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Le Sanctuaire de la Culture

Glad Amog Lemra, Réalisateur et écrivain: J'ai trouvé dans le cinéma la meilleure des façons de dire la pensée et les maux

15 Juillet 2018, 03:51am

Publié par Juvénale Obili

Né à Brazaville, Glad Amog Lemra est un réalisateur, écrivain et cinéaste franco-congolais. Il vit actuellement à Paris. Son film « Entre le marteau et l’enclume  »  a reçu le prix du meilleur film au festival de Ouidah au Bénin. Le même film a eu la mention du Jury au Festival international du film panafricain de Cannes et le prix  d'encouragement à Moscou. En 2015 le même film faisait partie de la sélection officielle du FESPACO au Burkina-Faso... Et bien d'autres encore.

 

 

Juvénale Obili l'a rencontré pour nous.

 

*****

 

1- Bonjour Glad, comment vas-tu ?

 

Je vais très bien, merci.

 

2- Parle-nous un peu de toi ?

 

Je ne sais pas parler de moi. En revanche, je sais quelquefois dire ce que je fais et ce que j'aime faire : je passe beaucoup de temps à écrire, dans mon lit, dans mon canapé, dans le métro, dans la rue... et dans ma petite cervelle. J'écris de la poésie, des nouvelles, du cinéma, du théâtre. Si c'est ça parler de moi ! Examen réussi alors !

 

3- Vers quoi s’oriente ta plus grande passion?

 

Je mange poésie, je dors poésie, je me lève poésie, je respire poésie, je pleure poésie, je me réjouis poésie... Tout en moi n'est que poésie.

 

4- D'où te vient cet amour pour les Lettres ?

 

Dès l'âge de dix ans ! De la beauté de l'humanité, de ses merveilles, du charme de la Femme... c'est de là que naît le fruit de la nécessité de dire, puis de lire avant que l'humain ne contraigne ma plume à voir l'obscurité que peut cacher la lumière. À la sortie de mon adolescence.

 

5- Comment appréhendes-tu l'inspiration en tant que poète et réalisateur ?

 

Poète, on y est sans le vouloir, ni le savoir ! Réalisateur je suis devenu par la force des choses, par le simple besoin de transcrire ma poésie à l'image. J'ai trouvé dans le cinéma la meilleure des façons de dire la pensée et les maux. Et cela pour avoir eu la chance de faire de la figuration dans les grosses productions américaines, comme "La chute du Faucon noir'' de Ridley Scott.

 

6- Peux-tu nous parler, en quelques lignes, de ton prochain film Djoli ?

 

Un scénario Hitchcockien où le rêve, le dilemme, le fantasme, l’amour, le jeu s'entremêlent dans une ville mystérieusement paisible au lever du jour et subversive à la tombée de la nuit. C’est dans les méandres de ce contraste que ce long métrage nous invite.

DJOLI est un film qui sera porté par Bruno Henry, Djédjé Apali, Hervé Pailler, Sorel Boulingui, Alnise Foungui, Mira Loussi, Joaquim Tivoukou, Maelia Martina… et bien d'autres talents.

Tout ceci se passe dans une ville côtière africaine qui est Pointe-Noire.

 

7- Quels sont les avantages de jouer un tel film au Congo ? As-tu eu des difficultés à trouver des acteurs ?

 

Les avantages, ce sont d'abord l'amour et la nostalgie que j'ai pour cette terre. L'énergie brute et son environnement à l'état naturel sont un plus. En ce qui concerne les acteurs, j'ai opté pour un métissage des acteurs internationaux et venus d'Europe et des talents qu'il a fallu dénicher au travers d'un casting préalable puis d'une préparation individuelle pour chaque personnage. C'est aussi cela la beauté et la magie de l'art.

 

8- En terme de financement, fonctionnes-tu sur fond propre ou une subvention du ministère de la culture (français ou congolais ) ?

 

Djoli a été réalisé sur fond propre, grâce l'assistance de bonne volonté et des passionnés de mon cinéma.

 

9- L’avenir du cinéma congolais…

 

Le cinéma congolais est une jeune et belle plante qui germe ; il faut juste veiller à ce qu'elle ne fane pas avant son éclosion. Pour cela, il est essentiel d’avoir de bons jardiniers et un jardin bien entretenu. Il faut surtout prêter attention au lien entre l'artisan et la politique et non celui entre le dénommé artiste et la démagogie.

 

10- Existe-t-il une école de cinéma au Congo ?

 

Ecole de cinéma ! J'ose espérer qu'on va y penser un jour.

 

11- Quels types de liens tisses-tu avec tes acteurs ?

 

J'ai besoin d'être amoureux des personnes qui incarnent un personnage, afin de pouvoir donner le meilleur de moi et recevoir une interprétation très proche de la crédibilité de l'acteur ou l'actrice. Construire une confiance totale dans l'exercice de direction du personnage. Sans acteur, il n'y a pas de cinéma. Avec un acteur en abandon absolu, l'histoire de ce cinéma devient une merveille émotionnelle.

 

12- Quel rapport peux-tu faire entre la littérature et le cinéma ?

 

Littérature/Cinéma est pour moi une communion de couple comme il n'en existe nulle part ailleurs. Tout part d'un écrit, et de l'écrit naît l'image. Même l'improvisation est une dérivée de l'écrit préalable.

 

13- Quel est ton film coup de cœur 2018 ?

 

En post prod depuis le mois de janvier, je n'ai pas eu le temps de regarder les sorties 2018, parce que je travaille sur les films que j'avais sélectionné pour aiguiller le montage de Djoli. Mais je suis curieux de voir le nouveau Spike Lee : Blackkklansman.

 

14-Merci Glad Amog Lemra…

 

Merci Juvénale

 

 

Propos recueillis par Juvénale Obili du Sanctuaire de la Culture

 

*****

 

Oeuvres de Glad Amog-Lemra

 

Bibliographie:

L'oreiller des lamentations, Paris, Éditions Langlois Cécile, 2015.

Franklin l'insoumis, (Co-auteur), Rungis, Édition La Doxa, 2016.

La Sève, Paris, Éditions Langlois Cécile, 2016.

 

Filmographie:

-La tombe d'un rêve, 2007

-Qui perd gagne, 2008 

-L'identité Malsaine, 2010.

-Entre le marteau et l'enclume, 2012.

-Mensonge légal, 2014

-Silence, 2016

-Djoli... à venir

 

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