrative du livre montre d’ailleurs deux jeunes filles qui s’aventurent vers un chemin sans traces de pas, une façon de dire qu’il faut sortir des sentiers battus et emprunter d’autres voies, repenser un TCHAD nouveau, différent.

 

Un tantinet patriotes, les auteures refont un flashback analysant de leurs propres mots et ressentis les principaux événements politiques, économiques et sociaux marquants ayant jalonné les grands moments historiques du Tchad.  Sont ainsi abordés avec lucidité, recul et acuité, des thèmes comme la dictature, la démocratie, les conférences nationales souveraines, la méritocratie, base d’une société saine et débarrassée de tout vice, l’éducation, la question épineuse du genre notamment la place et le rôle de la femme dans la société tchadienne… Plus particulièrement, le petit retour dans ce qu’elles appellent  ‘‘ les 30 tourmentées ’’ qui s’apparentent d’ailleurs au 30 glorieuses du Congo permet d’appréhender l’histoire du Tchad, celles des autres nations colonisées ,le découpage de l’Afrique à la conférence de Berlin, de comprendre les changements intervenus pour l’accession à l’indépendance et surtout de connaitre le paysage politique tchadien et les systèmes de gouvernance des années 1960 à 1990. Regarder vers les erreurs du passé pour corriger le futur, le paysage tchadien actuel est forcément la résultante de l’ancien. ‘‘Regarder d’où on vient pour savoir où on va ’’ affirment elles

Ce  livre nous fait prendre conscience qu’être jeune  est un pouvoir immense, une grande responsabilité. Plus que jamais, nous pouvons et devons être le changement que nous voulons voir dans notre environnement. Il suffit d’y mettre un peu de volonté. Nous avons une partition à jouer, un dynamisme à impulser, des voix à faire entendre, des avis à donner, des positions à adopter, un changement à opérer aussi incrémental soit-il. Peu importe que notre action soit limitée par une kyrielle d’obstacles, nous devons garder à l’esprit le souci de toujours bien faire. Si chacun se contente d’exceller dans son domaine de compétence précis et de poser des actions utiles, le résultat agrégé conduira forcément à quelque chose de positif. Nous sommes en réalité la couche sociale majoritaire de nos nations respectives, nous serons donc amenés à reprendre le flambeau, peut-être même plus tôt que nous ne le pensons. S’il revient aux gouvernements de définir les grandes politiques, de formaliser des cadres favorables ou des mécanismes participatifs pour la jeunesse, il nous appartient en dernier ressort de faire preuve de discipline, de courage, de rigueur, de travailler avec acharnement et de ne pas perdre espoir. Le succès est au bout de l’effort et de la persévérance. A ce propos, la phrase conclusive de Bouchra est très évocatrice :

 

‘face à tous ces types d’obstacles, il faudra opposer de l’abnégation, de la persévérance, de la hauteur de vue et d’esprit. Car comme disait quelqu’un, c’est grâce au feu que l’on produit du bon acier. De plus, il est primordial toujours croire en soi et en ses rêves, et de se rappeler que le voyage de 2000 kilomètres commence par un pas’’

 

Facile à lire, 120 pages au total, environ six heures pour les lecteurs rapides, le TCHAD de nos rêves est un ouvrage qui fera le bonheur des jeunes africains en perpétuel questionnement sur le devenir de leur nation, sur l’attitude et les comportements à adopter en tant que jeune pour marquer de leur sceau l’histoire de leur pays. Les références aux leaders comme Barack Obama ou Nelson Mandela avec sa philosophie du ‘Ubuntu ‘’’ contribueront à renforcer l’idée selon laquelle seule l’audace d’espérer demeure par-dessus tout l’élément déclencheur de toute réussite et qu’il nous faut nous accepter tous en tant qu’humains en dépit de nos différences de culture, d’ethnie, de religion ou  de nos divergences d’opinions. La petite dose d’humour tout le long des chapitres sera l’excellente cerise sur le gâteau qu’on savourera en guise d’accompagnement en feuilletant allègrement les pages.

