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Le Sanctuaire de la Culture

De Luxembourg à Poto-Poto de Clarisse N'Guiambo

18 Mars 2020, 09:40am

Publié par Juvénale Obili

«L’arbre ne peut grandir sans racine» affirme Papa Roger, un personnage du récit : De Luxembourg à Poto-Poto : itinéraire d’un voyage sans retour.

 Clarisse N’Guiambo, Congolaise de Brazzaville en est l'auteure.

 

Sur 131 pages, l’auteur parle de son voyage de Luxembourg à Poto-Poto. Après plusieurs années, elle revient sur sa terre natale pour des séjours, accompagnée de ses parents Maman Hélène et Papa Roger.

 

Dans ce récit autobiographique, elle parle premièrement de son approbation à venir au Congo pour la première fois. Cela se passe à table :

 

 Je demandais à Maman Hélène la raison de ce voyage.

«Cela fait trop longtemps que ton père et moi nous n’y sommes pas allés», me répondit-elle, stoïquement.

 «Vous pouvez nous accompagner, si vous voulez.»

 Je me joignis donc au projet, non sans regret…

 

La narration de ce récit présente un style assez simple et loin des métaphores particulières. Toutefois, on retrouve une forme d’accentuation dans certaines phrases qui décrivent la réalité sociale du Congo :

 

Je fus convaincue de porter dans mes cheveux et sur mon corps, toute la pollution de Brazzaville. Je songeais qu’il me faudrait au moins cinq douches d’affilée, pour venir à bout des particules de poussière, qui s’étaient logées partout…

 

D’un intérêt assez particulier, ce livre comme ceux de la plupart des Congolais fait la promotion de la culture congolaise en général, notamment la musique et les langues. Seulement, des petites coquilles se présentent ici comme pour prouver drôlement l’ignorance de l’auteur sur ces langues qu’elle promeut, en l’occurrence le lingala et le Kuyu.

 

         «Essali gaï essego nako tala bino.» alors qu’on dirait à la place : «Esali ngaï esengo nako tala bino». (Je suis contente de vous voir.) p. 29

          «Oyi epahi na bino.» alors qu’on dirait : «Boyéyi malamu épayi na bino». (Bienvenue chez vous) p. 21

          «Gnoua iloku lamboka» alors qu’on dirait : «Ôm'ho mégâ'h» quand on veut dire «Tu vas goûter» en Kuyu. p.57

 

Par ailleurs, trouve-t-on un total plaisir en venant sur sa terre natale pour la première fois? Comment aperçoit-on le Congo après avoir vécu longtemps en Europe? Telle est la problématique que pose l’auteur. Pour cela, la thématique se présente comme suit : la comparaison insoupçonnée que fait l’auteur entre le Luxembourg et le Congo, le profond plaisir de retrouver ses origines malgré un sentiment de dédain face aux réalités sociales.

 

Sont évoquées également l’hospitalité et la convivialité dont fait montre la famille congolaise lorsqu’elle revoit les siens.

 

Le fait que ce soit la première fois pour Clarisse de venir au Congo se révèle comme une réalité frappante qui transcende les mots la décrivant. En effet, nombreuses sont des personnes d’origine congolaise vivant à l’étranger qui, une fois au Congo, se sentent bien auprès des leurs, étant donnée les retrouvailles chaleureuses. Néanmoins, elles ressentent toujours le malaise social qui les rend nostalgiques de leur pays d’accueil ou d’adoption. D’où, l’on peut observer quelque part la double nationalité de plusieurs jeunes Congolais.

 

À mon humble avis, la problématique reste ouverte concernant la fierté ou non d’être Congolais… mais aussi, le bonheur ou non de l’être.

Juvénale Obili

 

Références

Clarisse, Nguiambo, De Luxembourg à Poto-Poto,

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