Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Sanctuaire de la Culture

Anthony Mouyoungui : La peur est l’autre virus auquel il faut faire attention.

20 Mars 2020, 04:04am

Publié par Nathasha Pemba

Depuis hier midi, comme des millions d’autres personnes en France, je suis confiné chez moi. Mes déplacements sont restreints. De ma fenêtre, je vois ma rue plus calme que d’habitude, quelques rares véhicules et passants circulent. Même les avions à Roissy se sont tus. Un étrange silence plane sur la ville et l’atmosphère ressemble à celle des récits post-apocalyptiques que j’affectionne.

En effet, depuis mon enfance, je suis fan du genre. Que ce soit au cinéma, à la télé ou en littérature. Tout a commencé lorsque je suis tombé sur Le Fléau de Stephen King. L’histoire des survivants à une pandémie de grippe qui a détruit la plus grande partie de la population des Etats-Unis qui tentent tant bien que mal de survivre dans un monde nouveau. Ce livre m'a bouleversé et a fait de moi un fan non seulement de l'auteur (qui m'avait déjà secoué avec Cujo) mais aussi des récits post apocalyptiques.

Par la suite, j'ai lu de nombreux livres et vu de nombreux films et séries du genre. Les derniers en date sont The Walking Dead et The Rain.

J’aime ces histoires de fin du monde dans lesquelles l’être humain doit se battre pour sa survie dans un monde qui n’a plus rien de ce qu’il a toujours connu. J'aime la manière dont les personnages réagissent face l'épreuve qui détruit leur monde habituel. Si les uns font tout pour garder leur humanité, les autres changent et laissent s'exprimer leur bestialité. C’est l'éternel affrontement entre le Bien et le Mal. Et souvent, le Bien l’emporte grâce aux…américains !!!! Ces récits se ressemblent tous dans leur schéma de construction : une catastrophe approche (ou des savant fous jouent au plus malins dans un laboratoire), un lanceur d’alerte qui n'est pas pris au sérieux, la catastrophe se produit, on compte des victimes, la panique et la psychose gagnent tout le monde. Et puis c’est le chaos général jusqu’à la disparition du monde connu. Une nouvelle ère débute.

Après avoir connu les conflits armés, les déplacements forcés, les camps de réfugiés et le choléra, je pensais avoir tout vu et je ne m’attendais pas à vivre un confinement pour cause de virus mortel. Je pensais qu’être en Occident me mettrait à l’abri de ce genre de situation. Apparemment non !!!

Depuis l’apparition du Coronavirus, en fin d’année dernière en Chine, le monde est en ébullition. Chaque jour apporte son lot d’informations et d’incertitudes face à une menace que l’être humain n’arrive pas à stopper. De la Chine, il s'est répandu à travers le monde à une vitesse extraordinaire. Les pays se referment sur eux-mêmes. A l'image de l'Italie et de la France. La réalité a rejoint la fiction et je me demande comment la situation évoluera. Le pays est à l'arrêt poussant la population à adopter de nouvelles habitudes. Il est vrai que malgré sa gravité, la situation actuelle est loin de ressembler à celle des films Alerte et Contagion. Pourtant, certains comportements sont déjà observés dans le monde. Si en France, les gens se ruent dans les supermarchés pour s’approvisionner en produits de premières nécessités, aux Etats-Unis certains s’arment tout simplement. Ils se préparent dans la perspective d’une situation de chaos qui engendrerait de la violence. Un comportement dicté par la fiction. Mais aussi par la peur.

La peur est l’autre virus auquel il faut faire attention. Elle s’infiltre dans nos têtes, ne poussant à croire à n’importe quoi et à faire n’importe quoi.

La fiction qui est reflet de la réalité arrive bizarrement à influencer celle-ci.

 

Anthony Mouyoungui

Commenter cet article