 

Mirabelle Nsikahana

 

Références de l'ouvrage

Yousra A. NDIAYE, Bouchra A. NDIAYE, Le Tchad de nos rêves. La saveur de l'espoir, Paris, L'Harmattan, 2017.

 

 

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La leçon de Rosalinde: une philosophie du sens de la Vie

19 Mars 2018, 07:27am

Publié par Nathasha Pemba

Mustapha Fahmi est connu comme professeur de Lettres et enseignant. Il est donc à la fois enseignant, hommes de Lettres et quêteur de sens. Sa production, non moins remarquable couvre plusieurs domaines. Sensible à l’être humain et à sa manière d’habiter le monde, il a placé « La leçon de Rosalinde » sous le signe de l’"être au monde", de l’"être avec" et du "devoir envers tout ce qui vit".

 

Un recueil de pensées d’une grande cohérence

Mustapha Fahmi enseigne la littérature anglaise à l’université du Québec à Chicoutimi. Il est spécialiste de la pensée de Shakespeare. La preuve c’est que la « remarquable Rosalinde » est un des personnages de « Comme il vous plaira » de l’auteur anglais.

 

À la fin de son essai, Fahmi justifie son choix de Shakespeare, un auteur qui a compris l’essentiel de l’existence, l’essentiel de l’humain. Il écrit par ailleurs : « Shakespeare nous comprend mieux que nous nous comprenons nous-même. Quand nous lisons Shakespeare, nous nous lisons sous une myriade de lumières et sous tous les angles possibles ».

 

Par ailleurs le titre de l’essai s’explique aussi par le fait que le personnage de Rosalinde incarne le juste milieu où elle cherche à placer l’amour. Ce juste milieu s’apparente à la prudence et à l'équilibre des choix. Comme Rosalinde éduque Orlando sur la question de l’amour, le rôle de ce recueil de pensée, de mon point de vue, a pour objectif de nous éduquer à la vie, à la sincérité de l’amour et à la manière de vivre notre relation avec autrui. De ce fait, la « Leçon de Rosalinde » est un livre pour tout le monde.

 

Outre Shakespeare, l’auteur partage l’expérience de son amitié avec trois philosophes : Spinoza, Nietzsche et Heidegger. Du premier, on garde la joie. Du second, on apprend que la vie, il faut l’assumer avec ses défauts et sa différence. Chaque humain est invité à trouver sa voie. Du troisième, on retient l’amour pour l’environnement qui se comprend à partir du concept d’« habitation ».

 

Toutefois, au niveau de ma chronique, je dirai que la difficulté à produire un compte rendu sur un recueil de pensées réside dans le fait qu’il est difficile d'écrire exactement comme s’il s’agissait d’un livre plein. C’est pour cela que je me suis sentie obligée d’opérer un choix sur deux parties : Préludes et Suites.

 

Préludes,

Dans cette partie intitulée Préludes, l’auteur évoque les devoirs de l’être humain ainsi que  la manière d’habiter le monde. Il fait une appropriation excellente de la notion d’habitation à partir d’Heidegger. Ce devoir il le résume dans la volonté de l’humain à aider autrui à s’ouvrir au monde et à exercer ses talents. De cette façon, il conclut que tout humain sur terre a des devoirs envers lui-même, envers l’autre et envers la nature.

 

Suites

Respect, dialogue et reconnaissance forment cette partie. L’auteur pointe les limites du respect et invite l’humanité postmoderne à penser d’autres paradigmes sociaux. C’est à cet effet qu’il suggère l’idée de dialogue comme valeur sociale.

 

Je recommande la lecture de cet ouvrage et je vous invite à découvrir les autres parties où plusieurs autres pensées se déploient.

 

Nathasha Pemba

 

 

Référence,

Mustapha Fahmi, La leçon de Rosalinde, Chicoutimi, La Peuplade, 2018.

