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Le Sanctuaire de la Culture

Le visage de Noël 1

2 Décembre 2017, 20:48pm

Publié par Le Sanctuaire de la Culture

Sapin Place Sainte Foy. Photo et montage réalisé par Nathasha Pemba.

Dans la vitrine d'une boutique du centre ville de Pointe-Noire, trône un joli foulard en soie que Tchimbakala veut à tout prix offrir à sa tante la veuve Tchizinga. Depuis la mort de ses parents Tante Tchizinga s'occupe de lui. Elle est tout pour lui et à chaque fois qu'une occasion se présente, il veut la contenter. Depuis la mort de son époux, elle est de plus en plus triste et Tchimbakala sait qu'un foulard lui ferait énormément plaisir. Il espère qu'avec ce foulard, elle restera à la mode, qu'elle pourra l'utiliser pour protéger son cou, pour mettre du style sur son sac ou encore pour le mettre autour de sa taille.


D'aussi loin qu'il se souvienne, sa tante a toujours été une femme élégante et pleine de bon sens vestimentaire. Le foulard en soie est pour lui un accessoire important de la femme élégante de tous les temps. c'est pour cela que, contrairement à ce que pense le commun des mortels, il considère que le foulard ne connaît pas de vieillissement.

 

Ce beau foulard beige avec des motifs rouge bordeaux semble attendre là son futur propriétaire. Personne ne peut imaginer combien il est fatigué d'être touché et palpé par des personnes qui ne veulent pas toujours de lui. La seule chose dont il se souvient simplement c'est qu'il est parti de la Chine et qu'avant de devenir foulard il est passé par plusieurs mains. Il est fatigué et veut se trouver sur un cou. Il lorgne les passants, mais il est presque sûr depuis un certain temps que le jeune Tchimbakala le prendra avec lui. C'est d'ailleurs son plus grand désir. Depuis que Tchimbakala s'arrête devant la vitrine en comptant ses pièces de monnaie, le foulard l'admire et apprécie son sens du sacrifice.

 

Entre son pantalon bleu foncé et sa chemise kaki, Tchimbakala est certainement un élève d'un des collèges de la place. LTG ou JFT probablement.

 

Le foulard se souvient d'ailleurs que l'autre jour une grande dame que tout le monde appelle "Maman kilo" voulait à tout prix le prendre avec elle. Il avait prié et s'était accroché sur l'épingle qui le retenait sur le support de la vitrine. La maman Kilo s'était lassée et avait promis de revenir le temps qu'elle aille faire quelques courses au Casino. Elle n'est plus jamais revenue. 


Une autre dame est passée. Elle a caressé le foulard avec ses superbes doigts et a déclaré:
-Je veux m'offrir cette merveille à Noël.
-Désolé madame. Il est déjà consigné, avait répondu gentiment le vendeur.
C'est ainsi que le foulard n'est jamais parti. Mais il est très anxieux car Noël approche et il a peur de se retrouver entre d'autres mains que celles de Tchimbakala.

 

Les gens passent. Les gens repassent.


Un groupe d'Asiatiques, des Chinois probablement, entre dans la boutique. Ils parlent une langue que tout le monde trouve bizarre. Mais le foulard comprend très bien ce qu'ils disent. En réalité ils admirent le placement de la boutique et espèrent l'acheter un jour pour vendre des produits Made in China. Le plus âgé des chinois est étonné du regard que posent sur eux les vendeurs de la boutique. Il dit à ses amis qu'il se sent très mal à l'aise dans cet espace. Il les invite à s'en aller. L'un d'entre eux fait le tour des étalages et s'arrête devant le foulard. Il ne le touche pas. Il semble réfléchir. Puis il rejoint ses amis. Ils s'en vont.


Le soir approche. Tout le monde s'active. Le foulard est un peu triste parce qu'il n'a pas vu son ami Tchimbakala. Noël approche, il veut qu'il le prenne.

 

À suivre... dimanche prochain.

 

Nathasha Pemba

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