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Le Sanctuaire de la Culture

Demain j'aurai 25 ans de Ketsia Béatrice Safou

22 Juillet 2017, 18:47pm

Publié par Nathasha Pemba

Demain j'aurais 25 ans est un récit autobiographique dans lequel l'auteure parle de sa vie, à partir de son arrivée en France à l'âge de quatorze ans jusqu'à la veille de ses 25 ans. Le récit est composé de trois parties.

Dans la première partie Ketsia Béatrice Safou adopte le style d'un enfant qui est heureux au milieu des enfants de la famille jusqu'à ce que ses parents biologiques, immigrés en France, décident de procéder à un regroupement familial. Elle raconte comment dans toute la folie de son adolescence, elle se débat avec le consulat de France à Pointe-Noire, avec son passeport puis avec son visa qu'elle est obligée de cacher dans sa culotte afin de ne pas se le faire dérober.

Avec la joie de partir viennent les larmes de la séparation puis les promesses et les espoirs.

À son arrivée en France, l'auteure va de l'étonnement à l'engagement. Bien qu'elle soit en famille, Ketsia Béatrice se sent parfois comme une "nouvelle" parce qu'elle sent qu'elle va devoir s'adapter à certaines habitudes.  Après l'obtention de son bac, elle décide de prendre sa vie en main en maintenant très fort le lien familial.

La deuxième partie du récit est exclusivement consacrée à l'Amour qui vient avec le succès. L'amour pour un homme âgé, puis pour un autre Ludovic, moins âgé que le premier feront partie de ses expériences. Cependant la première expérience pour le premier amour envers cette personne âgée (qui peut avoir l'âge de son père) semble avoir marqué l'auteure puisqu'elle y revient sans cesse. Entre les lignes se faufilent continuellement des rebondissements après de multiples joies suivies des déceptions et des diffamations. Au milieu de ces vents contraires, l'auteure sait qu'elle doit tenir malgré tout.

Ce chef congolais qui, loin d'aimer d'amour la fille, vivait sans doute le fantasme de découvrir le corps d'une fille sortie droit de l'adolescence, de le posséder (le corps) et de lui intimer un silence qu'aucun sens humain ne pourrait tolérer. À partir de ce rejet, le désespoir arrive dans le coeur de l'auteure qui finit par comprendre que cet homme-là, Coco le chef, n'est en réalité qu'un curieux qui voulait découvrir son corps... Un "salaud" de plus selon la meilleure amie de l'auteure. 

"Je raccroche, mon visage s’inonde de larmes. Je perds toutes mes forces et m’écroule sur le lit. Je pleure comme rarement j’ai pleuré. Personne n’est au courant de cette relation, donc personne ne peut me consoler. Ce n’est peut-être pas la première bourrasque que j’affronte, mais c’est la pire de toutes et je ne suis pas très vaillante. (…) Je mesure ce soir-là l’expression « pleurer toutes les larmes de son corps ». Comme les insectes qui se cognent à la vitre, des pensées vont et viennent dans ma tête. Comment peut-il me dire ça ? Dieu ! Que les choses ont changé. Ce Mec me courait après il y a encore quelques jours. Je suis tombée amoureuse de lui, certes je savais qu’il était marié, mais c’est lui qui a voulu de cette relation. Alors pourquoi tant d’inhumanité ? Cette expérience avec Coco m’avait complètement traumatisée et déprimée. J’avais cru aimer un homme bon, un père de famille attentionné, ce n’était qu’égarement !"

 

Dans la troisième partie, l'auteure parle de ses autres publications et particulièrement de son livre "La France une justice sans justesse" qui la conduite au Palais BOURBON; Une reconnaissance qui lui donne l'occasion de rencontrer plusieurs personnalités françaises et d'avancer dans ses choix.

Par ailleurs, Ketsia Béatrice n'oublie pas, en passant, de questionner l'impact du réseau social Facebook dans la vie des gens.

Demain j'aurai 25 ans, est le livre de la vie de Kétsia Béatrice Safou.

Comme lectrice, je n'ai évidement pas manqué de réagir. D'abord c'est un livre qui se lit très facilement. Et puis il y a le côté narratif qui vous conduit à aller un peu plus vite pour connaître le dénouement du récit.  Cela est vrai pour moi et le sera certainement pour d'autres lecteurs, Plus on lit, plus on a l'impression de connaître chaque personnage, et plus on a envie de percer le secret du mystère. Sur ce coup-là, je dirais que l'auteur a brillamment réussi son oeuvre.

Mon bémol, c'est que j'aurais souhaité que ce récit autobiographique soit un roman écrit à la troisième personne. Sur le plan littéraire ce livre aurait eu un impact plus grand. Néanmoins, j'estime que ce qui compte c'est l'intention de l'auteure. En discutant avec mon frère, j'ai pensé qu'elle voulait tourner la page de beaucoup de choses et écrire s'est avéré à ce moment-là comme un acte thérapeutique. Dans un autre sens, j'ai pensé que l'auteure voulait attirer l'attention des jeunes filles ou encore des femmes qui se laissent obnubiler par l'argent ou le pouvoir et qui croient à l'amour pour toujours personnifié par l'instant.

