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Le Sanctuaire de la Culture

Elikia-Espoir d'Eveline Mankou

5 Novembre 2018, 17:13pm

Publié par Juvénale Obili

Le destin nous fait emprunter parfois d'étranges circuits sans trop savoir vers quelle issue nous déboucherons .

Page 5, Elikia-Espoir.

 

Cette assertion d'Eveline Mankou interpelle le lecteur dès les premières pages de son ouvrage. Née à Dolisie dans le Département du Niari au Congo, cette auteure est romancière, essayiste et nouvelliste. Elle innove avec un genre qu'elle appelle ''Nouvelat'', une sorte de short-story au rythme vif et accrochant. Ce genre est exploité dans ce sixième ouvrage intitulé « Élikia-Espoir », paru aux Éditions Amazon en 2014.

 

Dans cet ouvrage de 204 pages subdivisées en seize parties, il y a deux personnages narrateurs qui par un dialogue continu et alternatif, racontent leur histoire amoureuse assez originale.

 

Cette histoire amoureuse lie deux congolais qui vivent en France. Seho (Lui ) est accroché à ses valeurs intrinsèques et Miamona ( Elle ) aspire à l'émancipation de la gente féminine sans trop faire attention aux réalités découlant de ses origines. ''Elle'' s'est occidentalisée alors que ''Lui'' est resté africain. Malgré cette divergence s’apparentant au jour et à la nuit, les deux protagonistes se mettront ensemble et s'aimeront malgré les préjugés . Cependant, au milieu de tout l'amalgame qu'il y a entre les deux, se trouve un sujet à cheval sur le féminisme et l'exaltation de la femme par la galanterie. Seho, n'est pas un adepte de cette vision du monde. Miamona s'y met en plein dedans, l'assume et le réclame. Ceci se présente aux pages 29, 31, 63, 67. Par ailleurs, cette situation l'agace et l'accroche en même temps. Nous le découvrons à la page 69 dont l'extrait que voici :

 

 Nous étions vraiment différents. Il était en extase devant Wemba, alors que moi, j'aimais Wawanco. J'adorais des excursions en péniche ou des visites culturelles, il préférait les retrouvailles et réunions communautaires. Il raffolait du foufou, moi du fromage. Pourtant, je ne pouvais le nier, nos vies s'étaient déjà accordées. C'est l'impression que j'avais. Nous étions attachés par un lien invisible, je le sentais, je le savais, du fond de mon intime conviction. Comment allais-je donc trouver un compromis au-delà de nos différences qui semblaient creuser un énorme fossé entre nous ? 

 

La thématique que l'auteur aborde ici est à caractère social et informatif. Elle traite des questions du célibat et de ses inconvénients ; du vivre ensemble ; du rapport entre le traditionalisme et le modernisme ; du rapport entre la femme et la société dans laquelle elle vit ; le déni de grossesse qui est devenu courant en Europe et ici en Afrique où des mères maltraitent leurs propres enfants à cause de cette maladie ancrée dans leur psychologie. Miamona est victime de cette maladie.

 

Le message qui se dégage de ce livre passe par cette problématique de l'auteur : doit-on rester soi ou perdre ses racines pour mieux s'intégrer lorsqu'on a choisi de vivre hors son pays ?

En outre, Eveline Mankou nous fait comprendre que les préjugés que l'on peut avoir sur autrui, quand on ne le connaît pas, n'est nullement une bonne attitude. C'est le cas des préjugés qu'ont les Africains sur les Européens ou de leurs compatriotes vivant en Europe et vice-versa.

 

Après la lecture de cet ouvrage, la première impression que j'ai eu s’est traduite en une interrogation : pourquoi l'auteure a choisi pour titre Élikia-Espoir ?

In fine, j'ai trouvé intéressant que Kani soit le prénom du bébé qu'aura Miamona et Seho à la fin de l'histoire. C'est le porte-bonheur qui vient annoncer la paix et la prospérité dans ce couple ! De plus, je pense que le titre de l'ouvrage met ensemble deux cultures : congolaise (Elikia ) et européenne ( Espoir ). « Elikia-Espoir » accentue donc le thème général centré sur l'amour et l'espoir de pouvoir s'accepter, se tolérer, pour ensuite, vivre ensemble.

 

Nous l'appellerons Kani, pensais-je : Kani Dihina, en d'autres termes : Matumaini, Hope, Elikia, Esperanza, Espoir... 

Lui, page 203.

 

Vous vous imaginerez sans doute que le vert de la couverture et le titre ''Elikia'' rappellerait la marque « Voumbouka ( VMK ) » de l'entrepreneur congolais Vérone Mankou. Cette couverture nous montre également une série d'émotions dans un fourre-tout où sont mêlées inquiétude, dépression et finalement, l'espoir traduit par la couleur verte.

 

Juvénale Obili

 

 

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