Au Canada, dans toutes les librairies et en ligne: 21, 95 $

En France, dans toutes les librairies et en ligne: 18 

P.S. Un immense merci aux Éditions la Peuplade pour l'envoi de ce livre.

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Vous avez dit féministe ? NDEYE FATOU KANE

10 Mars 2018, 06:28am

Publié par Nathasha Pemba

Vous avez dit féministe ? est le nouveau livre de Ndèye Fatou Kane. Il se fonde sur une expérience propre de l’auteure comme Sénégalaise, Hal Pulaar, Africaine et Jeune de la génération Y.

Les quatre premiers chapitres analysent les expériences de quatre auteures précises : Simone de Beauvoir, Mariama Bâ, Awa Thiam et Chimamanda Ngozi Adichie.

 

Cet essai est suivi d’un texte de Jean-Aimé Dibakana (sociologue et romancier) : « Propos sur le féminisme contemporain ». À la suite, vous aurez le loisir de découvrir une nouvelle intitulée : « (In) Certitudes ».

 

Replaçant Simone de Beauvoir dans le contexte du XIXe siècle et notamment à partir de l’ouvrage « Le deuxième sexe », l’auteure souligne l’engagement de la féministe en même temps que les dimensions centrales qui y sont prônées: La mixité et la complémentarité.

 

En ce qui concerne Awa Thiam,  auteure de « La parole aux négresses », Ndèye Fatou Kane est marquée par la manière dont la féministe décrit les femmes : « Les femmes sont éduquées, voyagent, font entendre leur voix dans les grandes instances de décision».

 

Au sujet de l’engagement de Mariama Bâ, Ndèye Fatou Kane présente son engagement comme un féminisme associatif. Après une analyse profonde de « Une si longue lettre », elle conclut que Mariama Bâ, à l'instar de Simone Beauvoir, oriente sa lutte féministe dans l’émancipation et dans la complémentarité avec l’homme : « Ne plus être considérée comme inférieure, mais comme une partenaire ».

 

Comme auteure du XXIe siècle l’auteure fait une lecture de « Nous sommes tous des féministes » de Chimamanda Ngozie Adichie.

 

Pourquoi ces quatre auteures ?

 

Ndèye Fatou Kane s’interroge sur ce qu’est devenu le combat mené par la première vague de féministes sénégalaises ainsi que l’héritage qu’elles ont laissé.

 

S’appuyer sur le parcours de ces femmes de valeur lui a permis d’entrer dans le vif de son sujet et d’apporter des réponses à certaines interrogations actuelles. Sa contribution à la question féministe est une proposition pour le changement de paradigme afin de redonner au féminisme ses lettres de noblesse. Elle invite en outre les hommes à s’engager dans la perpétuation des enjeux du féminisme. Selon elle, « aujourd’hui encore, le patriarcat étouffe bien des femmes... »

 

Le féminisme selon « Ndèye Fatou Kane »

 

À rebours des versions plus égalitaristes du féminisme, qui conçoivent le féminisme comme un combat devant être défendu à cor et cri, quitte à vouloir défigurer le sens de la lutte et la nature de la femme, Ndèye Fatou KANE s’efforce d’expliciter les conditions d’un féminisme plus humain, engageant et plus engagé en se penchant sur le modèle historique du féminisme depuis Simone de Beauvoir. Étant donné la proximité entre la lutte universelle pour les droits et la lutte pour les droits des femmes, le positionnement de Ndèye Fatou Kane constitue une contribution non-négligeable pour la question féministe.

 

Je vous recommande la lecture de cet essai.

 

Nathasha PEMBA

 

 

Références:

Ndèye Fatou Kane, Vous avez dit féministe ? Suivi de (In)certitudes, Nouvelle, Sénégal, Éditions l’Harmattan, 2018.

 

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Le ciel à Gagner de David Ménard...

5 Mars 2018, 11:24am

Publié par Nathasha Pemba

David Ménard fait partie de ces auteurs dont on reconnait le style dès l'entrée en matière. Poétique, réaliste, actuel... mais surtout libre.