Nathasha Pemba,

 

Références de l'ouvrage

Ketsia Béatrice Safou, Demain j'aurai 25 ans, Paris, Édilivre, 2017.

Commenter cet article

Julie 14/02/2018 14:15

Très bon livre.

Julie 14/02/2018 14:14

Critique Ketsia Béatrice SAFOU

Cet ouvrage est une sorte d’autobiographie racontant quelques moments marquants de son adolescence. Plusieurs éléments sont relatés : les premiers émois, le déracinement, le premier jour au collège, son idylle avec Ludovic... L’héroïne accorde une place importante à son indépendance, elle devient autonome mais garde toujours un contact étroit avec ses parents. Elle est courageuse et déterminée.
Le style d’écriture est limpide, direct et va à l’essentiel.

Nathasha Pemba 16/02/2018 00:58

Merci beaucoup Julie

Evelyne Mankou 29/11/2017 22:04

Votre article est bien écrit. Sans polémique et c'est pour cela que j'ai réagi. Car des livres de ce genre ne sont pas à prendre à la légère. Il est écrit avec une grande sincérité et beaucoup de courage je pense même qu'elle le rédigeait tout au long de son petit passé. Dieu te bénisse petite sœur.

Nathasha Pemba 30/11/2017 10:46

Merci Eveline.

Evelyne Mankou 29/11/2017 22:01

À la réception du nouveau livre de Ketsia, « Kéké » pour les intimes, j’ai été tout de suite interpelée. Le titre en lui-même en disait long. « Demain j’aurai 25 ans ». Il m’évoquait surtout, un autre livre lu il y a quelques temps déjà, d’un illustre auteur congolais que l’on ne présente plus, sauf que ce dernier, dans son livre, il allait avoir 20 ans le lendemain.

Je me suis interrogée sur ce que nous réservait, à 25 ans seulement, Mademoiselle. Avait-elle écrit ses Mémoires, si jeune ? C’est donc avec enthousiasme que je me suis jetée sur l’œuvre pour satisfaire ma curiosité.

Connaissant perso l’auteure, au point où, pour anecdote, une dame du milieu m’a demandé un jour : Ketsia est ta fille ? Bien sûr, la réponse est non…

Vous aurez compris, je suis Ketsia dès la première heure, et je connais son œuvre. Grande et agréable a été ma surprise de découvrir son nouvel opus « Demain j’aurai 25 ans ».

Malgré son jeune âge, Ketsia s’affirme et s’assume dans sa féminité et dans sa peau d’auteure. J’apprécie beaucoup. Peu osent ouvrir leur cœur à cause de leur image aseptisée. J’aime cette folie spéciale qui la caractérise.

Que dire de l’ouvrage ? Il ne s’agit pas d’un déballage. La pensée de l’auteure ne consiste pas non plus à exorciser ses démons du passé, loin de là.

Au contraire, c’est un livre intrigant, j’insiste. J’ai pris plaisir à le lire. Le texte est épuré, la pensée exprimée très clairement.

J’ai juste envie de saluer ton courage, bravo Kéké ! Dans ce nouveau livre, on sent bien ton évolution et ton caractère de celle qui veut toujours aller de l’avant, regarder en face et non en arrière pour ressasser, te morfondre.

En te lisant, parfois on a envie de te protéger, par moment mais je veux simplement te dire fonce…
God bless
Eveline Mankou

Nathasha Pemba 30/11/2017 10:46

Bonjour Eveline,
Merci pour ce regard et pour ces encouragements. En effet, le courage de Ketsia est à saluer.

Tankama Patrick 29/11/2017 00:36

Sa principale qualité ici n'est pas esthétique mais la simplicité, la clarté, la vérité. Pour un publique moderne cela est équivalent de la beauté. C'est ce qui entraîne.

Tankama Patrick 29/11/2017 00:35

il est bien écrit. la partie la plus littéraire étant celle de la relation avec le chef

Tankama Patrick 29/11/2017 00:34

C'est un témoignage simple. Qui se veut au ras de la vie. Sans fioritures. C'est presque des confessions, pas encore des mémoires. Il est composé dans la forme d'une narration urgente et sans prétention comme une frise chronologique qui relate quelques faits constituant les articulations dune prise de conscience. Sans doute un livre utile pour connaitre l'auteur

Nathasha Pemba 29/11/2017 11:59

Merci Patrick.

ariss 04/08/2017 02:51

Je viens de terminer ma lecture et j'aimerais avoir l'adresse mail de l'auteur.

Très bon livre à lire et relire !

Nathasha Pemba 09/08/2017 02:26

Bonjour, la vie de l'auteur étant privée, il vous est prié de présenter avant tout votre identité. Vous pouvez nous l'envoyer à l'adresse suivante: penalcha@gmail.com

Nathasha Pemba 04/08/2017 12:30

Merci à vous. Nous allons transmettre votre demande à l'auteur.

kerol 25/07/2017 02:56

Ketsia est top. Depuis le collège à PN elle écrivait de petites choses très jolies à lire. Très ravi je suis

Nathasha Pemba 25/07/2017 13:54

Merci Kerol