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Le Sanctuaire de la Culture

Hélène Koscielniak et l'art de la nouvelle

15 Octobre 2017, 00:46am

Publié par Nathasha Pemba

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La franco-ontarienne Hélène Koscielniak arpente le quotidien de ses personnages pour y découvrir l'ordinaire et amener les lecteurs à réfléchir sur la suite puisque telle est la trajectoire de la nouvelle: imagination, narration, brièveté, chute... réflexion.

On n'sait jamais à quoi s'attendre est un recueil composé de 12 nouvelles. Ce qui relie toutes ses nouvelles, c'est l'humanité et la vie qui se laissent dévoiler de diverses manières. Mais il y a aussi leur angle d'attaque: le moment où un personnage est entre en ébullition ou encore le moment où un évènement insolite décide que désormais les choses ne peuvent plus être comme avant. Regardons par exemple l'histoire de Cléopâtre le python. Au début, on n'a pas l'air de savoir qu'il s'agit d'un reptile et puis quelques lignes on nous parle d'un python d'une espèce bien rare. Puis cette disparition de Cléo où la grand-mère finit par s'inventer tout un tas d'histoires dans son cerveau en croyant voir le serpent dans le congélateur. C'est aussi l'histoire de Julie et Christian, un couple bien insolite, le genre de couple qui se dit toutes les vilaines choses du monde mais qui ne se sépare jamais. Pour ma part, ce qui m'a touchée dans cette histoire c'est que l'aisance matérielle n'est pas toujours source de joie ou génératrice de talents. J'ai beaucoup aimé cette nouvelle et la chute est juste parfaite. Il en va de même pour la nouvelle "Non! Non!". Triste nouvelle tout de même pour Martin et les jumelles. Une destinée qui questionne sur la relation de l'être humain avec l'animal non-rationnel.

Hélène Koscielniak porte en elle un don pour décrire la vie sous ses jours les plus heureux comme les plus malheureux. Des vieux copains d'école qui se retrouvent, des enfants qui transcendent la différence sociale pour vivre leur amitié et s'encourager. Et puis en fin de compte "J'attends". Qu'est-ce que "J'attends" ? Dans tous les cas "j'ai bon espoir d'y arriver. Je n'ai jamais bu que de l'eau pour étancher ma soif. (...) Le temps passe et j'attends". Cette dernière nouvelle est très originale parce qu'elle fait parler un Sapin qui est témoin de tout. Il attend certes, mais il dévoile surtout comment l'être humain survit dans l'espace comme dans le temps en empruntant parfois des voies aussi inextricables les unes que les autres. Et si finalement on attendait en restant en mouvement ? Cette nouvelle est très originale.

Dans chaque nouvelle de ce recueil, tout semble banal au départ, mais c'est là où finalement se situe le coeur de l'oeuvre: amour, colère, tristesse, rancune, souvenir, violence, temps. L'écriture d'Hélène Koscielniak voguant entre un langage soutenu et familier donne un ton très particulier au recueil car elle souligne l'importance d'une langue dans une communauté humaine. Elle réfléchit sur les problèmes de son temps comme dans "Cléopâtre" où la Mamie  s'interroge: "Quand j'ai du temps, je réfléchis à une question qui me turlupine depuis des années. Qu'avons-nous faits (ou omis de faire), nous les baby-boomers pour engendrer une progéniture si ?" 

Je recommande ce recueil. Il est vivant.

Nathasha Pemba

Le Sanctuaire de la Culture remercie les Éditions de l'Interligne pour sa collaboration.

Références du livre

Hélène Koscielniak, On n'sait jamais à quoi s'attendre

7.99 $21.95 $

Date de parution : 6 septembre 2017
ISBN papier : 978-2-89699-557-8
ISBN PDF : 978-2-89699-558-5
ISBN Epub : 978-2-89699-559-2
Nombre de pages : 180

 

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