Le ciel à gagner reste le fruit d'une expérience puisque l'auteur a été avant tout un fonctionnaire fédéral lui-même. C'est au fil de son expérience qu'il prend conscience que la routine qui s'impose souvent aux employés les coupe du monde et parfois d'eux-mêmes. Néanmoins il est important de souligner que cette oeuvre n'est pas autobiographique.

David Ménard questionne la routine professionnelle et l’individualisme de notre époque.

 

Si le livre se situe à la charnière entre le roman et la poésie, le sujet traité est de grande envergure. L’auteur, à partir de cinq jours de la semaine personnifiés,  montre comment les humains s’enlisent dans la routine et la monotonie à partir de leur emploi, mais aussi dans le désir absolu de faire inexister autrui de manière parfois tout à fait inconsciente.

 

Ici, si le travail est présenté comme le lieu de l’égoïsme, il devient aussi le lieu de la décadence de toute la vie de l’individu :

 

« Vous êtes branchés sur tout , sauf sur vous-même ».

 

Au lieu d'assurer l'indépendance, le travail développe désormais la dépendance.

Le texte est découpé en différents jours de la semaine pour souligner l’enfer du travail et la répétition des gestes. L'auteur veut montrer comment la société et notamment le travail coupe l’individu des autres possibilités d’Être. En somme, le texte dénonce un peu la société oppressante qui enferme l’homme aujourd'hui.

 

« Oui, vous savez tout. Vous avez le crâne bourré de chiffres, de codes, de noms d’utilisateur et de mots de passe. Vous avez le cerveau prêt à vomir. Vous avez tout appris. Mais vous avez oublié comment on parle de la pluie et du beau temps, vous ne vous souvenez plus de l’anniversaire de votre mère. Alors, vous réapprenez par cœur ce qui vous attendrissait autrefois. Vous révisez vos couleurs préférées, votre propre histoire et l’art de la petite conversation ».

 

David Ménard soulève quelques points importants.

Le premier à mon avis c’est la course au pouvoir dans les milieux professionnels où la personne humaine est devenue esclave des catégorisations et des promotions et où être le meilleur, même au mépris de l’autre est devenu la norme. Il montre, en outre, que dans certains milieux de travail, toute la vie de l’homme est commandée par une certaine manière cadrée de faire ceci ou cela.

 

Le second point c’est l’indifférence de l’homme ou la femme de notre temps. Il y a comme un conflit permanent  aujourd’hui entre le sens et le non-sens. On est devenu esclave de la mode et de tout ce qui va avec : publicité, régimes à tout prix… Bref l’homme aujourd’hui est devenu un déserteur de la société.

 

Le troisième point, c'est le délitement du lien social.

À force de s'enfermer dans son travail et de vouloir à tout prix plaire, l'individu de notre temps ne se rend pas compte qu'il na plus de vie sociale et que, hors de son travail, il n'est rien.

 

L’auteur soulève encore d’autre points que nous vous encourageons à découvrir en achetant le livre.

 

Dans la journée du lundi, j’ai découvert plusieurs personnalités :

Marie Terne : Cette responsable d’entreprise qui a refusé de laissé filtrer la lumière dans sa vie et qui déteint "le sombre" sur ses employés. Elle a réglé son style vestimentaire, ses manières sont devenues automatiques.

 

Les œuvres  publiées aux Éditions l’Interligne ont ceci de particulier : ils questionnent profondément mon sens philosophique. Quand j’ai commencé ma lecture de  Le ciel à gagner, à la cinquante-neuvième page, je pensais déjà à « L’ère du vide » de Gilles Lipovetsky sur l’individualisme moderne. Même si ce dernier pointe en particulier les sociétés démocratiques, l’inquiétude portée est la même. 

Je recommande vivement ce livre qui vous questionnera, fera rire, pleurer de rire... et réfléchir.

Un immense merci à l'auteur et à l'Éditeur.

 

Nathasha Pemba

Références

David Ménard, Le ciel à gagner, Ottawa, Les Éditions L'Interligne, 2017.

 

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