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Le Sanctuaire de la Culture

Édito de Noël : Une Civilisation de l'Amour

23 Décembre 2018, 02:52am

Publié par Nathasha Pemba

Au moment où je m’apprête à écrire le mot de Noël du Sanctuaire de la Culture, j’ai envie de dire beaucoup de choses. Tout d’abord, j’ai une pensée pour vous qui depuis bientôt huit ans, avez choisi de suivre nos publications ici sur ce Blog. Un super grand merci à vous tous. Comme on dit chez nous au Québec : « C’est apprécié ». En fait, c’est parce que vous êtes là que nous sommes motivés. Ensuite, j’ai envie de crier le mot « Paix » sur tous les toits du monde parce que la fête de la Nativité c’est la fête de la Paix.

 

La Paix, c’est ce que nous recherchons tous. Chacun la recherche parce que toute personne, tout monde, tout lieu, toute rencontre, toute relation veut la Paix.

La Paix, nous le savons tous, est reliée à l’Amour.

 

Si j’étais politicienne, je dirais « pas de paix sans amour ». C’est le style des slogans favoris des femmes et hommes politiques d’aujourd’hui : Pas de ceci sans cela. Et ça s’arrête là.

 

Cependant je ne suis pas politicienne. Alors, je dis simplement : Aimons-nous. L’Amour c’est aussi, on ne le dira jamais assez, apprendre à convertir son regard sur l’autre. Il s’agit d’une éthique de la conversion du regard sur soi et sur l'autre qui nous inviterait à bien regarder la poutre qui est dans notre œil avant d'indexer et de chercher à tout prix, à ôter la paille se trouvant dans l'œil d'autrui. La conversion du regard comme gage de l’Amour : n’est-ce pas un beau challenge ?

 

Aimons-nous parce que l’Amour est l’un des plus beaux sentiments… l’un des plus beaux ai-je dit ? Non. L’Amour, c’est Tout. Il conduit à considérer l’autre comme un humain, comme un frère… un frère, une sœur en humanité. Je ne sais pas vous, mais moi j’aime l’Amour. Je suis amoureuse de l’Amour. L’Amour brille, l’Amour régénère, l’Amour rend bienveillant… D’ailleurs l’Apôtre Paul le dit si bien dans sa lettre au peuple de Corinthe :

 

J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais[1].

 

Difficile de ne pas aimer l’Amour surtout lorsque l’on est conscient de l’avoir reçu gratuitement. Comment ne pas le transmettre quand on l’a reçu ?

Sans Amour, le don ne peut être agréable ; sans Amour il n’y a pas de relation vraie. L’Amour supporte tout. Là où il y a l’Amour, il y a la Vie. Aimer donne du sens à Aider.

 

Sara, Élie, Thérèse de Lisieux, Helder Camara, Martin Luther King, Karol Wojtyla, Joseph Albert Malula et biens d’autres avaient compris que dans l’amour, il faut le sacrifice. Justement, il faut beaucoup aimer pour se sacrifier. Et ils ont aimé, aimé au point de sacrifier, de se sacrifier, d’aider, d’accorder de l’importance à autrui, de mourir par amour, de pardonner à un agresseur, de rechercher le meilleur, de redonner le sourire à un désespéré.

 

Aujourd’hui, ils et elles sont nombreux. Dans un monde, dans ce monde, le nôtre… Ils et elles acceptent de se donner et de donner. Juste par amour. Juste à travers le don de leur sourire, à travers un regard, un geste qui sauve… ils redonnent de l’espoir. Ce sont des êtres ordinaires certes mais leur intérieur est extraordinaire.

 

"Bien tard je t’ai aimée,
ô beauté si ancienne et si nouvelle,
bien tard je t’ai aimée !"

 

SaintAugustin

 

Accueillir ou vivre Noël, c’est Aimer. Et donc, c’est passer une belle journée, c’est donner, c’est aider, c’est sourire, c’est être attentif ou envoyer un petit mot à un ami. Lui dire qu’on l’aime ou qu’on l’apprécie. Tout simplement. Noël, c’est dire du Bien de l’autre. C’est aussi J Prendre soin de soi. Et oui… prendre soin de soi n’a rien à voir ici avec l’égoïsme. Il faut être capable de prendre soin de soi pour oser prendre soin d’autrui. Bref il s’agit de s’aimer pour Aimer… Il y en a qui sont exaspérés lorsqu’on leur dit : « prends bien soin de toi ». Non. Il ne faut pas s’exaspérer pour ça. Pourquoi on doit prendre soin de soi ? Parce que ceux et celles qui nous aiment très fort ont besoin de nous savoir en paix. Parce que nous sommes Précieux pour eux. Parce qu’ils savent que nous prenons souvent soin des autres et que prendre soin de soi est la condition pour prendre soin des autres. Parce qu’ils veulent que nous fassions attention et que nous soyons prudent. Parce que nous travaillons beaucoup et nous devons nous reposer. Parce que nous pouvons compter sur leurs pensées positives. Parce que c'est important de garder une harmonie entre notre corps et notre âme. Parce que cela donne l'audace d'espérer. N’oublions pas que la vie est un Don... et tous les jours il faut l'entretenir... en commençant par prendre soin de soi-même. Prendre soin de soi c'est en quelque sorte recréer tous les jours l'existence.

 

Bref quand je te dis prends soin de toi cela signifie que tu m’es précieux… que je t’Aime.

 

L’année qui s’en va a été une année de richesse, d’humeur et d’humour. Débutée par la joie, elle se termine par le regard… dans mon cas. Merci à Toi que j’ai rencontré sur les routes de Québec. Merci à Toi de m’avoir permis d’expérimenter durant ces jours que je t’ai côtoyé l’expérience de la communication des silences. Merci d’être Toi et merci d’avoir compris que l’homme de bien n’a besoin ni de tapage ni de bouffissure pour exister. Merci à Toi d’être un Noël pour ceux et celles qui te rencontrent.

 

2018 s'en va!

C'est peut-être le moment pour ceux et celles qui le peuvent ou le veulent de faire un petit examen de conscience.

 

2019 s'en vient!

Il faut penser aux projets. C'est inéluctable, puisque l'avenir se conjugue toujours au présent. Entre livres lus, films regardés, musiques écoutées, expériences vécues, Joie, musées visités, Tristesse et malheur, la vie doit continuer. Ce matin je lisais ceci dans le roman Gilead : « Je sais qu'il y a une bénédiction quelque part dans tout cela ». C'était la réponse d'une épouse à son mari qui par son regard lui reprochait son scepticisme. J'ai beaucoup aimé cet échange silencieux où une seule voix s’impose. J'ai écrit avec la mine de mon crayon sur la marge de droite : La félicité des calamités, à méditer. Dans chaque calamité se cache une bénédiction pour ceux qui croient. « Tout est grâce ». En effet tout est dit. Ni fatalisme, ni déterminisme, ni pessimisme, ni résignation. Juste la foi, l'amour et la ferme résolution d'avancer en faisant le bien.

 

En 2019, le Blog Le Sanctuaire de la Culture continue avec vous son bout de chemin : les chroniques et analyses littéraires, les diverses cultures, les conversations qui nous nourrissent, les expériences de terrain, la vision du monde.

 

Abreuvons-nous au Sanctuaire !

 

D’autres belles découvertes vous attendent à l’intérieur de nos lignes.

 

Joyeux Noël à mes collaborateurs, à vous qui nous suivez et merci de votre fidélité.

 

Nathasha Pemba

 

 

[1] (1 Cor 13, 1-13)

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